56 5. Technique de l’extermination

On rencontre, dans la technique de l’extermination par le froid, la faim, la maladie, l’abaissement, de désespoir, l’asphyxie, une horreur qui dépasse les mots. Mais les mesures préparatoires, les étapes de la ségrégation et de l’encerclement moral qui livraient les Juifs à la machine de mort ont un caractère aussi inexorable. Les Juifs eux-mêmes ne semblent pas avoir soupçonné, au début, qu’on eût l’intention arrêtée de les tuer de sang-froid, sans pogrome. A cet égard, le témoignage de Marc Dvorjetski sur le ghetto de Vilna est saisissant : la première rescapée qui vint raconter les exécutions perpétrées dans le voisinage ne fut pas crue par les plus pessimistes des futures victimes. Plus tard, les Juifs d’Occident déportés à l’Est ne croyaient pas davantage les avertissements des Juifs lithuaniens enfin détrompés. D’un ghetto à l’autre, on ne croyait pas les nouvelles les plus affreuses[1]. En 1941, les Nazis annoncèrent à Kiev un «transfert» de Juifs : on pensait en exterminer, par cette fourberie, de cinq à six mille ; il en vint plus de trente, qui «croyaient à ce fameux transfert, (dit un compte rendu nazi) jusqu’au dernier moment avant leur exécution, grâce à une organisation des plus habiles[2]». L’inaptitude des Juifs, pourtant persuadés qu’on les haïssait, à imaginer les réalités qu’on leur avait préparées est soulignée par tous les observateurs. Y a-t-il rien de plus accablant pour le racisme national-socialiste ?

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L’arme la moins spectaculaire, mais non pas la moins mortelle des national-socialistes, ce fut la faim. On recourut à la faim avant le ghetto, dans le ghetto et dans le camp de concentration.

Les Juifs allemands, selon le décret codifiant leur ravitaillement (18 septembre 1942), se voyaient privés de leurs cartes de viande, d’œufs et de lait. Leurs cartes de pain n’étaient honorées qu’en produits de seigle. Aucune disposition relative aux malades, aux infirmes, aux femmes enceintes n’était valable pour les Juifs. Les nourrissons ne pouvaient recevoir que du lait écrémé. Il s’agit bien d’une codification ; si toutes ces règles n’ont pas été décrétées à la fois, elles s’ajoutaient, avant 1942, les unes aux autres. Un Juif recevait-il de l’étranger un colis de vivres ? L’administration des douanes signalait la chose, car «la totalité des vivres reçus par les Juifs de l’étranger à titre de don sera imputée sur la ration du destinataire[3]». Aux Pays-Bas, les Juifs n’avaient pas le droit d’acheter de fruits, ni de poisson[4]. En Pologne occupée, au cours d’une séance de son cabinet, Frank déclarait en octobre 1941 : «Ces rations alimentaires ne sont pas suffisantes non plus… La mortalité sera, sans aucun doute, en augmentation pendant l’hiver. Mais cette guerre comporte la liquidation totale de la juiverie[5]

Le ghetto vécut dans la famine, dès qu’il fut constitué ; et les cyniques paroles de Frank permettent d’écrire qu’on escomptait fermement que les Juifs y mourraient de faim. On ne laissait pénétrer dans le ghetto que les nourritures les moins riches. Les maladies de la faim y étaient de règle. On alla jusqu’à interdire l’entrée de tout colis postal de ravitaillement en provenance de l’étranger[6]. Le rapport de l’administrateur allemand du ghetto de Lodz, en avril 1943, souligne que le ravitaillement des Juifs travaillant en usine pour l’armée allemande «est devenu inadmissible (…) : les ouvriers, en particulier ceux qui travaillent debout, s’effondrent à leurs emplacements de travail[7]». – L’intérêt de l’armée devrait cependant s’incliner devant la passion antisémite. Frank écrivait dans son Journal, le 24 août 1942 : «Que nous ayons condamné à mort un ou deux millions de Juifs doit être dit en passant ; si les Juifs ne meurent pas de faim, les mesures seront intensifiées[8]

La faim dans le ghetto préparait les Juifs aux derniers assauts de la famine des camps de concentration.

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C’était là une espèce de condamnation à mort, lente et silencieuse. D’autres méthodes furent imaginées pour aboutir à l’élimination méthodique des Juifs. Le Rapport du gouvernement belge au Procès de Nuremberg résume clairement les cinq phases du plan national-socialiste : «1. Rassembler et isoler les Juifs ; 2. Inventorier leurs biens et leur enlever la possibilité de gagner leur subsistance ; 3. les déporter de leur lieu d’origine ; 4. Exploiter leurs forces jusqu’à l’épuisement, les anéantir ensuite dans les chambres à gaz ; 5. Faire disparaître enfin toute trace de leur existence par la crémation[9].» Il fallait avant toute chose, avoir constamment les Juifs sous la main. On y parvint par une série de mesures juridiques qui dénouaient l’écheveau des intérêts emmêlés des «Aryens» et des Juifs, et éveillaient la cupidité des premiers contre les seconds[10].

On divisait aussi les futures victimes en catégories, mouvantes et illusoires, qui énervaient les ressources morales des Juifs[11]. En Occident, où l’état civil ne permettait pas d’établir de listes complètes, il fallait procéder à des recensements préalables. C’était la première mesure d’un plan soigneusement prémédité. Dès lors, l’étau légal et policier se resserrait sur les Juifs.

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Une fois les Juifs connus, il devenait indispensable de les rassembler. L’interdiction de voyager, le groupement des Juifs polonais dans les villes[12], et la résidence forcée dans certaines régions déterminées[13], préparaient l’internement des Juifs, sur place d’abord, avec le travail obligatoire pour prétexte, comme ce fut le cas en Belgique et aux Pays-Bas ; puis dans des camps de passage, à l’Ouest, et dans des ghettos à l’Est de l’Europe.

Le ghetto nazi diffère profondément de l’institution qui apparut en Europe à la fin du Moyen-âge. On refoulait alors les Juifs dans un quartier désagréable pour qu’ils eussent envie, grâce à cette pénitence, de se fondre dans la société ; le ghetto était une image de la situation d’Israël dans la Chrétienté ; – corps hostile, mais durable, corps exceptionnel, qu’il fallait humilier, mais qu’on ne pouvait détruire, corps méprisé, qu’il fallait pourtant conquérir. Le ghetto devenait une institution permanente ; on s’y habituait ; mais que certains Juifs se rendissent, plus ou moins librement, à la pression sociale, et on les voyait franchir immédiatement les limites du ghetto. Institution brutale et odieuse, le ghetto ne s’explique nullement par une volonté de destruction. On a même soutenu qu’il permettait aux Juifs de se mieux défendre contre les pogromes, et de maintenir plus sûrement leur judaïsme que s’ils avaient vécu dispersés parmi les Chrétiens. Le ghetto nazi ouvre directement sur l’extermination. Il n’est pas une solution avilissante du problème de la coexistence des Juifs et des non-Juifs, mais l’avant-dernière étape de la vie des Juifs promis aux camps de la destruction. Aussi n’est-il pas surprenant de voir Heydrich en 1938 – avant qu’on se fût décidé à détruire physiquement les Juifs – s’opposer à la création de ghettos dans les grandes villes allemandes, aussi bien qu’à la transformation de villes particulières en ghettos. Selon Heydrich et Frick, il n’y avait qu’une solution : «évacuer» les Juifs vers l’étranger[14]. – Vers la mort dès que le ghetto apparut dans le monde nazi. Si le premier ghetto, celui de Lodz, fut créé en décembre 1939 parce que l’évacuation de la ville, désormais allemande, était impossible, les ghettos se multiplièrent en Pologne à l’époque (fin 1940 et début 1941) où les grandes décisions se mûrissaient à Berlin[15].

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Pour obliger les Juifs à dépendre en toutes choses des Allemands, et creuser plus profondément le fossé entre les populations non juives et les Israélites, on créa des groupements juifs «représentatifs» dans chacun des pays envahis, de même qu’on imposait, pour d’autres raisons, un Judenrat dans chaque ghetto de Pologne. (On évita soigneusement de créer une union des Juifs polonais.) Le groupement devait, par la docilité ou l’intimidation, préparer la «solution finale du problème juif». Il y eut donc une Union des Juifs d’Allemagne, l’Union Générale des Israélites de France[16], l’Association des Juifs de Belgique, le Conseil juif des Pays-Bas, etc. On peut même se demander si les racistes ne se servaient pas de ces associations pour triompher des hésitations des antisémites de la vieille école. Quand Vallat prétendait ne pas vouloir confondre les Juifs depuis longtemps assimilés (ou les Juifs anciens combattants) avec les Juifs étrangers[17], l’institution de l’Union Générale des Israélites de France par le même Vallat suffisait à faire voler ces distinctions en éclats puisqu’on opposait une «race» à une autre : baptisés ou non, étrangers ou non, patriotes ou apatrides, les Juifs étaient confondus dans l’Union Générale des Israélites de France, qu’ils le voulussent ou non. C’est ce que disait trop bien le communiqué de Vichy : «Les intérêts du peuple juif [étaient] désormais représentés auprès des pouvoirs publics[18]

S’étonnera-t-on, dans ces conditions, que les Allemands, aient fini par déporter des titulaires de la croix de fer, et même pour reprendre la terminologie du document officiel, des «demi-Aryens» et des «trois-quarts d’Aryens[19] ?» Dans les Etats d’Occident, après avoir laissé croire que les Juifs «étrangers» seraient les seuls qu’on déporterait, on s’en prenait aux citoyens du pays occupé, en violant au besoin la promesse officielle de l’administration militaire allemande, ainsi que les Juifs belges l’apprirent à leurs dépens[20]. Aux Pays-Bas, cinq cents personnes qui avaient «bien servi l’Etat» furent exceptées de la déportation, rassemblées à l’écart des autres, et finalement envoyées à la mort malgré toutes les garanties officielles[21].

De vulgaires raffinements de haine s’ajoutaient çà et là aux mesures valables pour toute l’Europe. Chaque pays connut l’interminable liste des professions interdites aux Juifs, qui révélaient par de surprenants détails l’autonomie, mais non pas la modération, de chacun des services antisémites qui obéissaient aux directives de Berlin. Le couvre-feu durait plus longtemps pour les Juifs que pour les populations occupées : les Juifs pouvaient sortir treize heures sur vingt quatre en Belgique et quatorze en France et aux Pays-Bas ; mais en revanche, dans ces deux pays, les Allemands essayèrent d’obliger les Juifs à ne faire leurs achats que pendant une ou deux heures par jour. En Bulgarie, les Juifs n’avaient pas le droit de s’éclairer le soir ; ils ne pouvaient sortir que deux heures par jour, et les abris leur étaient interdits durant les alertes aériennes[22]. En Estonie, où ils étaient peu nombreux, on leur interdisait l’usage des trottoirs[23]. En Pologne, on arrachait les pierres tombales des cimetières juifs pour en paver les rues[24]. La haine est plus forte que la mort.

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Haute et basse délation : c’est tout le sens de l’étoile jaune. Heydrich préconisait dès 1938 quelque moyen de «surveillance des Juifs par l’œil vigilant de la population[25]» L’étoile jaune transformait chaque voisin d’un Juif en son surveillant, souvent inconscient et parfois même malveillant, quand ce n’était pas en auxiliaire de la police. On terrorisait les Juifs, on rendait leur fuite plus difficile. Si la zone sud ne connut pas, en France, l’étoile jaune, ni non plus le Danemark (dont le roi s’était déclaré prêt à la porter ; les Allemands n’insistèrent pas), le brassard ou le carré de tissu jaunes furent introduits en Pologne, en Allemagne, en France occupée, aux Pays-Bas, en Belgique[26]. Entre cette mesure et la déportation, il y avait un lien immédiat.

La déportation préparait l’extermination ; mais elle coûtait cher ; on réussit à en faire une source de profits. Le pillage des biens des déportés allait de soi : ne s’agissait-il pas de condamnés à mort ? Encore pouvaient-ils rendre quelques services au Reich :

– emporter de légers bagages, dont le poids total n’était pas négligeable ; en surplus, on s’en servait pour faire gratuitement la charité selon les nécessités de la propagande et les besoins du Secours d’Hiver[27] ;

– livrer à la Reichsbank les bijoux, l’or, les devises emportés par les Juifs dans l’espoir d’en tirer quelque dernier et relatif profit[28].

– fournir, s’ils parvenaient à résister à l’abominable épreuve du voyage et s’ils n’étaient pas exterminés à l’arrivée, un ultime effort en travaillant quelques semaines ou quelques mois encore : les Juifs n’étaient pas indignes de contribuer aux bénéfices de «l’Office central économique et administratif S. S.», véritable trust créé par Himmler pour exploiter le travail des esclaves, juifs et non juifs[29] ;

offrir, au seuil de la mort, les cheveux aux besoins militaires du Reich[30] ; et la mort à peine consommée, abandonner lunettes et dents en or aux mains juives (vouées à l’assassinat), qui arracheraient ces dépouilles, utiles ou précieuses[31] ;

– servir enfin de savon – ou d’engrais – après avoir réduits en cendres.

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Voici le départ d’un convoi. Il s’agit d’en tirer quelque bénéfice supplémentaire. Dans les pays occupés, les Etats sont invités à payer une redevance pour tout Juif déporté. Libre aux gouvernements, d’ailleurs, de se rembourser sur les biens des victimes[32]. On demandait encore à ces gouvernements une contribution en ravitaillement – que les Juifs, bien entendu, ne devaient guère toucher ; on exigeait quinze jours de nourriture du Ravitaillement français, en pain, farine, orge, haricots, «en sacs, dans un wagon spécial de marchandises». Et la note que nous citons poursuit : «Pour obtenir le ravitaillement, on fera valoir aux autorités françaises que les personnes formant le convoi quitteront incessamment le secteur français de ravitaillement[33].» L’Union Générale des Israélites de France devait, elle aussi, participer aux frais du convoi. Elle fournirait un équipement en linge et vêtements[34].

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Mais la volonté d’extermination l’emportait sur les bénéfices éventuels de la déportation. De toute manière, et aussi dure qu’elle fût envers les Juifs, l’exigence économique ne devait pas devenir une hérésie raciste. Himmler écrivait le 13 août 1943 : «De différents côtés il m’a été signalé que l’attitude de certaines administrations allemandes à l’égard des Juifs a pris dans les territoires occupés de l’Est un cours troublant…» Il s’agissait d’entreprises qui, selon les meilleurs principes de l’esclavage, cherchaient à tirer des Juifs le parti le plus avantageux, et qui par conséquent voulaient prolonger les services qu’on en attendait. La ségrégation totale, le labeur physique à l’exclusion de tout autre travail, voilà ce que Himmler prescrivait aux entreprises. Quand on connaît les conditions dans lesquelles travaillaient les Juifs, la circulaire de Himmler équivalait à un verdict de mort[35]. C’est encore Himmler qui avait précisé que tout convoi devait comporter 10 % d’inaptes au travail ; et un ordre d’Eichmann permettait l’organisation de convois d’enfants[36]. L’esclavage n’était que le prélude de la destruction, but essentiel et suprême pensée du racisme.

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Certains détails font comprendre ce que l’esprit se refuse à concevoir.

Dannecker, organisateur de la déportation de France, décidait qu’on «parlera seulement de la transplantation des Juifs. Cette version aura l’avantage de permettre la déportation de familles entières auxquelles on donnera l’espoir de faire venir plus tard leurs enfants de moins de 16 ans[37]». Brunner, responsable du camp de Drancy, envoyait des Juifs chercher à Paris, pour les ramener au camp, certains de leurs parents. La menace de la déportation immédiate de la femme et des enfants, détenus à Drancy, obligeait les malheureux à remplir leur mission en cédant au chantage[38]. En Belgique, on recrutait des volontaires pour les travaux pénibles en leur garantissant que leurs familles ne seraient pas déportées – puis on envoyait à la mort les uns et les autres[39]. On profitait du moindre incident pour exiger de nouvelles déportations en Bulgarie. Un document prévoit que «les Juifs seront arrêtés et fusillés dès qu’un motif spécial le permettra ; il s’agira en l’occurrence de petites exécutions de cinquante à cent personnes[40]». Aux Pays-Bas, les cendres des premiers déportés furent vendues aux familles soixante-quinze florins, et les Juifs aveugles – ce fut aussi le cas en France – ne trouvèrent pas grâce devant la déportation[41]. On n’hésitait pas à déporter des Juifs de quatre-vingt-dix, de quatre-vingt-dix-sept ans[42].

La vie juive n’ayant aucune valeur, il était indifférent de brûler un hôpital juif, avec ses malades – dont on disait ensuite qu’ils étaient lépreux ; il était logique d’exiger que l’avortement fût de rigueur au ghetto[43] ; il était permis d’obliger des Juifs hongrois à écrire des lettres rassurantes d’Auschwitz, d’où un S. S. s’en alla les distribuer à Budapest[44].

Les Églises des Pays-Bas ayant manifesté l’intention de protester contre les déportations de Juifs, on leur fit savoir en juillet 1942 que les Juifs baptisés seraient déportés si le télégramme de protestation était lu durant les offices. Les Catholiques ne cédèrent pas : les Juifs catholiques furent déportés[45].

L’une des équipes de tueurs S. S. stationnée à Jitomir, dans un compte rendu d’août 1941 rapporte : «A Winnitsa… le chef du commando a adopté une méthode nouvelle. Il a fait venir le rabbin le plus influent de la ville et l’a chargé de faire venir dans les vingt-quatre heures tous les membres de l’intelligentzia juive dont la collaboration a été jugée nécessaire pour certains travaux de recensement ; comme le nombre de personnes n’a pas été suffisant, on les a renvoyées en leur demandant d’en rechercher d’autres de leur propre initiative et de revenir avec les nouveaux le lendemain. Après avoir renouvelé cette manœuvre une troisième fois, on a réussi à toucher la quasi-totalité de l’élite juive, liquidée aussitôt[46].» Après tout, les grands chefs des tueurs, à Berlin, n’avaient-ils pas inventé le Ghetto de Theresienstadt pour tromper la Croix-Rouge internationale ? Puis un jour, on appela vingt mille hommes de ce camp modèle pour quelque «travail». Ils furent gazés dès leur arrivée à Auschwitz. Quelques jours plus tard, on «autorisait» vingt mille femmes et enfants à rejoindre les hommes. Leur sort était scellé avant même leur arrivée[47].

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Il arrivait très rarement que pour des raisons politiques ou économiques, on exceptât pour un certain temps quelques Juifs de la déportation. Aux Pays-Bas, pour sauvegarder le principe de l’anéantissement du judaïsme à défaut de celui de la totalité des Juifs, on stérilisa ces non-déportables. Les «conjoints d’Aryens» y furent exceptés de la déportation, et de l’étoile jaune, à la même condition[48].

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Une fois les foules juives parquées dans un espace clos, il fallait enfin les exterminer. Les subordonnés s’ingénièrent à appliquer les consignes avec «une cruauté froide, pédante et méthodique». (Ce sont les propres paroles du Président de la République fédérale allemande, Theodor Heuss, pour caractériser l’apport spécifiquement allemand à l’antisémitisme [49]).

Outre la faim et l’épuisement, trop lents à «résoudre la question juive», les exterminateurs essayèrent plusieurs procédés avant de découvrir la méthode la plus efficace. Car s’il s’agissait de faire périr tous les Juifs, encore fallait-il tenir compte des dangers d’une publicité dont on ne pouvait prévoir les remous, proches ou lointains.

On recourut d’abord à l’assassinat en série. Dans l’espace russe conquis par l’armée allemande, l’opinion publique ne comptait pas. Pour Léon Poliakov, l’activité des groupements spéciaux de S. S. – Einsatzgruppen -, relevait «d’une technique rudimentaire de fusillades et de fosses communes, à laquelle le terme d’exterminations chaotiques peut être appliqué[50]». Quatre groupes de cinq cents à huit cents hommes sous les ordres de quatre généraux S. S., s’efforçaient, avec un succès souvent très relatif, de susciter des massacres populaires, ou «pogromes» sur les arrières des lignes allemandes. Mais les groupes d’extermination comptaient surtout sur leur propre activité. Ils conduisaient les Juifs à quelque distance de leur localité et les fusillaient auprès d’un ravin ou d’une fosse, après les avoir volés. Femmes, vieillards, enfants ne bénéficiaient d’aucune exception. On évalue à un million cinq cent mille les victimes de ces massacres. En dehors des territoires soviétiques, le procédé ne fut employé qu’en Serbie, et dans une certaine mesure par les Hongrois de Szalassy en 1944. Quand la fortune des armes obligea les Allemands à reculer devant les Russes, un service spécialisé supprima systématiquement les traces des massacres en exhumant les victimes pour les brûler.

Si les conditions s’y prêtaient, les noyades débarrassaient silencieusement les Nazis de leurs victimes. On en connaît un exemple en Crimée, un autre en mer Egée[51]. En certaines circonstances, on faisait périr les Juifs dans un incendie. A Auschwitz, on brûla des enfants vivants, sans les avoir asphyxiés ; en Pologne, la chaux vive dévora des Juifs descendus dans une fosse et arrosés au jet d’eau[52].

Ce sont les Einsatzgruppen qui recoururent les premiers à l’asphyxie : Des camions camouflés en maisons roulantes se déplaçaient dans la campagne russe, à partir du printemps de 1942. On dirigeait les gaz d’échappement du moteur Diesel vers la chambre où les Juifs, entassés par cinquante environ, mouraient asphyxiés par l’oxyde de carbone. Mais, vite connus, les «camions de la mort» ne tuaient pas assez rapidement les Juifs et prêtaient à trop de commentaires[53].

Groupés en garage, les «camions de la mort» préfigurent le camp d’extermination par les gaz[54]. L’industrie de l’asphyxie demeurait d’abord fidèle à l’oxyde de carbone. Les premiers grands camps de la mort polonais – Chelmno, Belzec, Sobibor, Treblinka – furent le théâtre de l’utilisation méthodique des recherches sur l’euthanasie poursuivies en Allemagne, où l’on avait déjà construit des «salles de douches» pour les malades mentaux qui, au nombre de soixante-dix mille, avaient été jusqu’au milieu de 1941 asphyxiés à l’oxyde de carbone, puis incinérés dans des crématoires. Les spécialistes de l’euthanasie furent affectés aux camps juifs de Pologne après que Hitler eut été obligé d’interrompre l’extermination des bouches inutiles devant l’inquiétude de l’opinion allemande. Dès l’année 1942, les installations érigées en Pologne industrialisèrent l’assassinat en réduisant le crime à de la cendre et de la fumée[55].

Auschwitz d’abord, Maïdanek ensuite n’ajoutèrent rien à l’horreur de la mort ; mais ils illustrent l’endurcissement des bourreaux, et l’épouvantable recherche d’une perfection technique dans le crime. Car les quatre camps polonais, avec un million huit cent cinquante mille victimes, ne suffisaient pas à exterminer les Juifs au rythme voulu par Hitler et Himmler. Il leur fallait «un gaz fonctionnant plus vite et plus toxique». Or, on se servait d’un gaz dérivé de l’acide prussique, le «Zyklon B», pour la désinfection des casernes d’Auschwitz. On pense que c’est dans les caves de deux bâtiments de Birkenau, le 15 septembre 1941, qu’on expérimenta l’acide prussique sur des Russes, malades ou prisonniers. On transforma ces bâtiments en chambres à gaz ; il n’y avait pas encore de crématoire ; les cadavres étaient brûlés à l’air libre. Un Protestant antinazi, par le témoignage duquel ces horreurs nous sont connues, le Dr Kurt Gerstein, entré au service des S. S. pour dénoncer l’euthanasie, mais victime de l’engrenage, fut chargé de mettre au point l’utilisation du «Zyklon B». En 1943 enfin, quatre nouvelles installations furent inaugurées à Auschwitz : elles groupaient les salles d’asphyxies et les crématoires. Les convois débarquaient à proximité.

Le Dr Miklos Nyiszli a décrit l’anéantissement des Juifs à leur arrivée à Auschwitz. Tandis que l’on partageait sommairement les nouveaux arrivés en «valides» et en «inutiles», les ventilateurs attisaient le feu de quinze fours crématoires. On racontait aux condamnés qu’ils allaient pénétrer dans un camp de malades et d’enfants ; on les laissait boire avant d’entrer dans une vaste pièce où ils pouvaient lire en allemand, en français, en grec et en hongrois : Bains et salle de désinfection. «Ils descendent presque gaiement l’escalier.» un savon en pierre de sable à la main, les malheureux se déshabillaient en faisant eux-mêmes, sans le savoir, le triage de leurs vêtements. Nus, ils étaient introduits dans la salle où le gaz les tuait en cinq minutes. Le «Zyklon B» était apporté de l’extérieur, par des voitures pourvues de l’insigne international de la Croix-Rouge. On attendait vingt-cinq autres minutes avant de mettre en marche les appareils d’aération.

Il est un respect de la mort qui ne permet pas de résumer les témoignages sur l’état où l’asphyxie réduisait les corps des victimes[56].

Le R. P. Congar a-t-il tort d’écrire à propos d’Auschwitz, que c’est «le plus grand crime de toute l’histoire humaine[57]» ?

La disparition des cadavres posait des problèmes difficiles. Il fallait découvrir les solutions les plus commodes pour entasser les morts dans les fosses, et pour les en tirer le moment venu, afin d’anéantir, après les Juifs eux-mêmes, jusqu’au souvenir de cet anéantissement. Il fallait parvenir à brûler rapidement, en plein air, des corps qui n’ont pas été créés pour cela. Les crématoires, parfois inutilisables, parfois insuffisants, n’empêchaient pas, à Auschwitz même, l’érection d’immenses bûchers où s’entassaient les asphyxiés. On avait l’habitude de se servir de Juifs pour les travaux de crémation ; puis on les tuait à leur tour. Plus valides que les victimes ordinaires, ils se rebellaient parfois : du moins mouraient-ils en combattant[58].

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Six millions de morts[59]. (Presque le chiffre de la population grecque ; le nombre des Bulgares ou des Suédois…) Le tiers des Juifs du monde entier, la moitié des Juifs d’Europe ; ou si l’on regarde au visage du judaïsme, c’est la disparition du grand foyer de culture yiddish, l’annihilation du judaïsme «émancipé» d’Allemagne, du judaïsme religieux et socialiste de Pologne, de Roumanie et de Russie Blanche, un coup peut-être irrémédiable à l’orthodoxie juive, et surtout au hassidisme.

Six millions… Goering ne voulait pas en convenir ; mais, dit-il à G. M. Gilbert, en présence de ses co-accusés : «Eh ! bien, je doute qu’il s’agisse de six millions… mais, comme je l’ai toujours dit, il suffit que 5 % seulement de cela soit vrai.»

Un silence de mort suivit.[60].


  1. Marc Dvorjetski, Ghetto à l’Est, p. 36, 67, 160, 222, 297.
  2. Monneray, Est, p. 302. - L. Poliakov note l’inconscience des Juifs en général (p. 97, 115, 199, 260) et des Juifs allemands en particulier (p. 13). (Voir, sur l’optimisme des Juifs allemands déportés à Varsovie, M. Mazor, dans Evidences, avril 1951, p. 8 : ou le témoignage des rares rescapés du ghetto de Varsovie dans le reportage d’Henri Amouroux, Israël, Israël..., Domat éd., p. 77.)
  3. Monneray, Est, p. 106-108 ; Poliakov, p. 67.
  4. Monneray, Ouest, p. 233.
  5. Monneray, Est, p. 203.
  6. Poliakov, p. 101.
  7. Voir le rapport dans Poliakov, p. 121.
  8. Cité par Poliakov, p. 47.
  9. Monneray, Ouest, p. 226.
  10. Télégramme envoyé à la Légation de Budapest : «M. le Ministre des Affaires étrangères vous fait savoir que le Führer a pris position... Si des indigènes nous assistent dans l’exécution des mesures antijuives, nous pourrions peut-être leur allouer des dotations puisées dans le capital juif. » (Monnray, Est, p. 232.) Lettre d’un dignitaire S. S. au chef de l’administration allemande en France : «... Il est apparu qu’il est presque impossible de cultiver chez les Français un sentiment antijuif qui reposerait sur des bases idéologiques, tandis que l’offre d’avantages économiques susciterait plus facilement des sympathies pour la lutte antijuive (l’internement de près de 100 000 Juifs étrangers habitant Paris donnerait à de nombreux Français l’occasion de se hisser des couches inférieures aux classes moyennes») (28 février 1941). (Poliakov, p. 59.)
  11. Voir l’étude si suggestive de Marc Dvorjetski, p. 56 ss., sur les «scheins» que les Nazis multipliaient au ghetto de Vilna.
  12. N. Blumenthal, Les Juifs en Europe (1939-1945), recueil collectif, C. D. J. C., éd., p. 200 ss.
  13. En Belgique, Bruxelles, Anvers, Liège et Charleroi. - Aux Pays-Bas, la région d’Amsterdam. En Hongrie, les Juifs devaient être concentrés à Budapest. (Monneray, Ouest, p. 261 ss.) En France, le plan de 1943 prévoyait la concentration de tous les Juifs de zone occupée à Paris. (Monneray, Ouest, p. 195.) - Par contre, les interdictions de séjour en zone libre ne provenaient pas des mêmes perspectives et ne préparaient pas la déportation (Lubetzki, p. 114) ; et si les Italiens en 1943 concentrèrent les Juifs dans la région de Nice, c’était pour les éloigner des Allemands et préparer leur passage en Italie. Le plan échoua, les Alliés ayant débarqué en Italie ; les Allemands envahirent la zone italienne et surent tirer leur parti habituel de cet afflux de Juifs.
  14. Conseil des ministres du 12 novembre 1938. Poliakov, p. 27-29.
  15. Sur les ghettos, voir Poliakov, p. 45, 46.
  16. Sur l’U. G. I. F., voir l’Activité des organisations juives en France sous l’Occupation (C. D. J. C., éd.), ch. XIV ; Monneray, Ouest, p. 96 ; Lubetzki, p. 102 ss., 242 ss. ; Poliakov, p. 102 ss.
  17. La législation n’apportait guère de confirmation à ces velléités verbales. (Cf. Lubetzki, p. 16, 42, 58, etc.)
  18. Communiqué de Vichy, 3 décembre 1941.
  19. Rousset, Le Pitre ne rit pas, p. 153.
  20. Rapport du gouvernement belge, Monneray, Ouest, p. 216.
  21. Rapport du gouvernement des Pays-Bas, Monneray, Ouest, p. 235. - Quelques dizaines de Juifs purent cependant quitter les Pays-Bas, en 1942. Elles avaient donné cinquante mille francs suisses par personne. (Poliakov, p. 198.) Les titulaires de la croix de fer avaient rencontré moins d’égards de la part des autorités national-socialistes.
  22. E. Echkenazy, dans Les Juifs en Europe..., p. 41 ; voir p. 124.
  23. Monneray, Est, p. 297.
  24. Poliakov, p. 92.
  25. Poliakov, p. 38.
  26. On trouvera les détails dans l’étude de Léon Poliakov, L’Etoile jaune (C. D. J. C., éd.).
  27. L. Poliakov, Bréviaire de la haine, p. 90 ss.
  28. Témoignage de Kurt Gerstein, dans Poliakov, p. 223. (Voir encore p. 90.) - En France, on faisait délivrer par l’Union Générale des Israélites de France un reçu en échange des devises détenues par les Juifs ; puis, au, camp de déportation, on confisquait le reçu. (Georges Wellers, De Drancy à Auschwitz, C. D. J. C., éd., p. 112.) On fit croire aux Juifs grecs qu’ils pourraient acheter des terrains près de Cracovie avec les reçus qu’on leur donna. (Poliakov, p. 182.)
  29. Poliakov, p. 84, 233. - On sait qu’en mars 1943, cinquante-deux mille Juifs travaillaient en Pologne dans des usines privées ou appartenant aux S. S. (Poliakov, p. 85.) L’ «I. G. Farben Industrie» a été récemment condamnée par un tribunal civil de Francfort-sur-le-Main pour avoir employé, à vil prix, des déportés d’Auschwitz. (Cahiers de l’Alliance israélite universelle, n° 74, juin 1953, p. 11 ss.) Au tribunal de Nuremberg, dans la séance du26 juin 1946, Speer reconnut qu’il y avait un accord entre Himmler et lui pour l’utilisation des déportés. «Himmler sera un jour notre plus grand entrepreneur», disait Hitler. (Libres Propos, I, p. 127.) Voir l’étude d’O. Wormser : Le Travail concentrationnaire dans l’économie de guerre allemande, Revue d’Histoire de la Deuxième Guerre mondiale, juillet 1954, n° 15-16, et le recueil de textes d’O. Wormser et H. Michel, Tragédie de la Déportation, Hachette, 1955, p. 194.
  30. Kurt Gerstein. (Poliakov, p. 222.)
  31. Poliakov, p. 91-92, qui conclut à bon droit : «Plus même que l’horreur, c’est l’organisation bureaucratique de l’horreur qui frappe l’imagination» (p. 92).
  32. Monneray, Est, p. 242 ; Ouest, p. 61 ; Joseph Weill, Contribution à l’histoire des camps d’internement de l’anti-France (C. D. J. C. éd.), p. 185. Le gouvernement de Vichy et la Bulgarie refusèrent de payer cette taxe. (Poliakov, p. 93.)
  33. Monneray, Ouest, p. 188.
  34. Georges Wellers, p. 111 ss.
  35. Poliakov, p. 86.
  36. Monneray, Ouest, p. 126, 197.
  37. Monneray, Ouest, p. 185.
  38. G. Wellers, p. 99; - Voir un cas du même ordre à Berlin, dans Poliakov, p.169.
  39. Monneray, Ouest, p. 213, 220.
  40. Monneray, Est, p. 251, 287.
  41. Monneray, Ouest, p. 231, 235 ; Joseph Weill, p. 207.
  42. Poliakov, p. 55 ; Monneray, Ouest, p. 242.
  43. M. Dvorjetski, p. 133, 134.
  44. Monneray, Est, p. 219.
  45. W. Visser t’Hooft, L’Eglise sentinelle, p. 45, 58.
  46. Monneray, Est, p. 292.
  47. Poliakov, p. 123 ; Miklos Nyiszli, S. S. Mengele, Les Temps modernes, n° 66, avril 1951, p. 1881.
  48. Monneray, Ouest, p. 313 ; Poliakov, p. 197.
  49. Discours du 7 décembre 1949, dans les Cahiers sioniens, juin 1950, p. 118
  50. Poliakov, p. 130. - Voir le détail et les références, p. 133, 137-139, 140, 143, 159, 180, 185. Dans les camps dépourvus de chambres d’asphyxie, c’est d’une balle dans la nuque qu’on tuait encore, par économie, des groupes peu nombreux de Juifs (Miklos Nyiszli, art. cité.)
  51. Poliakov, p. 142, 182.
  52. Poliakov, p. 142, 209 ; Henri Berr, Allemagne, le Contre et le Pour, p. 23.
  53. Poliakov, p. 142.
  54. Poliakov, p. 219.
  55. Poliakov, p. 209, 210, 212, 217, 223.
  56. Poliakov, p. 209, 221, 224, 227-228, 238. Témoignage de Kurt Gerstein dans Poliakov, p. 220-224. Voir encore, pour les détails, Poliakov, p. 230, 231, 234, 235 ; Miklos Nyiszli, art. cité ; O. Wormser et H. Michel, p. 441.
  57. R. P. Yves Congar, L’Eglise catholique devant la question raciale, p. 19. [[Parmi les nombreux livres consacrés par les spécialistes à l’extermination des Juifs d’Europe, on peut suggérer les références suivantes :  Raul Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe, Fayard, Paris, 1985 ; Exécuteurs, victimes, témoins. La catastrophe juive 1933-1945, Gallimard, Paris, 1992 ; Saul Friedländer, L’Allemagne nazie et les Juifs:les années de persécution, 1933-1945, Tome 1, Paris, Le Seuil, 1997, rééd. 2008, et Tome 2, Paris, Le Seuil, 2008; etc.. (M.-Th. Martin)]]
  58. Poliakov, p. 224, 225, 228, 230, 231, 236 ; voir l’article de M. Nyiszli ; et O. Wormser et H. Michel, p. 438. On anéantissait au lance-flammes les Juifs affectés à ces affreuses besognes.
  59. On consultera la discussion de ce chiffre, par Léon Poliakov, dans le numéro de novembre 1951 d’Evidences. Devant les doutes élevés en Allemagne, la direction de l’Eglise évangélique du Hanovre s’était adressée en juin 1951 au Centre de Documentation Juive Contemporaine de Paris pour obtenir des précisions sur la méthode historique employée dans la recherche du chiffre des victimes juives. On ne saurait trop souligner l’importance de cette collaboration scientifique entre les Juifs et les Chrétiens. Voir, dans O. Wormser et H. Michel, les précisions sur le camouflage statistique et administratif d’un grand nombre d’assassinats.
  60. G.-M. Gilbert, Le Journal de Nuremberg, p. 158.

7 Responses to 5. Technique de l’extermination

  1. martin sur janvier 9, 2014 à 2:41 says:

    Bonjour. Je pense qu’on pourrait ajouter à cette liste les deux livres de Saul Friedländer:
    « L’Allemagne nazie et les Juifs:les années de persécution, 1933-1945 », Tome 1, Paris, Le Seuil, 1997, rééd. 2008.
    « L’Allemagne nazie et les Juifs: les années d’extermination, 1939-1945″Tome 2,
    Paris, Le Seuil, 2008.

    • Macina sur janvier 9, 2014 à 2:51 says:

      Merci, Marie-Thérèse.

      Il n’y a pas de liste de livres dans ce chapitre. Je pense que par liste, tu fais allusion aux notes bibliographiques. Mais pour contribuer utilement à la mise à jour de ce livre, il faut indiquer où tu conseilles d’insérer ta suggestion bibliographique. Elle doit impérativement se raccrocher à une partie du texte.
      A défaut, indique l’endroit précis où tu estimes que ta suggestion doit s’insérer (indique les mots où la phrase)et j’ajouterai moi-même une note incluant ta suggestion.

      Merci.

  2. martin sur janvier 9, 2014 à 4:31 says:

    Merci, Menahem.En complément de la note 57, »Auschwitz est le plus grand crime de toute l’histoire humaine ».

  3. martin sur janvier 10, 2014 à 6:59 says:

    Je pense qu’il vaut mieux annuler ce que j’ai écrit, l’antisémitisme nazi est connu de tous ceux qui se sont senti interpellé par la Shohah.
    Marci.

    • macina sur janvier 10, 2014 à 12:30 says:

      Pourquoi annuler? C’est une information utile.

      J’ai donc intégré ta suggestion en l’enrichissant un peu.

      Merci.

  4. martin sur janvier 11, 2014 à 2:48 says:

    Merci, Menahem,
    il y a une petite faute de frappe,2 phrases avant (45) »Les Eglises des Pays-Das »…
    Shabbat Shalom
    m.th

    • macina sur janvier 11, 2014 à 3:38 says:

      Merci pour le signalement de cette coquille ridicule.

      Pays-Das, was ist das!

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