40 5. Note sur l’U.R.S.S. et l’antisémitisme

Née dans les convulsions de la Révolution, l’U.R.S.S. a brisé les forces antisémites du ressentiment chrétien qui combattaient pour l’ancien ordre des choses. Pendant une vingtaine d’années, le communisme mondial a rejeté toute espèce d’antisémitisme ; mieux encore, il a professé plus ou moins nettement un philosémitisme qui lui valut chez les Juifs, de sérieuses sympathies. L’un des leviers les plus puissants de l’anticommunisme, jusqu’à ces dernières années, n’était-ce pas la dénonciation des liens étroits entre le communisme et le judaïsme ? Propagande antisémite et propagande anticommuniste se mêlaient étroitement. Bela Kuhn, Trotsky, le prétendu noyautage du Politbureau par les Juifs, l’internationalisme juif précurseur de la IIIe Internationale, autant de griefs mille fois répétés dans le monde non communiste.

L’élimination de Trotsky, les grands procès de Moscou en 1937, firent surgir çà et là des accusations d’antisémitisme à l’encontre des dirigeants de l’U.R.S.S. Mais leur peu de consistance ne devait pas permettre qu’on les retînt. La législation soviétique condamnait sévèrement, et effectivement, la propagande antisémite. Et la deuxième guerre mondiale rangea les forces militaires et morales du communisme et de l’U.R.S.S. du côté des défenseurs des Juifs.

Cependant, une série de publications, aux Etats-Unis d’abord, dans la presse juive d’Europe ensuite, enfin dans la grande presse, posèrent au lendemain de cette guerre, le problème de l’apparition d’un antisémitisme soviétique. L’expression est aujourd’hui courante. Le procès de Prague contre Slansky l’a vulgarisée. Certains observateurs croyaient discerner, avant la mort de Staline, des signes de plus en plus nombreux d’une évolution antisémite en U.R.S.S.

Il convient d’abord de dissiper un certain nombre d’équivoques ou d’interprétations erronées  qui s’opposent à l’examen impartial du problème. A l’extrême gauche, certains professent que l’athéisme et l’antisémitisme sont absolument incompatibles : tous les faits allégués à propos d’un antisémitisme communiste ne peuvent renverser ce postulat. Les pages précédentes ont prouvé, cependant, son inconsistance ; si l’antisémitisme est plus vivace aujourd’hui dans les milieux et les sociétés traditionalistes et religieux – la chose ne souffre pas de discussion – il n’est pas vrai que le rationalisme ou le socialisme suffisent à le déraciner ou à l’étouffer, ni parmi les masses, ni même dans la conscience des intellectuels. Un antisémitisme rationaliste est possible, qui a derrière lui une tradition deux fois séculaire. Un antisémitisme marxiste est possible. Il ne suffit pas de démontrer que deux termes sont théoriquement contradictoires pour prouver qu’ils sont incapables de s’unir dans la réalité. N’y a-t-il pas un antisémitisme chrétien ?

Encore ne faut-il pas confondre l’antisémitisme avec toute attitude de réserve, ou même de méfiance, envers certains aspects du judaïsme. Nous ne renierons pas, à propos du comportement des Marxistes, l’essentielle distinction entre l’antijudaïsme et l’antisémitisme.[1]. L’antijudaïsme spirituel de l’Église est  parfaitement légitime. La susceptibilité juive, exaspérée par trop de souffrances, souligne à bon droit que l’antijudaïsme aboutit aisément à l’antisémitisme ; rien n’est plus vrai ; mais ce n’est ni une conséquence nécessaire ni un chemin inévitable : le refus de l’antisémitisme ne peut aller, de la part des Chrétiens jusqu’à oublier tout ce qui oppose la vérité chrétienne au judaïsme.

L’apparition du sionisme, phénomène moral et politique, entraîne à son tour des prises de position politiques, favorables ou non, à la création d’un Etat juif qui exerce une activité politique dans une région déterminée du monde et une attraction inévitable sur les Juifs dispersés dans le monde entier. L’antisionisme équivaut sur le plan temporel à l’antijudaïsme dans le domaine religieux ; de nombreux Juifs ont professé l’antisionisme : étaient-ils antisémites ?[2]. Depuis longtemps les communistes sont résolument antisionistes[3] ; la chose n’est pas nouvelle ; l’étonnement de la grande presse serait l’indice de son ignorance si l’on ne pouvait la soupçonner d’arrière-pensées politiques.

La gauche athée, les Marxistes et les Juifs refusaient communément, jusqu’ici, de souscrire à la distinction entre l’antijudaïsme et l’antisémitisme. Les communistes sont aujourd’hui contraints à en reconnaître la valeur. Ils s’en prennent à l’erreur politique d’un sionisme dont la force d’attraction s’exerce jusque sur les Juifs communistes. Le messianisme politique, même «marxiste», des sionistes, n’a pas de place dans la conception communiste du monde. Puisque Dieu n’existe pas, les Juifs ne sont pas un peuple élu ; dispersés par l’histoire, ils n’ont qu’à devenir totalement tchèques en Bohême et pleinement russes en U.R.S.S. Retourner en Palestine, corriger les erreurs et les cruautés de l’histoire ancienne et médiévale, c’est d’abord une impossibilité politique, c’est surtout une prétention réactionnaire que la raison d’Etat (communiste ou non) ne peut admettre. Si les Juifs des pays de l’Est s’obstinent à voir dans les vestiges dispersés de la communauté religieuse juive une entité nationale garantie par la Bible, c’est qu’ils sont encore moralement en marge dans les démocraties populaires où ils vivent[4]. La logique du marxisme est antisioniste, ce qui ne veut pas dire qu’il ignore la «question juive». Marx et Bebel s’y sont intéressés ; et l’antisionisme, à lui seul, prouverait que les Marxistes d’aujourd’hui n’en méconnaissent pas l’importance.

Tant que l’Etat d’Israël fut «neutre» entre le monde occidental et le monde oriental, il s’agissait pour les communistes d’une incompatibilité de principe. Du jour où le judaïsme politique s’est rangé aux côtés du monde occidental, l’U.R.S.S. et les démocraties populaires ne pouvaient plus se contenter d’une condamnation théorique du sionisme. Les efforts de l’Etat d’Israël pour regrouper les Juifs des pays communistes en Palestine étaient tout aussi inadmissibles du point de vue de Moscou que d’éventuels appels du gouvernement espagnol à la Pologne, afin qu’elle laisse émigrer les Catholiques polonais. L’existence d’abord, la politique surtout de l’Etat d’Israël ont rendu tous les Juifs de l’Est suspects d’allégeance à un sionisme incarné par un Etat étranger. La seule attitude permise aux Juifs désormais, c’est donc l’antisionisme.

Les communistes se trouvent dans la situation de l’Église au IIe siècle. Sur le plan politique ils se heurtent à un judaïsme conquérant. Il y a une concurrence de prosélytisme centre eux. Comme autrefois, cette rivalité conduit à des incidents et à des constructions idéologiques qui reflètent l’affrontement des principes et des doctrines. Comme autrefois l’antijudaïsme théologique, l’antisionisme politique peut verser aujourd’hui dans l’antisémitisme. C’est une possibilité. Il n’y a que les faits, dûment prouvés, qui puissent permettre de démontrer que ce chemin a été effectivement parcouru.

Si l’inquiétude des Juifs est sincère, l’indignation éprouvée en Occident à propos des résonances antisémites du procès de Prague semble d’une qualité douteuse. Toute une campagne de presse s’empare de l’affaire à des fins politiques évidentes. Les arguments qu’elle avance apparaissent comme très inégaux, souvent invérifiables, si ses conclusions sont péremptoires.

L’un des reproches adressés à l’U.R.S.S. consiste à rapporter les propos ou les actes antisémites de citoyens soviétiques. Confondre l’antisémitisme en Russie soviétique avec l’antisémitisme de l’U.R.S.S. ce n’est pas une méthode sérieuse. Des sentiments, séculaires et violents, avivés par l’occupation hitlérienne, ne peuvent être déracinés du jour au lendemain, ni en U.R.S.S. ni en Europe occidentale. Dira-t-on, parce que l’antisémitisme reste vivace parmi les Protestants allemands ou les Catholiques français, que l’Église évangélique en Allemagne ou l’épiscopat français soient antisémites ? Cela prouve que l’antisémitisme est animé d’une force interne beaucoup plus puissante qu’on ne croyait il y a trente ans. Le témoignage de M. Claude Bourdet, à propos des Soviétiques dans les camps de concentration, paraît probant : le langage antisémite était «presque toujours employé par des éléments irresponsables[5]»

Autre reproche. M. Gregor Aronson et M. S. Schwartz ont, dès 1949[6], voulu voir une volonté délibérée d’écarter les Juifs des postes essentiels de l’U.R.S.S. : les hauts fonctionnaires seraient de plus en plus rarement juifs ; et les élus juifs des villes annexées en 1940 dans les régions à grande densité israélite auraient été en nombre infime. On ne peut nier qu’il y ait une part de vérité dans l’exposé de ce grief ; mais on conviendra que les statistiques sur l’appartenance ethnique des hauts fonctionnaires soviétiques nous font actuellement défaut. Et si le pouvoir soviétique tenait prudemment compte de l’antisémitisme des régions qu’il venait d’annexer, il ne faisait pas pour autant preuve d’antisémitisme ; se préoccuper, aux confins du monde nazi, de haines séculaires, c’était d’élémentaire prudence.

L’élimination des Juifs des postes dirigeants des Etats communistes soulève plusieurs observations. Les pamphlets gonflent à plaisir, – peut-être d’après des documents antisémites des années vingt et quelque – sous l’influence des Juifs dans la IIIe Internationale. Les listes, dont la confrontation établirait la disgrâce systématique des Juifs, ne constituent pas des documents historiques certains. D’autre part, on aurait tort d’attribuer au seul antisémitisme, une évolution dont les causes semblent naturelles. Les allogènes jouaient nécessairement un rôle disproportionné à leur nombre réel dans le renversement du tsarisme. En suscitant un accord de plus en plus large au sein du peuple russe, le régime ne pouvait que russifier ses cadres dirigeants. Le même phénomène se poursuit dans les démocraties populaires, où les Juifs constituaient à la fois une opposition nationale et citadine aux gouvernements d’avant-guerre. Ces états suivent le même chemin que l’U.R.S.S., où l’on ne verrait pas un Juif, ni un Russe, à la tête d’une République caucasienne. Cette réaction nationale va-t-elle jusqu’au numerus clausus «silencieux» dans l’état-major de l’U.R.S.S.[7] ? Il est impossible de répondre, documents à l’appui.

La suppression des publications hébraïques ou yiddish indigne les Juifs. Ils y voient une preuve de déjudaïsation systématique – et ils n’ont pas tort –  et d’antisémitisme, ce qui est beaucoup moins certain. Si les Juifs d’U.R.S.S. étaient entièrement insensibles au sionisme, la culture yiddish ne serait probablement pas bannie de Russie soviétique. Les mesures draconiennes dont les écoles, les théâtres, les publications juives ont été victimes en U.R.S.S. éclairent son antisionisme. On admettre qu’il y a quelque chose d’inattendu à voir le même gouvernement encourager et susciter la culture de toutes les nationalités de l’Union Soviétique et réduire au silence la seule culture juive. On comprend l’amertume des Juifs[8]. Pourtant le gouvernement soviétique a-t-il tellement tort de considérer que les Juifs ne sont pas une nation comme les autres ? L’antisionisme soviétique illustre la remarque de Dostoïevski : «N’est-ce pas quelque chose d’étrange : des Juifs sans Dieu, conçoit-on cela ? On ne saurait même se représenter ce que c’est qu’un Juif sans Dieu[9].»

Le seul fondement de la culture juive, c’est l’alliance que Dieu a conclue avec Israël, et la méditation que les Juifs ont poursuivie, au prix de nombreuses souffrances, de cet événement. S’il n’y a plus de Dieu, la culture juive devient «réactionnaire», à moins qu’elle n’aboutisse au sionisme[10]. L’U.R.S.S. se refuse énergiquement aux deux aspects, politique ou religieux, de la culture juive. La suppression des publications juives en U.R.S.S., les silences ou les à peu près des encyclopédies soviétiques quant aux Juifs alarment tardivement ceux-ci. Le gouvernement soviétique a-t-il supprimé les personnes juives ? Non pas. A-t-il supprimé le judaïsme ? Certainement, – par l’assimilation. La mesure radicale à l’égard des publications yiddish n’est qu’un geste assimilationiste extrême. Or l’assimilation, en dehors de l’Église chrétienne, est toujours plus ou moins antisémite. Seulement, il n’y a pas que le communisme qui vise, sans persécuter les personnes juives, à détruire le judaïsme : tel est, depuis Voltaire, l’effort de tout le rationalisme, et du monde moderne, respectueux ici des éditions yiddish, ennemi des publications hébraïques ailleurs, mais essentiellement destructeur de la conscience du judaïsme dans l’âme des Juifs[11].

Les seuls indices sérieux, et vérifiables, qui autorisent à voir dans l’antisionisme communiste des tendances antisémites sont au nombre de trois : la révélation systématique de l’origine juive des individus dénoncés par la presse pour leurs erreurs doctrinales ou leurs malversations[12] ; le procès Slansky à Prague : «dans la mythologie contemporaine, Slansky, agent sioniste de l’impérialisme américain, vient remplacer le mythe de Judas et celui des Sages de Sion[13]» ; enfin l’affaire des médecins, en majorité juifs, accusés d’assassinat médical avant d’être réhabilités en 1953[14].

A l’affût du sensationnel, la presse et les commentateurs politiques ont déversé des flots d’explications. C’est leur tâche. La nôtre n’est pas, dans un livre qui étudie les méfaits des accusations formulées à la légère, de les imiter en nous prononçant hâtivement sur des faits mal connus. La méthode historique exige un certain recul. Aussi préférerons-nous provoquer la déception du lecteur plutôt que d’avancer des hypothèses sans preuves.

On doit donc se contenter de dire que le monde communiste, qui eut des tendances philosémites, témoigne de plus en plus d’hostilité au sionisme. On peut avancer encore que l’attachement au sionisme des Juifs des démocraties populaires (et peut-être même d’ U.R.S.S.) a contribué à rendre tous les Juifs suspects aux dirigeants communistes. On est en droit de voir, dans la campagne antisioniste, en Tchécoslovaquie au moins, un appel délibéré aux sentiments antisémites du passé[15]. Rien ne permet d’écrire que le communisme soit devenu antisémite. Les dépêches de presse semblent prouver que les dirigeants soviétiques essaient de maintenir un antisionisme délibéré sans aboutir pourtant à l’antisémitisme ; et depuis la mort de Staline, la prudence paraît l’emporter dans la lutte contre le sionisme[16].

S’ils étaient plus respectueux des enseignements de l’histoire chrétienne, les communistes sauraient que ce n’est pas une tâche facile ; ils méditeraient les tentations de l’antijudaïsme. L’antisémitisme emprunte constamment de nouveaux visages. Religieux dans un monde plus ou moins sacral, il devient politique dans un univers où les luttes politiques sont de lus en plus virulentes. Religieux aux Etats-Unis, il peut devenir irreligieux ou antireligieux ailleurs. Il peut, n’importe où, se déguiser aussi bien en inquisiteur de la foi qu’en ange de la raison.

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  1. Voir ch. I, p. 13 ss.
  2. Arthur Koestler allie parfaitement, dans l’Analyse d’un miracle, le respect du judaïsme au refus le plus total du sionisme. Les Chrétiens, ou les Marxistes, sont en droit d’agir de même sans passer pour antisémites.
  3. Voir les textes cités dans L’U. R. S. S. devant la question juive, Cahiers sioniens, juin-septembre 1953 [mars 1954], p. 199 ss.
  4. Aussi l’U. R. S. S., après avoir essayé de la solution d’une région autonome au Birobidjan, y a-t-elle renoncé finalement. Henri Prost souligne dans Destin de la Roumanie, p. 252, le désir des Juifs roumains, pourtant traités en privilégiés par le nouveau régime, d’émigrer en Israël. (Cf. p. 261.)
  5. Claude Bourdet, L’Observateur, 15 janvier 1953, p. 7.
  6. Gregor Aronson, Soviet Russia and the Jews. L’auteur, menchevik russe, aurait publié plusieurs articles dans la presse russe émigrée et Yiddish. Nous n’avons pas consulté sa brochure. Elle est résumée dans celle de M. Léon Baratz.) - S. M. Schwartz, Commentary, New York, juin 1949, semble avoir repris les mêmes informations, publiées en français par M. Léon Baratz, La Russie soviétique et les Juifs, Monte-Carlo, 1951, et M. Gédéon Haganov, Le Communisme et les "Juifs", supplément de Contacts, Paris, 1951. Nombre d’articles parus dans la presse en dépendent, plus ou moins littéralement. - André Falk a ramassé, dans Israël, terre deux fois promise, la plupart des griefs juifs contre les régimes soviétiques (p. 139 ss.).
  7. Claude Bourdet, art. cité.
  8. Marc Jarblum, Le Problème juif dans la théorie et la pratique du communisme, ch. XI. - En Pologne, des publications yiddish paraissaient encore en 1953. (Evidences, juillet 1952, p. 40 ; Revue de l’Agence juive, 27 mars, 1953, p. 576.)
  9. Dostoïevski, Journal d’un écrivain, trad. Chuzeville, Gallimard, III, p. 127.
  10. Aussi les Marxistes ont-ils souvent agité le problème de savoir si les Juifs sont réellement une «nation». Staline et Lénine, semblent, même à une époque où les Juifs étaient largement accueillis à la tête de la IIIe Internationale, s’être refusés à considérer les Juifs comme une nation. (Marc Jarblum, p. 13-19, 36 ; cf. L’ U. R. S. S. devant la question  juive, dans les Cahiers sioniens, juin-sept. 1953, p. 191ss.) - Voir la traduction de l’article Juifs de l’Encyclopédie soviétique, 2e éd., par Léon Poliakov. (Evidences, décembre 1953.)
  11. Léon Poliakov (art. cité, p. 28) conclut formellement que l’assimilation forcée n’est pas autre chose que l’antisémitisme lui-même.
  12. Voir l’article de M. André Pierre, d’après la presse soviétique dans Evidences, janvier 1953.
  13. François Fejtö, Le Procès de Prague,  Esprit, avril 1953, p. 597. - M. Fejtö rappelle que c’est Slansky lui-même qui donna le signal des poursuites contre les sionistes (p. 559).
  14. Le caractère volontairement antisémite attribué au complot des médecins, et la volonté d’effacer cette impression d’antisémitisme et de rassurer les Juifs, sont mis en évidence par le journaliste américain Henry Shapiro. (Le Monde, 12 janvier 1954.) Quant aux raisons qu’il en donne, elles ne relèvent actuellement que de l’hypothèse.
  15. C’était l’opinion de Jean-Paul Sartre, avant même que fût jugé Slansky. (Evidences, janvier 1952.) C’est, à propos du procès, le jugement de Marcel Péju, Les Temps modernes n° 92, juillet 1953, p. 158ss.
  16. Le directeur pour l’Europe de l’American Jewish Committee écrivait lui-même que, depuis la mort de Staline, la propagande et les mesures antisémites avaient cessé en Allemagne orientale (Evidences, mai 1953.) Les Cahiers sioniens, art, cité, p. 189, expriment la situation actuelle en écrivant : «... Après un revirement sensationnel, tout semble être rentré dans l’ordre.» (Cf. p. 203.) Au cours de l’année 1954, des procès se sont déroulés en Roumanie, pour aboutir à la condamnation de dirigeants d’organisations sionistes.