29 4. La théologie de l’antisémitisme de l’installation

La théologie de cet antisémitisme d’installation développe les grandes thèses du IV e siècle avec une richesse de déductions imprévues et de métaphores qui finissent par être reprises à la lettre[1]. Il n’est pas possible de retracer ici, pas à pas, l’histoire des idées concernant les Juifs depuis le IVe siècle jusqu’à l’apparition de l’antisémitisme du ressentiment chrétien. Mais, réduites à l’essentiel, elles manifestent en se durcissant une remarquable permanence au cours de quinze siècles, leurs points d’appui étant le «déicide», le châtiment définitif d’Israël dans sa «malédiction» ou sa «réprobation», et l’accent sur la colère de Dieu plutôt que sur sa fidélité. Les références pourraient emplir des volumes. On s’en tiendra avant tout à Bossuet, qui est presque d’hier, et dont l’influence, au moins sur la pensée française, a été considérable[2].

Mieux que d’autres, il a donné un enseignement antisémite relativement modéré dans sa vigueur, mais d’autant plus redoutable qu’il paraît moins passionné. En véritable théologien, il accorde peut-être plus d’importance à l’endurcissement d’Israël qu’à l’aspect juridique des responsabilités dans la crucifixion de Jésus. A cet égard, Bossuet est l’héritier de la tradition des clercs plutôt que de celle du peuple : un hymne attribué à un moine du Xe siècle reproche avant tout à la Judée son incrédulité[3] ; saint Bernard, faisant allusion à la parabole du Fils prodigue, s’écrie : «Si mon frère aîné en conçoit de l’indignation et s’il aime mieux manger dehors un chevreau avec ses amis, qu’un veau gras avec moi dans la maison de notre père, on lui répondra : «Il faut faire bonne chère et nous réjouir parce que mon fils que vous voyez était mort, et il est ressuscité ; il était perdu et il est retrouvé.» La synagogue mange encore dehors avec ses amis les démons, qui sont heureux de voir qu’elle est assez aveugle pour dévorer le chevreau du péché, pour l’avaler, le faire passer et le cacher dans l’estomac spirituel de sa paresse et de sa folie, tandis que dans son mépris pour la justice de Dieu, et dans la pensée d’établir la sienne, elle dit qu’elle n’a point de péché[4]…» Saint Bernard n’est pas bienveillant pour les Juifs, mais il cède somme toute assez peu au besoin d’expliquer les causes de leur endurcissement. Bossuet, pour sa part, va beaucoup plus loin : «Plus de cinq cents ans se passèrent [depuis Sédécias] sans qu’il parût aucun faux prophète en Israël. Mais l’enfer, qui les inspire, se réveilla à la venue de Jésus-Christ, et Dieu, qui tient en bride autant qu’il lui plaît les esprits trompeurs, leur lâcha la main, afin d’envoyer en même temps ce supplice aux Juifs et cette épreuve à ses fidèles[5]

Prêchant sur la Croix, Bossuet déclarait : «Ce que les Romains trouvaient insupportable pour leurs citoyens, les Juifs parricides l’ont fait souffrir à leur roi[6].» A la vérité, l’Aigle de Meaux a présenté la Croix d’une manière autrement spirituelle dans certains passages : «Le voilà, l’homme de douleurs, le voilà dans le triste état où l’a mis la Synagogue sa mère ; ou plutôt le voilà dans le triste état où l’ont mis nos péchés, nos propres péchés[7]…»

Nombre de théologiens ont su rappeler à leurs lecteurs ou à leurs auditeurs combien la mort du Christ a été rendue nécessaire par le péché de tous les hommes, et en expiation de celui-ci ; mais c’est précisément l’un des indices de l’antisémitisme chrétien que d’insister de préférence sur le «déicide» juif, et Bossuet, souvent, s’y est laissé aller[8]. Un passage d’un sermon de Bossuet prouve d’ailleurs jusqu’à quel point c’était, au XVIIe siècle, le reproche majeur de l’opinion chrétienne : «Vous faites pis que le crucifier… Mais je vois bien qu’il faut vous dire quelque chose de plus ; je vais avancer une parole bien hardie, et qui n’en est pas moins véritable. Le plus grand crime des Juifs n’est pas d’avoir fait mourir le Sauveur : cela vous étonne… mais je ne m’en dédis pourtant pas… Dieu, depuis la mort de son Fils les a laissés encore quarante ans sans les punir… il avait donc dessein de leur pardonner. Par conséquent… il y a eu quelque autre crime qu’Il ne pouvait plus supporter, qui lui était plus insupportable que le meurtre de son propre Fils. Quel est ce crime si noir, si abominable ? C’est l’endurcissement, c’est l’impénitence. S’ils eussent fait pénitence, ils auraient trouvé, dans le sang qu’ils avaient violemment épandu, la rémission du crime de l’avoir épanché[9]

Bossuet s’en tient essentiellement à l’endurcissement juif – en quels termes, que l’Epître aux Romains n’a guère inspirés ! Aussi trouve-t-il quelque satisfaction à décrire le châtiment divin : «Il fallait à la justice de Dieu un nombre infini de victimes ; il voulait voir onze cent mille hommes couchés sur la place… et après cela, poursuivant les restes de cette nation déloyale, il les a dispersés par toute la terre… Peuple monstrueux qui n’a ni feu ni lieu, sans pays et de tous pays ; autrefois le plus heureux du monde, maintenant la fable et la haine de tout le monde ; misérable sans être plaint de qui que ce soit ; devenu, dans sa misère, par une certaine malédiction, la risée des plus modérés[10]…» «Il est juste qu’en punition de leur endurcissement leurs ruines soient dispersées par toute le terre», dit ailleurs Bossuet[11], résumant sa position personnelle en une formule saisissante. Dépassant les affirmations pauliniennes, il affirme que les Juifs «sont l’objet d’une punition à cause d’un crime[12]», d’un continuel châtiment[13], d’une vengeance divine[14]. Un mot technique, dont le sens varie d’ailleurs singulièrement d’un auteur à l’autre, condense les idées relatives au châtiment, à la dispersion, à l’abaissement, au sort futur des Juifs : c’est la réprobation. Voyons Bossuet : «Par ce profond conseil de Dieu les Juifs subsistent encore au milieu des nations, où ils sont dispersés et captifs, mais ils subsistent avec le caractère de leur réprobation, déchus visiblement par leur infidélité des promesses faites à leurs pères, bannis de la Terre promise, n’ayant même aucune terre à cultiver, esclaves partout où ils sont, sans honneur, sans liberté, sans aucune figure de peuple[15]

L’antisémitisme violent n’a pas hésité à identifier la réprobation avec la damnation. Bossuet est beaucoup modéré. Il n’oublie pas les promesses de l’Epître aux Romains ; mais, s’il les évoque, c’est pour y introduire l’interprétation tragique du verset de saint Matthieu : «J’entends les Juifs qui crient : Son sang soit sur nous et sur nos enfants. Il y sera, race maudite ; tu ne seras que trop exaucée ; ce sang te poursuivra jusqu’à tes derniers rejetons, jusqu’à ce que le Seigneur se lassant enfin de ses vengeances se souvienne à la fin des siècles de tes misérables restes. Oh ! que le sang de Jésus ne soit pas sur nous de cette sorte[16] !»

Mais les citations qu’on vient de lire sont probablement moins révélatrices que l’absence même d’Israël dans le Discours sur l’Histoire universelle, qui réduit le peuple élu, après l’incarnation au rôle d’un antimodèle n’ayant plus rien à voir avec l’histoire du peuple de Dieu. Certains oublis sont les plus éloquents des aveux.

Qu’on rouvre l’Epître aux Romains, qu’on en relise les trois chapitres consacrés au mystère d’Israël : la différence d’accent suffit à caractériser la tentation antisémite, qui déclare tranquillement en considérant les malheurs d’Israël : «Dieu conserve les Juifs afin de faire durer l’exemple de sa vengeance[17]

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Imprécise, dès qu’on la soumet à l’examen, mais d’autant plus dangereuse qu’elle se prête aux développements oratoires : «Les hommes soumis à la loi mosaïque sont maudits et recouverts de la malédiction comme d’un vêtement, malédiction qui s’est infiltrée comme l’eau dans leurs entrailles, et comme l’huile dans leurs os, maudits à la ville et maudits à la campagne, maudits à l’entrée et maudits à la sortie. Maudit le fruit de leurs entrailles, de leurs terres et de leurs troupeaux, maudit, leurs celliers, leurs greniers, leurs boutiques, leur nourriture et les miettes de leurs repas[18] ! – La malédiction devient très tôt une «opinion diffuse, souterraine, qui ignore ses propres sources et sa propre signification, qui ignore aussi son absurdité théologique et la charge de haine qu’elle véhicule[19]».

De la pseudo-malédiction retombée sur les Juifs, on a tiré les conséquences les plus extraordinaires. Au XIVe siècle semble-t-il, en tout cas au XVIIe, on connaissait en Espagne les maladies secrètes qui affectaient chacune des tribus d’Israël pour la punir des injures dont elle aurait été coupable envers le Christ durant sa Passion. Ces divagations et ces légendes ont connu dans le monde moderne un surprenant essor ; elles ont peut-être constitué l’une des fissures pas lesquelles le pseudo-scientisme raciste a pu pénétrer dans l’antisémitisme chrétien populaire[20]. La France juive de Drumont a donné à ces sottises une diffusion immense.

L’imagination chrétienne a d’ailleurs prêté les mêmes tares aux sorciers, voire aux Templiers. Toute la sorcellerie médiévale suppose un agent tentateur : à quel séducteur songer sinon au Juif, dont l’écriture est un mystère, la vie une exception, les talents auréolés, depuis le paganisme même, des noirs prestiges de la magie ? D’autant plus que les Juifs s’adonnaient volontiers à la médecine ; et l’on sait quelles frontières imprécises séparaient la sorcellerie de l’alchimie et de la médecine[21].

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Quelques faits choisis à dessein parmi les moins dramatiques, (mais en évidents rapports avec de sanglantes explosions), manifestent l’allure religieuse et théologique de l’antisémitisme chrétien d’installation. A Toulouse, au XIe siècle, un Israélite devait se présenter chaque année dans la cathédrale durant la semaine sainte pour qu’on lui donnât un soufflet en représailles de celui qu’avait reçu le Christ[22]. Au XVe siècle, les Juifs de Rome devaient payer une redevance de onze cent trente florins, les trente derniers en expiation de la somme que Judas avait reçue ; et plus tard, on obligea, lors du couronnement des papes, la communauté romaine à décorer l’Arc de Titus[23]. Dix documents pontificaux proscrivent l’usage de lancer des pierres aux Juifs pendant le temps pascal : c’est avouer l’extension de la coutume[24]. A Ratisbonne, au XIIIe siècle, les Juifs devaient rester enfermés chez eux durant toute la semaine sainte ; ailleurs c’était tel jour particulier ou le Vendredi Saint, que la rue se trouvait consignée aux Juifs[25]. Ce même jour, les Juifs d’Arles devaient fournir cent bourriques pour le port des matériaux nécessaires à la réparation d’on pont[26]. Cà et là, le Samedi Saint, on mettait le  feu à un bûcher, parfois fait de croix funéraires : on symbolisait ainsi le châtiment des Juifs déicides[27]. A Forcalquier, on tourmentait les Juifs pour la sainte Catherine et la saint Nicolas[28]. C’est seulement en 1771 que, moyennant finances, les Juifs d’Avignon furent dispensés du balayage de la place du Palais la veille de la Fête-Dieu[29]. A Francfort-sur-le-Mein, au XVIIe siècle, on interdisait certains lieux publics aux Juifs ; les jardins ne leur furent ouverts qu’en 1806; on exigeait qu’ils allassent s’approvisionner à d’autres heures que les Chrétiens et on limitait à douze le nombre des mariages juifs par an[30].

Cette dernière interdiction, inspirée de l’Exode, caractérise l’évolution de l’antisémitisme du XVIIIe siècle ; moins fruste dans ses prétextes et ses inventions, il prépare l’antisémitisme moderne, au nom de la raison d’Etat plutôt que de l’Evangile : vers 1745, une décision impériale n’autorisait de mariage en Bohême, parmi les Juifs, qu’aux seuls aînés de chaque famille[31], et les lettres-patentes signées par Louis XVI en 1784 en faveur des Juifs d’Alsace limitaient strictement le nombre total des mariages juifs autorisés en une année[32].

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La rouelle et le ghetto illustrent particulièrement l’abaissement des Juifs. A la vérité, le ghetto, qui s’est généralisé depuis la Renaissance, est plus tardif que la rouelle, et celle-ci n’apparut en droit qu’après neuf siècles d’installation chrétienne. Peut-être, ici et là, des usages locaux, empruntés aux Musulmans[33] précédèrent-ils les décisions du IVe concile du Latran (1215), désireux de séparer radicalement les Chrétiens des Juifs : le texte le plus ancien qui mentionne la rouelle date de 1200. On invoquait l’Ancien Testament pour obliger les Juifs à lui demeurer fidèles : «Cela même leur est ordonné dans leur propre loi, à savoir à porter des franges aux quatre coins de leurs manteaux, afin de se distinguer des autres peuples[34]».

La mesure fut irrégulièrement appliquée, avec plus ou moins de retard, allant dans certains cas jusqu’à un siècle[35]. Les recherches érudites ont montré que la rouelle et le chapeau jaune qui la remplaça furent l’objet de changements constants qui reflètent les vicissitudes des rapports entre les Juifs et le pouvoir. Dans le Comtat Venaissin, entre 1326 et 1776, on ne compte pas moins de quatorze règlements  à ce sujet[36]. – Les Juifs n’étaient pas les seuls à porter un signe distinctif. Les Sarrasins, les magiciens, les lépreux, les cagots, les filles publiques y étaient soumis également, ainsi que les hérétiques. En cas d’inobservation, les hérétiques supportaient des conséquences aussi désagréables que celles qu’on infligeait aux Juifs ; – et parfois même pires[37].

Le durcissement antisémite de l’époque des Croisades n’est pas le seul qui ait préparé l’intransigeance du XVe siècle envers les Juifs. L’art et les textes permettent d’affirmer qu’aux XIVe et XVe siècles, l’opinion s’était de nouveau raidie à leur égard. On a relevé, dans les textes d’alors, les expressions courantes : «faulx Juifs, faulx larrons, faulx mescreans, mauvais et fellons Juifz, pervers Juifz, desléaux Juifz, traistres, faulce et perverse nacion, fauce chenaille, fauce maignye maudicte…» On peut citer des expressions du même ordre en langue d’oc, en italien, en haut allemand, en breton. Très significative la traduction française du  Speculum humanae salvationis vers 1448 : le traducteur accentue les termes, hostiles aux Juifs, d’un texte rédigé un quart de siècle plus tôt[38].

En somme, c’est la fin du Moyen âge, beaucoup plus que les siècles d’installation chrétienne, qui précipita  l’évolution de l’antisémitisme chrétien.


  1. Ainsi, l’odeur juive. Alors que Venance Fortunat n’y voit qu’une image (voir plus haut, p. 165), au Moyen âge on prend l’expression à la lettre. De même le poison juif, primitivement métaphorique, est à prendre au sens le plus tangible chez Raoul Glaber : «Le diable... conçut de l’envie et résolut d’employer encore sa nation favorite, à souffler le poison...» (Cité par Israël Lévi, Les Juifs de France du IXe aux croisades Revue des Etudes juives, LII, 1906, p. 166.)
  2. Le choix de Bossuet ne doit pas surprendre. Il résume et organise admirablement des reproches dix fois séculaires ; mieux que Luther, il les ramène aux seuls griefs théologiques ; il fournit désormais aux antisémites chrétiens les formules qui courent encore sur toutes les lèvres. Pascal est aussi énergique, mais on ne peut comparer son influence, même tardive à celle de Bossuet. Le plus illustre des prédicateurs réformés du Refuge, Jacques Saurin, dépend visiblement de Bossuet dans son "Sermon sur les malheurs des Juifs" (Sermons, t. XI, sermon IX). Les Bénédictins ont mis en ligne les oeuvres de Bossuet. Pour une approche générale de l’antisémitisme en littérature, voir Emmanuel Haymann, L’Antisémitisme en littérature : pour en finir avec les clichés, les préjugés ou la haine, éd. Favre 2006. (O. Peel)]]
  3. M. Bulard, p. 40 - Bède le Vénérable n’insiste pas sur le «déicide» non plus. B. Blumenkranz, Revue des Etudes juives, XI (CXI), 1952, p. 48.) Même tendance chez Alcuin. (Blumenkranz, p. 57.)
  4. Bernard de Clairvaux, Sermon XIV sur le Cantique des Cantiques ; cité par F. Quiévreux, Les Paraboles, Je Sers, p. 106.
  5. Bossuet, Discours sur l’histoire universelle, II, XXII.
  6. Bossuet, Sermon sur la vertu de la Croix, (éd. Garnier), III, p. 581.
  7. Bossuet, Sermon sur la Passion, III, p. 55. (Voir III, p. 144-145.) - Il serait profondément injuste et tendancieux de laisser croire que le besoin de propre justice, qui explique trop souvent l’enseignement sur le «déicide», n’ait jamais laissé sa juste place à une prédication plus spirituelle. On pourrait multiplier, en marge de l’exclamation de Bossuet, les citations où les Gentils du Moyen âge s’incriminent autant qu’ils accusent les Juifs devant la Croix. L’art a traduit, à l’occasion, la compromission de Rome et d’Israël et telle Passion destinée à la représentation déclare :

    Venez, venez, Envie judaïcque, Et d’autre part Gentil trucidateur. En besongne chascun de vous s’applique, Venez occire l’Innocent Viatique.

    (Bulard, p. 211 ss.)

  8. Bossuet, même Sermon, III, p. 48 ; Discours, II, XXI.
  9. Bossuet, Sermon sur la bonté et la rigueur de Dieu, III, p. 574.
  10. Bossuet, Sermon sur la bonté, III, p. 570. - Lors de l’élection de Boniface VIII, en 1295, le nouveau pape, mal disposé envers les Juifs, leur aurait dit : «Jadis nation chérie de Dieu et maintenant son ennemie, qui espères en un avenir incertain et fermes les yeux aux lumières de la foi ; qui te tiens à l’écart quand les peuples accourent, le Christ a versé son sang pour toi et tu ne veux pas reconnaître en lui ton Rédempteur.» (Rodocanachi, p. 139.) On remarquera qu’il n’était pas question de «déicide» dans ce propos.
  11. Bossuet, Discours, II, XX.
  12. Bossuet, Discours, II, XXIX.
  13. Bossuet, Discours, II, XXX.
  14. Bossuet, Discours, II, XX.
  15. Bossuet, Discours, II, XX.
  16. Bossuet, Sermon sur la Passion. (Garnier, III, p. 56. Voir III, p. 145.) Textes parallèles, Discours, II, XXIV, et II, XX.
  17. Bossuet, Sermon sur la Bonté..., III, p. 572.
  18. Agobard, Lettre à l’archevêque de Narbonne (entre 626 et 828) ; citée par J. Régné, Les Juifs de Narbonne, Revue des Etudes juives, LV, 1908, p. 34. On a reconnu l’utilisation, par Agobard, de Deutéronome, XXVIII, 16. - Agobard mêlait d’ailleurs aux reproches théologiques des arguments économiques : il s’élevait contre le commerce des esclaves que pratiquaient les Juifs. (Voir plus haut, p. 178, n. 2). Sur Agobard et Amolon, L. Poliakov, I, p. 46 ss.
  19. R. P. Paul Demann, Les Juifs  sont-ils maudits ? Cahiers sioniens, juillet 1948, p. 277.
  20. Détails dans Isidore Loeb, Le Juif de l’Histoire et le Juif de la Légende, p. 40 ss.
  21. Guibert de Nogent évoque l’œuvre magique et diabolique qu’on attribuait aux Juifs. Voir Bernard Monod, Juifs, sorciers et hérétiques au Moyen âge, Revue des Etudes juives, XLVI, 1903, p. 237 ; cf. Bulard, p. 234 ss.
  22. A. Dumas, Histoire de l’Eglise, Fliche et Martin, VII, p. 464 ; Israël Lévi, Les Juifs de France du IXe siècle aux croisades, Revue des Etudes juives, LII, 1906, p. 162.
  23. Rodocanachi, Le Saint-Siège et les Juifs, p. 225 et 202. Un impôt rappelant les trente deniers était payé par es Juifs en Espagne. (I. Loeb, Revue des Etudes juives, XIV, 1557, p. 164.)
  24. A. Béziers, L’usage fut aboli par l’évêque, en 1161, moyennant une redevance.. Voir la bibliographie dans l’article d’ Israël Lévi, cité plus haut.
  25. L’inquisiteur italien B. Fumi interdisait formellement aux Juifs du XVIe siècle de paraître en public ni d’ouvrir leurs portes et leurs fenêtres pendant les trois jours qui précèdent Pâques. (Hubert Elie, Contribution à l’étude du statut des Juifs en Italie aux XV e et XVIe siècles, Revue de l’Histoire des Religions, CLII, 1952, p. 93.)
  26. Inscriptions hébraïques d’Arles, Revue des Etudes juives, XL, 1900, p. 80.
  27. Note dans la Revue des Etudes juives, XXXVIII, 1899, p. 314.
  28. I. Lévi, Le Livre-journal d’Ugo Teralh, , même Revue, XXXVII, 1898, p. 263.
  29. H. Chobaut, Les Juifs d’Avignon, même Revue, I (CI), 1937, p. 29.
  30. Graetz, éd. française V, p. 149, 151 ; S. Doubnov, I, p. 240.
  31. Graetz, V, p. 248 ; S. Doubnov, I, p. 153, 291 ss.
  32. Anchel, p. 221 ss., 228. - En 1791 encore, la commune d'Odratzheim se plaignant du grand nombre de Juifs qui s’y mariaient, le Directoire du Bas-Rhin écrivit'à l’Assemblée nationale pour s’étonner que la loi ne fût pas appliquée. (Revue des Etudes juives, LXVIII, 1914, p. 253.)
  33. Voir plus bas, ch. VII, p. 248.
  34. Saint Thomas d’Aquin, Réponse à la duchesse de Brabant, 8o.
  35. Ulysse Robert, Etude historique sur la roue des Juifs..., Revue des Etudes juives, VI, 1882. Le même auteur, dans Les signes d’infamie au Moyen âge (1891) a repris et complété son travail.
  36. Jules Bauer, Le Chapeau jaune chez les Juifs comtadins, Revue des Etudes juives, XXXVI, 1898, p. 53. [[Pour un aperçu rapide de l'accoutrement imposé aux Juifs au fil des siècles, voir: "Signes distinctifs imposés aux Juifs durant l'histoire" (O. Peel)]]
  37. U. Robert, Les Signes... ; p. 114, 143, 148 ss., 159, 175, 177.
  38. M. Bulard, Le Scorpion, symbole du peuple juif, p. 42-45.

3 Responses to 4. La théologie de l’antisémitisme de l’installation

  1. Peel Olivier sur janvier 30, 2014 à 1:57 says:

    Les références pourraient emplir des volumes. On s’en tiendra avant tout à Bossuet, qui est presque d’hier, et dont l’influence, au moins sur la pensée française, a été considérable[2].

    Pour une approche générale de l’antisémitisme en littérature, voir l’ouvrage magistral de Emmanuel Haymann, L’Antisémitisme en littérature : pour en finir avec les clichés, les préjugés ou la haine, éd. Favre 2006.

  2. Peel Olivier sur janvier 30, 2014 à 2:28 says:

    Les recherches érudites ont montré que la rouelle et le chapeau jaune qui la remplaça furent l’objet de changements constants qui reflètent les vicissitudes des rapports entre les Juifs et le pouvoir. Dans le Comtat Venaissin, entre 1326 et 1776, on ne compte pas moins de quatorze règlements à ce sujet[36].

    Pour un aperçu rapide sur les signes distinctifs que les juifs ont porté tout au long de l’histoire, voir:
    http://www.alainamiel.com/signedistinctifs/signesdistb.html

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