24 7. Essai de conclusion : causes de l’antisémitisme de différenciation

 

Nul ne saurait s’étonner que le nouveau message de l’Église exigeât une rupture d’autant plus nécessaire avec le judaïsme que celui-ci avait renié l’universalisme alexandrin. La Tradition apostolique exprime cette rupture en demandant qu’un «fabricant de phylactères» candidat au baptême «cesse, ou qu’on le renvoie[1]». L’antijudaïsme décidé de cette interdiction doit être comparé au refus d’admettre dans l’Église les fabricants d’idoles ; rien de plus naturel que cet antipaganisme et cet antijudaïsme pratiques.

Pourvu que ces décisions interviennent dans un climat de sérénité théologique. La différenciation entre les deux dogmes comportait le risque d’un extrémisme réciproque ; c’était, c’est une source d’antisémitisme chrétien, en quelque sorte congénitale, que le christianisme portera toujours en lui, comme une déviation constamment possible, et qui ne pourrait disparaître qu’au prix d’une abdication du contenu évangélique du message chrétien. Mais d’autres causes, surgies à la faveur des situations historiques, furent plus puissantes, plus actives peut-être. Si les premières églises ont accueilli des Juifs, et des Gentils déjà marqués par le judaïsme, elles ont vu venir à elles de ces Païens qui n’avaient connu au sujet des Juifs, que les rumeurs antisémites si vivaces dans les cités hellénistiques et romaines. Les premières églises chrétiennes ont été dressées, à la fois sur les champs de mission du prosélytisme juif, mais aussi dans le halo antisémite que chaque communauté juive avait vu s’épaissir autour d’elle avec le temps. Comment ne pas se demander si l’Église d’Alexandrie, dont nous savons si peu de choses, n’a pas bénéficié du labeur du judaïsme alexandrin tout en recueillant les préventions d’un antisémitisme séculaire ? Lorsque la grande majorité des Alexandrins s’est ralliée à l’Église, elle avait dans le sang les calomnies d’Apion. Les convertis chrétiens, qu’ils vinssent du paganisme, du manichéisme, du gnosticisme, brûlaient leurs idoles, certes, mais non pas tous leurs préjugés ni toutes leur passions. Et peut-être ne leur demandait-on pas de détruire l’antisémitisme qu’ils portaient en eux. Il nous est impossible de mesurer l’importance des préjugés qu’ils introduisaient dans l’Église ; à trop insister sur ce point, à trop le nier aussi, on manifesterait des intentions fâcheusement polémiques. Contentons-nous de rappeler cette circonstance, sans prétendre en préciser le rôle exact.

Dans la recherche des facteurs proprement chrétiens de l’antisémitisme de différenciation, il faut encore faire la part du dépit éprouvé par l’Église devant le refus opposé par les Juifs à l’Evangile, et leur endurcissement à l’égard de la prédication chrétienne. On sent déjà dans l‘Epître aux Romains que saint Paul cherche à persuader les fidèles que le scandale de la non-conversion des Juifs ne doit pas être la source de mauvais sentiments à leur endroit. Certains soupçonnent ce dépit dans le IVe Evangile[2]. Des textes plus explicites traduisent en tout cas la naissance d’un antisémitisme qui reproche violemment aux Juifs de ne pas accomplir la démarche spirituelle qui rendrait  inutile l’hostilité qui les accompagne. On en arrive finalement à des formules comme celle de Commodien : «Eternels méchants, récalcitrants au cou sans souplesse, vous ne vous laissez pas convaincre : aussi serez-vous déshérités[3].

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Par un sophisme paradoxal, ce sont ceux qui mettent volontiers l’accent sur la tardive et lente élaboration des dogmes chrétiens, qui veulent établir leur lourde responsabilité dans les origines de l’antisémitisme chrétien. Mais la défensive chrétienne n’est pas toujours plus heureuse. Pourquoi ne pas admettre que ce sont des causes historiques, c’est-à-dire les conséquences des rapports quotidiens, et parfois triviaux, des Juifs et des Chrétiens, qui expliquent l’exégèse des textes ou accentuent l’interprétation des dogmes ? Luther, un jour, après avoir nourri l’espoir de convertir les Juifs enregistrera l’amertume de l’échec, et la fera rejaillir sur eux[4]. Mahomet avant lui, avait cédé aux mêmes penchants du cœur humain. On ne peut pas douter que les Chrétiens n’aient vu dans la non-conversion des Juifs un échec sanglant. Nous interprétons les conquêtes chrétiennes du Ier et du IIe siècle comme une victoire où le refus juif s’inscrirait à peu près sous les modestes apparences d’un échec tactique dans un triomphe stratégique. Mais, nourris de l’Ecriture, les premiers Chrétiens ne regardaient pas Israël comme une nation parmi d’autres. L’échec de la prédication auprès des Juifs était aussi important que sa réussite auprès des Gentils. Cette réussite même soulignait cet échec des prédicateurs – ou la mauvaise foi et l’aveuglement des Juifs. Troublant refus, véritable écharde dans la mission de l’Église[5]. Comment ne pas penser que le dépit, l’étonnement, le scandale aient été les motifs d’une interprétation de plus en plus hostile des textes sur Israël qu’on lisait dans le Nouveau Testament, et dans l’Ancien ?

Le judaïsme ne se contentait pas de décourager les masses chrétiennes qui l’assiégeaient : un judaïsme sans victoire eût affronté une Église moins malveillante ; Chrysostome comptait davantage les présences chrétiennes aux fêtes juives d’Antioche, que les versets hostiles ou favorables de l’Ecriture. Ni le IIe siècle, ni le IIIe, ni le IVe,ni le V e n’aperçoivent encore nettement le repli du judaïsme. S’il portait déjà sa défaite au secret de sa doctrine, l’Église ne voulait voir que ses victoires, elle comptait les prosélytes païens attirés par la Synagogue, elle mesurait le prestige conservé par les rites juifs jusque dans son propre sein[6] ; et c’est de cette inquiétude et de cette rancune que, peut-être, l’antisémitisme chrétien s’est longtemps nourri. «Si l’on dépeint les Juifs sous de si noires couleurs, c’est que nombre de fidèles ne les sentent pas d’emblée abominables. La raison profonde de cet antisémitisme, c’est la vitalité religieuse du judaïsme… Voilà le grief initial. Il n’est ni dans le passé biblique ni dans l’histoire évangélique, mais bien dans la réalité quotidienne du présent…[7]»

Les tendances judaïsantes qui, sous des noms différents, persistaient ou renaissaient dans l’Église ancienne, constituent une autre source permanente d’antisémitisme. Les Pagano-Chrétiens auront plus d’une fois attaqué les Juifs pour disqualifier les Judéo-Chrétiens ; et ceux-ci disparus, les outrances de la polémique se seront transformées en habitude… Le Juif théorique, forgé de toutes pièces – mais non pas avec toutes les citations bibliques – c’est une caricature commode qui doit prémunir les fidèles contre la tentation de judaïser. On ne mesure pas combien ce Juif théorique devient peu à peu un concept théologique de mauvais aloi, totalement détaché de la réalité humaine. Caricature dangereuse, certes ; injuste, c’est l’évidence même ; inconsciente, presque toujours ; mais imprévoyante aussi des conséquences historiques d’un procédé auquel le temps conférera un prestige plus durable que les circonstances où il était né.

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L’héritage du passé païen ou gnostique, la colère née de l’endurcissement juif à la prédication chrétienne, les conséquences de l’inquiétude ecclésiastique en présence du mordant du prosélytisme juif, les contre coups des luttes de l’Église sur le second front gnostique ou sur le front intérieur judéo-chrétien ne suffisent peut-être pas à épuiser les causes de l’hostilité chrétienne ni à expliquer l’élaboration, plus ou moins tardive selon le cas, des grands thèmes antisémites. On ne peut pas oublier que l’Église ancienne fut l’Église de l’espérance. Nous pensons que tous les textes, même hostiles aux Juifs, prennent une autre signification tant qu’ils sont écrits et lus dans l’attente d’une imminente Parousie. Même l’Epître de Barnabé ! Les reproches s’accompagnent alors d’une prière ardente pour la conversion des Juifs. Justin martyr ne peut être compris sans cette prière ni cette espérance[8]. La nocivité de la pseudo «malédiction» des Juifs s’atténuait quand on espérait réellement le prompt accomplissement de l’enseignement paulinien sur la réintégration d’Israël. Le «rejet», dans cette perspective, est essentiellement transitoire ; c’est la «réintégration» qu’on va méditer. – Que l’espérance tiédisse et le «rejet» l’emporte sur une «réintégration» demeurée «de foi», certes, mais en réalité renvoyée à la périphérie de la foi.

L’histoire peut (bien que difficilement) retracer l’évolution de la pensée écrite de l‘Église à propos des Juifs ; elle est désarmée devant sa prière. Il y a si peu de témoignages, il est si difficile de les interpréter… On peut dire qu’Origène espère la réintégration d’Israël[9] ; mais ses contemporains ? et après lui ? Et puis, il est si vrai qu’«il y a prière et prière[10]» ; et c’est la plus vraie qui échappe sans doute à la chronique. On s’aperçoit que plus l’espérance de l’Église s’éloigne, plus l’antisémitisme s’enfle dans la Chrétienté. Le IVe siècle qui assiste au triomphe des thèses théologiques antisémites, voit également la Cité chrétienne supplanter l’attente du Royaume eschatologique dans la pensée et la foi chrétiennes.

On peut se demander si le Retard du Christ n’a pas engendré des griefs antisémites précis. Car on désirait ardemment que s’accomplît la prière eucharistique de la Didachè : «Que ce monde passe ![11]» ; on se demandait sans doute pourquoi le Christ ne paraissait pas (les discussions à propos du retard de l’Incarnation, on le sait, étaient déjà courantes[12]). L’endurcissement des Juifs prolongeait l’histoire en retardant la Parousie. Après avoir humilié l’Église dans sa prédication en méconnaissant le Christ, Israël empêchait la venue de ce Seigneur glorieux que les Rabbins opposaient pourtant aux Apologistes[13].

Tant qu’on a effectivement espéré «la grâce» de la parousie, l’hostilité contre les Juifs était en quelque sorte contenue par l’espérance elle-même. Mais les mauvais sentiments survivent à leurs causes ; l’espérance s’est refroidie, les griefs nés de l’opposition juive à l’accomplissement des promesses se sont ajoutés aux autres reproches.

Le rétrécissement de l’eschatologie aux seuls problèmes d’un Jugement de plus en plus lointain a détaché en quelque sorte les Chrétiens de l’espérance de la réintégration juive. Il a laissé le champ libre aux explications antisémites de l’endurcissement et de la chute d’Israël. La crise de l’espérance chrétienne devint l’une des causes de l’épanouissement de l’antisémitisme chrétien.

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L’Église et la Synagogue ont éprouvé le besoin d’une réciproque différenciation au-delà des limites du IVe siècle. La date historique de 313 ne signifie nullement la fin du prosélytisme juif, ni l’achèvement de l’évolution antihellénistique de la Synagogue, ni le point terminal de la fascination des rites juifs sur les Chrétiens. Dès Constantin, sans doute, une autre situation se manifeste, avec un antisémitisme dont les caractères sont aussi sociologiques que religieux ; mais les motifs de l’antisémitisme de différenciation ne sont pas épuisés pour autant. Les codes impériaux chrétiens mêlent encore les nécessités de la discrimination entre les deux cultes aux règles d’une cité chrétienne. «Il fallait, dit un historien juif, à toute force montrer aux populations païennes fraîchement converties au christianisme la différence des deux religions qu’elles avaient grand-peine à distinguer entre elles. Les premières lois inspirées par l’esprit du catholicisme chrétien n’ont d’autre but que de tracer nettement la séparation entre les Chrétiens et les Juifs. ; mais une fois qu’on était entré dans cette voie il était difficile de s’arrêter[14]

Certaines précisions, suggérées par l’actualité, ne paraîtront peut-être pas inutiles… Dans l’antisémitisme de différenciation même tardif, et dans le naissant antisémitisme d’installation, il n’entre absolument aucune nuance raciale. Les textes les plus violents en sont exempts. Jusqu’au Ve siècle, en tout cas, et longtemps au-delà, les Juifs qui se convertissent obtiennent toute la faveur de l’Église[15]. L’Église ancienne ne voit pas une «race» dans les Juifs, elle ne met pas les défauts qu’elle dénonce au compte d’un déterminisme ethnique, elle regarde les Juifs comme un groupe religieux. Hippolyte de Rome les appelait «les Juifs de la circoncision[16]» et Ignace d’Antioche, dans une formule saisissante, écrivait (il y a de quoi faire frémir l’antisémitisme moderne) : «Si quelqu’un vous interprète [les prophètes] dans le sens du judaïsme, ne l’écoutez pas : mieux vaut entendre le christianisme prêché par un circoncis que le judaïsme prêché par un incirconcis[17]…» Venance Fortunat, quatre siècles plus tard, chantait en ces termes le baptême des Juifs : «L’huile sainte va baptiser la toison des brebis… l’eau du baptême emporte l’âcre odeur du judaïsme[18] … Un parfum plus doux que celui de l’ambroisie flotte sur les têtes [des Juifs] qu’a touchées l’huile sainte[19]

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Pour saint Paul, les Juifs, ennemis de l’Evangile, demeuraient des frères[20] ; mais la dégradation de l’antijudaïsme a fait d’eux, dans la Chrétienté, des ennemis par excellence : Diadoque de Photicè commençant un sermon s’écriait : «Fais-moi venir maintenant les prêtres juifs, car c’est l’heure de chanter victoire[21] !» les Chrétiens étaient devenus comme le dit saint Augustin, les «ennemis déclarés des Juifs[22]», au point que saint Jean Chrysostome parlant des prophéties note tout naturellement : «Elles ne sont pas de notre invention ; nos témoins sont ceux qui ont reçu et conservé ces livres, nos ennemis[23].» S’il est impossible de dater l’époque où elle fut fabriquée, la lampe de terre cuite découverte à Carthage peut servir de symbole : ne représente-t-elle pas le Christ foulant aux pieds le serpent et le chandelier à sept branches renversé[24]?

Comme on est loin de la remarque de Jésus : «Ainsi donc tout scribe devenu disciple du Royaume des Cieux ressemble à un propriétaire qui tire de son trésor du neuf et du vieux[25] …»


  1. Hippolyte de Rome, Tradition apostolique, XVI.
  2. M. Simon, p. 245.
  3. Commodien, cité par P. de Labriolle Histoire de la littérature latine chrétienne, p. 287. - Sur la violence des sentiments de Commodien envers les Juifs, voir les textes cités par Paul Monceaux, Les Colonies juives dans l’Afrique romaine, Revue des Etudes juives, XLIV, 1902, p. 20. B. Blumenkranz, art.  cité, p. 28, hésite à placer Commodien au Ve siècle.
  4. Voir la traduction du traité de Luther, favorable aux Juifs : Que Jésus-Christ est un Juif de naissance. (Foi et Vie, mai 1951). [[Sur l’antisémitisme de Luther, voir, entre autres : Lucie Kaennel, Luther était-il antisémite ? éd. Labor et Fides, 1997, et aussi « L’antisémitisme de Luther selon ses "Propos de Table" », etc. (O. Peel)]]
  5. P.-H. Menoud propose même d’interpréter l’écharde dans la chair dont parle Paul (II Corinthiens, XII, 7) comme l’aveu de sa souffrance à cause de l’échec de l’évangélisation parmi les Juifs (l’Eglise naissante et le judaïsme, Etudes théologiques et religieuses, n°1, 1952, p. 14 ss.) ; et La vie de l’Eglise naissante, Delachaux et Niestlé, p. 50. Mais ne serait-ce pas outrepasser le sens d’un texte entièrement tourné vers l’expérience spirituelle de saint Paul ? (Voir Karl Barth, Dogmatique, trad. française, I, II, 2, p.121.)
  6. M. Simon, p. 86, 379, 432. Voir plus bas, ch. VI, p. 170.
  7. M. Simon, p. 273.
  8. Justin, Dialogue avec Tryphon, LXXVIII, 10 ; XXXV ; XXVI, CXXXIII ; XCVI, 3 ; CVIII, 3 ; CXLII, 3 ; I Apologie, LII, 10.
  9. Voir par exemple les Homélies sur les Nombres, VII, 4-5 ; VI, 4 ; XV, 3 ; XVII, 2-3 ; Homélies sur l’Exode, VI, 9. Mais, dit Origène, c’est une «perspective lointaine» (XIV, 3 ; cf. XVIII, 4). Voir J. Daniélou, Sacramentum futuri, p. 253. [[A propos d’un "Origène moderne", voir Bernard Dupuy, « Les juifs, l’histoire et la fin des temps selon Vladimir Soloviev » (O. Peel)]]
  10. Jules Isaac, Jésus et Israël, 364. [[Cf. Menahem Macina, « Prière "pour les Juifs", ou "pour la conversion des Juifs" ? » (O. Peel)]]
  11. Didachè, X, 6. (Voir XVI.)
  12. Epître à Diognète, ch. IX.
  13. On en a un écho au IVe siècle : «... La seconde parousie, sans laquelle il n’est pas possible de croire à la première, parce que celle-ci n’a pas accompli tout ce qui a été prophétisé. C’est pourquoi les Juifs eux-mêmes refusent de croire, parce que les prophéties de la parousie glorieuse ne se sont pas encore accomplies, car ils ne pensent pas que c’est le Messie qui est venu de cette manière...» (IIe Homélie sur la pâques, publiée par Pierre Nautin, Homélies pascales, II, 19, Sources chrétiennes, n° 36.)
  14. Isidore Loeb, Nouveau Dictionnaire de Géographie universelle (1879) ; art. Juifs, p. 998. Voir aussi, du même, Réflexions sur les Juifs, Revue des Etudes juives, XXVIII, 1893, p. 19.
  15. Juster, I, p. 107, 110 ss.
  16. Hippolyte de Rome, Commentaire à Daniel, I, XV.
  17. Ignace d’Antioche Aux Philadelphiens, VI.
  18. Il ne s’agit bien entendu que d’une métaphore : voir Israël Lévi, Le Juif de la légende, Revue des Etudes juives, XX, 1890, p. 249.
  19. Cité par Juster, I, p. 48.
  20. Romains XI, 28 et IX, 3.
  21. Diadoque de Photicè, Sermon sur l’Ascension, Sources chrétiennes, p. 184.
  22. Augustin, Cité de Dieu, VI, XI.
  23. Saint Jean Chrysostome, Sermon, 201, cité par Mgr Journet, Destinées d’Israël, p. 160.
  24. E. Le Blant, La Controverse des Chrétiens et des Juifs aux premiers siècles de l’Eglise, 1898, p. 19.
  25. Matthieu XIII, 52.