10 4. L’antisémitisme gnostique et manichéen

L’énigme manichéenne doit-elle être rangée parmi les hérésies chrétiennes ou les formes gnostiques du paganisme ? On en discute encore. Mais par leur attitude envers l’Ancien Testament, le gnosticisme païen et le manichéisme s’éloignent singulièrement du christianisme[1] ; on est en droit de les rapprocher à cet égard, et non sans précautions, du paganisme.

On sait qu’un grand nombre de sectes gnostiques s’entendaient au moins sur leur opposition plus ou moins totale au judaïsme[2]. Basilide niait que Moïse eût reçu la Loi du Dieu suprême. Si ce n’est pas Marcion lui-même qui opposait le tyran borné de l’Ancien Testament au Père du Nouveau[3], du moins, au témoignage du gnostique Ptolémée, «d’autres… assurent qu’elle [la Loi] provient de l’Adversaire, du diable corrupteur[4]…». Marcion tenait les Juifs pour le plus mauvais des peuples et ne gardait que des Écritures expurgées de toute «saveur judaïque». On sait que les Antithèses de Marcion, les Syllogismes d’Apelle, étaient dirigés contre le judaïsme[5].

Créateur d’une Église – qui parut si redoutable aux Chrétiens qu’ils s’organisèrent contre elle – Marcion peut être, certes, regardé comme un actif agent d’une propagande antijudaïque radicale, depuis la Gaule jusqu’à la Mésopotamie[6].

Mani, à certains égards héritier direct de la Gnose[7], rejetait également la Loi aussi bien que les Prophètes ; il réprouvait l’enseignement d’Elchasaï comme entaché de judaïsme ; il critiquait les Antithèses de Marcion comme insuffisamment négatives et se prononça lui-même plus vigoureusement encore contre les Écritures juives. Au lieu de les attribuer à un dieu inférieur, il les présenta comme l’œuvre du diable ; les prophètes, à ses yeux, étaient comme autant de démons, le Dieu des Juifs, – le Prince des Ténèbres. «C’est à Satan qu’on doit attribuer les enseignements de la Loi et des prophètes», disait Mani, qui illustrait sa pensée en rappelant le texte de l’Evangile sur les membres corrompus qu’il convient de retrancher[8]. De même que les gnostiques tendaient à nier toute affinité entre le Sauveur et les Juifs[9] – Mani, dans son Evangile, fait dire à Jésus devant Pilate : «Je ne suis pas de la maison de Jacob et de la race d’Israël[10]», et lui fait rejeter expressément l’ancienne Loi. (Quant au texte de Matthieu (V, 17) : «Je ne suis pas venu détruire la Loi, mais l’accomplir», Mani le déclarait – déjà – inauthentique[11].)

Les disciples de Mani reprenaient les positions du Maître. Fauste de Mileve écrivait : «Notre Bienheureux Père Manichée a suffisamment et surabondamment mis en lumière, largement dévoilé la fausseté de la superstition judaïque…», disait des Juifs que le serpent était leur premier père[12], et comparait le judaïsme à la lèpre hideuse et à la rouille malfaisante[13] ; il rejetait toutes les modifications judaïques qu’il croyait apercevoir dans l’Evangile[14] et faisait séjourner aux enfers les patriarches eux-mêmes[15].

Les Chrétiens reprochaient aux Gnostiques et aux Manichéens leur refus de l’ Ancien Testament. Non seulement les théologiens insistaient fortement sur le problème[16], mais encore les formules d’abjuration imposées aux disciples de Mani nous renseignent explicitement : «Anathème… au livre des Mystères qui a été composé dans le but de détruire la Loi et les Prophètes… à quiconque ose blasphémer l’Ancien et le Nouveau Testament, à quiconque rejette Moïse, les prophètes et leurs écrits[17]

Pour les Manichéens «le judaïsme était foncièrement mauvais et ce n’est qu’incidemment que la vérité avait pu s’y faire jour[18]». D’un antijudaïsme autrement radical que celui de l’Église, il était impossible que les doctrines de Marcion et de Mani n’allassent pas se dégrader en antisémitisme. Ce qu’on sait des rapports des partisans de religions rivales, à une époque où les meilleurs n’éprouvaient guère de scrupules de langage dans leurs polémiques, ne permet pas d’en douter. Il est certes fort difficile, sans preuves certaines, d’en montrer le cheminement ; mais on voit Manichéens et Gnostiques reprendre les arguments du répertoire alexandrin : Marcion et Mani exploitent le verset d’Exode XII, 36 pour prouver que le Dieu juif est le dieu du vol et donc du mal[19].

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*  *

La diffusion des livres de Mani a été «prodigieuse»[20] de l’Espagne à la Chine. Les idées manichéennes ont été, consciemment ou plus souvent inconsciemment, reprises par les Chrétiens, ou conservées par les néophytes admis dans l’Église. Car le manichéisme n’a pas été sans influence sur d’autres religions : on s’est demandé si le mazdakisme n’a pas été une adaptation du manichéisme à la religion traditionnelle de Zoroastre[21]. Les Écritures manichéennes ont été lues et relues pendant des siècles ; elles ont propagé une idée-force d’autant plus antisémite qu’elle était plus simpliste : le lien essentiel du judaïsme, comme culte et comme religion, avec les forces du mal. Et l’on en vient à se demander dans quelle mesure saint Augustin s’était défait des influences manichéennes où il demeura neuf années avant de se convertir. Si l’on décèle bien, dans la méthode exégétique d’Origène une influence gnostique manifeste[22], à plus forte raison le grand docteur de l’Eglse latine avait-il complètement réussi à exorciser les postulats manichéens qu’il avait trop longtemps partagés[23] ?

On n’a que de trop rares indices de la persistance diffuse des idées de Mani et de Marcion tout au long du Moyen âge, pour qu’il soit permis d’insister sur l’antisémitisme métaphysique des courants plus ou moins manichéens qui subsistaient dans l’ombre du christianisme[24]. Dualistes, sinon manichéens, et peut-être d’origine marcionite, les Pauliciens d’Arménie opposaient la Trinité au Démiurge et rejetaient l’Ancien Testament ; les Thondrakiens d’Arménie en faisaient autant, qui disaient : «Moïse n’a pas vu Dieu mais le diable» ; et l’on ne peut manquer de relever que les églises fondées par ces hérétiques très proches des Pauliciens, se divisaient à propos de la circoncision du Christ[25]. Les gnostiques messaliens, qui haïssaient l’Ancien Testament, semblent s’être maintenus pendant des siècles[26]. Les Pauliciens eurent une postérité considérable dans le bogomilisme bulgare, dont l’influence devait être immense dès le Xe siècle, aussi bien en France qu’en Russie. En Bosnie, les Bogomiles ou «Patarins» furent les maîtres du pays ; ils y érigèrent leurs communautés en religion d’Etat depuis la fin du XIIe jusqu’au XIVe siècle. Ennemis de l’Ancien Testament, les Bogomiles voulaient que le Créateur de la Genèse fût le prince du Mal[27].

Les Cathares français et italiens se rattachent aux Bogomiles. Si les «Albigeois» ne furent pas toujours fidèles aux principes bogomiles qu’ils avaient reçus, ils persévéraient du moins dans le rejet de l’Ancien Testament, identifiaient le Dieu des Juifs avec Satan, et prétendaient qu’Abraham et Moïse avaient été inspirés par le diable[28].

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Le mandéisme fut-il vraiment une gnose d’origine judaïque, antérieure au christianisme, ou à la rigueur contemporaine de celui-ci [29]? Il serait téméraire de l’affirmer, malgré Robert Stahl[30]. Mais le «retournement» mandéen contre la Synagogue n’en est que plus frappant, au point qu’on peut parler de «haine implacable que [le mandéisme] a vouée aux autres religions et notamment au judaïsme[31]». Oscar Cullmann rappelle qu’ils «déversent toute leur haine» sur les Juifs[32].

Les Mandéens, en effet, ne s’étaient pas seulement émancipés de la Loi. Ils tenaient l’Ancien Testament pour un livre d’imposture[33] ; l’antijudaïsme des Mandéens ne pouvait que se confondre avec le plus net antisémitisme. Les textes des Écritures mandéennes sont surtout accessibles en allemand ; mais il suffit de citer quelques passages traduits en français pour l’établir : «Malheur aux Juifs persécuteurs de Miriaï» [la communauté mandéenne] … «Tous les Juifs s’assemblèrent, les docteurs, les grands et les petits… Nous allons les tuer [les Mandéens] et jeter l’opprobre sur Miriaï à Jérusalem.» Le récit mandéen raconte ensuite que les Juifs viennent à l’embouchure de l’Euphrate et appellent Miriaï, leur «fille», à revenir à Jérusalem. «Lorsque Miriaï entendit ces choses de sa mère, elle rit et se réjouit en son cœur. Elle lui dit : «Ah ! s’il n’y avait point de Juifs, point de prêtres infâmes et vils ! Ah ! s’il n’y avait point de Juifs qui se tiennent debout et se prosternent devant une voûte ! Qu’ils soient ensevelis dans les ténèbres !» Elle leur dit : «Allez, allez-vous-en, insensés! souillés de déjections ! Je ne suis pas une femme partie pour se prostituer, qu’ils soient ensevelis dans les ténèbres… Je ne suis point partie pour m’en retourner chez vous, vous revoir, dôme d’abomination…» Pendant que les prêtres se tenaient là… il survint un aigle blanc dont les ailes étaient grandes comme le monde. Il dirigea son vol sur les Juifs, se précipita sur eux en battant des ailes, il les ligota et les plongea au fond de l’eau, plus bas que la vase puante. Il les plongea plus bas que l’eau ardente qui est dans l’eau trouble… il détruisit le Temple et mit le feu à Jérusalem.» Aussi Miriaï peut-elle dire à l’aigle divin : «Quiconque n’écoute point ta voix sera privé de veillée et de sommeil. Qu’il soit compté parmi les Juifs, les esclaves, et parmi les prêtres, fils de la servante[34]

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*  *

En vérité, l’Église ancienne, en détruisant les textes manichéens et gnostiques, a multiplié l’importance historique des preuves de son propre antisémitisme ; elle s’est préparé les verges dont on la fouette aujourd’hui. Mais il y a des historiens qui mesurent exactement les choses. G.-G. Scholem, pour sa part, n’hésite pas à écrire que les gnostiques des IIet IIIsiècles pratiquaient «un antisémitisme métaphysique sous sa forme la plus profonde et la plus active[35]» ; et le traducteur en français des textes de «Miriaï», après avoir noté que sur le «terrain dogmatique les Mandéens se sont émancipés du judaïsme beaucoup plus radicalement que les Chrétiens», ajoute qu’ils ont conservé jusqu’à aujourd’hui «leur haine implacable de tout ce qui est juif[36]».


  1. L’avis formel de H.-Ch. Puech  (Le Manichéisme, Publ. Musée Guimet, LVI, p. 69) c’est que le manichéisme est une «gnose». [Voir aussi: "Le manichéisme" par H.-Ch. Puech, dans Histoire des religions, sous la direction de H.-Ch Puech, pp. 523-645, Gallimard, Paris, 1972 rééd. 1999; François Decret, Mani et la tradition manichéenne, Seuil, 2005. [[O. Peel]
  2. P. Alfaric, Les Ecritures manichéennes, Paris, 1918, I, p. 8 ; I, p. 20, note 1. On voit les Actes de Jean déclarer : «... les Juifs impies tenant leur Loi de l’inique serpent» ; le même texte accuse le «bas peuple» de crucifier Jésus (II, p. 188-189) ; d’autres insistent sur l’origine païenne de Paul (II, p. 294). Dans leur mépris de l’Ancien Testament, certaines sectes gnostiques violaient systématiquement la Loi ; on connaît celles qui prenaient le nom des révoltés de l’histoire biblique pour les glorifier. Certaines d’entre elles subissaient l’influence des idées mazdéennes. (Voir Bidez et Cumont, Les Mages hellénisés, I, p. 231.) Il ne faut pas cependant étendre à tous les gnostiques le refus de l’Ancien Testament. (E. de Faye, Revue de l’Histoire des Religions, LXXXVII, 1923, p. 183.)
  3. G. Quispel, Introduction à la Lettre à Flora, de Ptolémée, Sources chrétiennes, N° 24, p. 11 et 72. [[Voir aussi: Robert M. Grant, La gnose et les origines chrétiennes, éd. du Seuil, 1964; Tardieu Michel, et Dubois Jean-Daniel, Introduction à la littérature gnostique, tome Ier : Collections retrouvées avant 1945, Éditions du Cerf et Éditions du CNRS, 1986. (O. Peel)]]
  4. Ptolémée, Lettre à Flora, III, 2. Cf.VII, 3.
  5. «Apelle...  a prononcé mille impiétés contre la loi de Moïse.» (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, V, XIII, 9.) Alfaric, I, p. 14 ; II ; p. 162. Voir Origène, Homélies sur  la «Genèse», coll. Sources chrétiennes, p. 94, 110, 186 ; J. Lebreton, Histoire du dogme de la Trinité, II, p. 122 ss. ; Steven Runciman, Le Manichéisme médiéval, p. 14 (traduction française Payot, éd.).
  6. La dimension géographique ne suffit pas à rendre compte de l’influence du marcionisme ; il y a aussi une dimension historique, plus ou moins sensible selon les époques, et qui s’épanouit aux XIXe et XXe siècles. Harnack a été le très bienveillant vulgarisateur de Marcion ; ce n’est pas en historien, mais en théologien qu’il écrivit son Marcion. C’est pourquoi Karl Barth s‘est à juste titre opposé à Harnack et à ses successeurs. (Dogmatique, traduction française, I/II/I, p. 71 et 75.) [[Sur Marcion, voir les références suivantes: Irénée de Lyon, Contre les Hérésies, IV, 6, 2 ; Tertullien, Contre Marcion, Tomes 1 à 5, Collection Sources Chrétiennes, éd. du Cerf, 1990 à 2005 ; Adolf von Harnack, Marcion. L’Évangile du Dieu étranger : Une monographie sur l’histoire de la fondation de l’Église catholique, Cerf,‎ 2005. (O. Peel)]]
  7. F. Cumont, A propos des Ecritures manichéennes. Revue de l’Histoire des Religions, LXXXI, 1920, p. 38 ss.
  8. Alfaric, II, p. 140 à 142. - «Qu’en est-il de Juda [[les juifs]] dont le Dieu est un assassin dès le commencement ?» demandait en 1938 l’évêque «chrétien-allemand» F. Peter (Oesterreicher, Racisme, p. 41.)
  9. Voir Clément d’Alexandrie, Extraits de Théodote, Sources chrétiennes, 23, p. 199 et note 2.
  10. Alfaric, II, p. 40.
  11. Alfaric, II, p. 162.
  12. Alfaric, II, p. 122.
  13. Alfaric, II, p. 147.
  14. Alfaric, II, p. 166.
  15. Alfaric, II, p. 181.
  16. Voir, pour l’exemple d’Origène, Jean Daniélou, Origène, p. 148.
  17. Alfaric, I, p. 67-68. Voir une formule d’abjuration du IX e siècle : I, p. 69 ; et encore : I, p. 100 ; II, p. 105.
  18. Alfaric, II, p. 159.
  19. Voir plus haut, p. 56 ; Israël Lévi, Dispute entre Juifs et Egyptiens, Revue des Etudes juives, LXIII, 1912, p. 213.
  20. L’expression est de H.-C. Puech, p. 64. Cf. p. 66, 68.
  21. Arthur Christensen, Le Règne du roi Kawadh... , Copenhague, 1925, p. 98 ss. ; H.-C. Puech, p. 65.
  22. Jean Daniélou, Origène, p. 190.
  23. Pour sa part, M. Bernard Blumenkranz mieux inspiré - ou plus sévère - qu’à propos de Tacite, fait peser sur le manichéisme, et le combat de l’Eglise contre cette doctrine rivale, une responsabilité directe, bien que paradoxale dans l’élaboration de l’antisémitisme chrétien. (Compte rendu de Jésus et Israël, Revue des Etudes juives, IX (CIX), 1949, p. 124.) [[Peter Brown, La vie de saint Augustin, Points Seuil, 2001. (O. Peel]]
  24. P. Alphandery note le rejet ou plutôt l’omission de tout souvenir de l’Ancien Testament dans la littérature des visions du VIe  au XIe siècles : il y voit un indice de manichéisme latent. (Traces de manichéisme dans le Moyen âge latin, Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses, 1929, p. 464. Voir aussi l’article cité de F. Cumont, p. 45.)
  25. Steven Runciman, Le Manichéisme médiéval (l’hérésie dualiste dans le christianisme), trad. française, Payot, p. 50-51 ; 53-54 ; 56, 58 ; Alfaric, I, p. 71 ; H.-C. Puech, p. 64.
  26. S. Runciman, p. 26, 28, 59.
  27. S. Runciman, p. 65, 80, 79, 90, 96 ss. ; - 70, 72, 75.
  28. S. Runciman, p. 112, 136. [[Pour une introduction aux Cathares, consulter les livres de l’historien Michel Roquebert: Histoire des Cathares, éd. Perrin, Collection Tempus, 2002 ; La religion cathare : Le Bien, le Mal et le Salut dans l’hérésie, éd. Perrin, collection Tempus, 2009. (O. Peel)]]
  29. R. Stahl, Les Mandéens et les origines du christianisme, Rieder, 1930.
  30. Voir  H.-C. Puech, Le Manichéisme, p. 41, 124.
  31. Stahl, p. 22.
  32. O. Cullmann, Le problème littéraire et historique du roman pseudo-clémentin, p. 180.
  33. Stahl, p. 184, qui cite, p. 55-56 les textes mandéens : «Lorsque Adonaï entendit ces paroles, il appela l’Esprit et lui dit : « Viens, nous allons écrire un livre d’abomination et d’imposture, afin de capter générations et mondes. Mes élus ! Je vous déclare quant aux Juifs que leurs Ecritures ne sont point venues de la Lumière.»
  34. Stahl, p. 27, 28, 31-33, 34.
  35. G.-G. Scholem, Les Grands Courants de la Mystique juive, Payot, 1950, p. 340.
  36. Robert Stahl, p. 184. (Il n’entre pas un seul instant dans les intentions de cet écrivain d’exonérer les Chrétiens de quelque reproche que ce soit. Au contraire.)

6 Responses to 4. L’antisémitisme gnostique et manichéen

  1. Peel Olivier sur décembre 16, 2013 à 4:59 says:

    On sait qu’un grand nombre de sectes gnostiques s’entendaient au moins sur leur opposition plus ou moins totale au judaïsme[2].

    On pourrait rajouter en bibliographie au moins ces deux ouvrages traitant du problème gnostique:

    Robert M. Grant, La gnose et les origines chrétiennes, éd. du Seuil, 1964 et Tardieu Michel, et Dubois Jean-Daniel, Introduction à la littérature gnostique, tome Ier : Collections retrouvées avant 1945, Éditions du Cerf et Éditions du CNRS, 1986.

  2. Peel Olivier sur décembre 16, 2013 à 5:07 says:

    Mais par leur attitude envers l’Ancien Testament, le gnosticisme païen et le manichéisme s’éloignent singulièrement du christianisme[1]

    Après cette note, on pourrait rajouter les références bibliographiques suivantes:
    Le manichéisme par H.-Ch. Puech
    In Histoire des religions sous la direction de H.-Ch Puech, pp. 523-645
    Gallimard, Paris, 1972 rééd. 1999;

    François Decret, Mani et la tradition manichéenne,Seuil, 2005.

  3. Peel Olivier sur décembre 16, 2013 à 5:18 says:

    Marcion peut être, certes, regardé comme un actif agent d’une propagande antijudaïque radicale, depuis la Gaule jusqu’à la Mésopotamie[6].

    Sur Marcion, on peut citer les références suivantes:

    Irénée de Lyon, Contres les Hérésies, IV, 6, 2.

    Tertullien, Contre Marcion, Tomes 1 à 5, Collection Sources Chrétiennes, éd. du Cerf, 1990 à 2005.

    Adolf von Harnack, Marcion. L’Évangile du Dieu étranger : Une monographie sur l’histoire de la fondation de l’Église catholique, Cerf,‎ 2005.

  4. Peel Olivier sur décembre 16, 2013 à 5:30 says:

    à plus forte raison le grand docteur de l’Eglse latine avait-il complètement réussi à exorciser les postulats manichéens qu’il avait trop longtemps partagés[23] ?

    Peter Brown, La vie de saint Augustin, Points Seuil, 2001.

  5. Peel Olivier sur décembre 16, 2013 à 5:41 says:

    Si les «Albigeois» ne furent pas toujours fidèles aux principes bogomiles qu’ils avaient reçus, ils persévéraient du moins dans le rejet de l’Ancien Testament, identifiaient le Dieu des Juifs avec Satan, et prétendaient qu’Abraham et Moïse avaient été inspirés par le diable[28].

    Pour une bonne introduction aux Cathares, les livres de l’historien Michel Roquebert:

    Histoire des Cathares, éd.Perrin, Collection Tempus, 2002

    La religion cathare : Le Bien, le Mal et le Salut dans l’hérésie, éd. Perrin, collection Tempus, 2009.

  6. macina sur décembre 16, 2013 à 6:58 says:

    Je ne peux cacher ma satisfaction et même mon admiration pour la collaboration remarquable d’Olivier Peel.

    Ses références sont précieuses et judicieuses.

    Une fois, de plus, je regrette qu’il soit le seul à faire cet effort. D’autant qu’il travaille, et même dur, et que ses horaires et ses trajets d’enseignant ne lui laissent guère de temps. Il n’en a que plus de mérite.

    Que le Seigneur te bénisse, Cher Olivier!

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