50 7. Le mythe de la conspiration juive

Ainsi donc, l’antisémitisme du ressentiment chrétien, en apparence entièrement négatif à l’égard du monde moderne, doit être regardé comme un mouvement largement perméable aux idées nouvelles, qu’il intègre trop volontiers à ses principes et à ses réflexes d’autrefois. Seulement loin de prendre conscience de cette dépendance à l’égard du siècle, l’antisémitisme du ressentiment n’admet et ne veut connaître qu’une seule influence historique : celle des Juifs, multiforme, irrésistible, sournoise mais pourtant évidente…

Le mythe de la conspiration juive caractérise l’antisémitisme chrétien contemporain beaucoup plus que le reproche de déicide ; le nouveau reproche repose sur la conviction, cent et mille fois répétée par la presse et les conférences, que les Juifs jouissent d’une immense influence, qu’ils témoignent d’une parfaite habileté, que leurs efforts s’inscrivent dans un plan harmonieusement coordonné, que leurs innombrables alliés ne sont capables que d’une absolue bêtise ou d’une soumission intéressée. Il n’est plus un événement dès lors, qui ne soit dû à la maléfique activité des Juifs : n’en cherchez pas de preuves ; pour une conviction obsidionale, le soupçon équivaut à la certitude. La seule différence entre les antisémites chrétiens et les antisémites racistes de gauche ou de droite, c’est que les uns associent le diable aux Juifs et à la maçonnerie, tandis que les autres remplacent les loges par les Jésuites : le cheminement du raisonnement, les fruits de la haine, demeurent étrangement semblables.

Gougenot des Mousseaux, en cela aussi, fut imité et pillé. Il employait dès 1869 l’expression «judaïco-maçonnique[1]». L’association du mot «juif» avec un autre, aussi péjoratif que possible, va connaître désormais une fortune considérable. Un anonyme publie à Louvain, en 1884, un livre sur les Maçons-Juifs ; Mgr Meurin fait éditer en 1893 un ouvrage de cinq cents pages sur la Franc-Maçonnerie, synagogue de Satan. L’abbé Kannengieser varie les formules : «judéo-libéral», ou «judéo-calviniste», voire «franc-maçonnerie judéo-calviniste[2]». Mgr Jouin avait plus de bonheur en employant pour la première fois en 1912, paraît-il, l’expression «judéo-maçonnerie[3]». Une expression du même genre pénétrait jusque dans les ouvrages de théologie puisque F. Vernet se portait garant de l’existence d’un «judéo-maçonnisme[4]».

On ne saurait manquer d’évoquer ici les règles d’interprétation de l’histoire par les esprits passionnés. L’obsession d’une «secte révolutionnaire d’antique origine» dont l’activité aurait été «l’unique cause de la Révolution française», mille fois exposée depuis le chevalier de Malet et l’abbé d’Auribeau, réduit l’histoire aux machinations d’ennemis, détestables et puissants, enveloppés de secret au point que les méthodes historiques ordinaires ne peuvent servir à la découverte de leur activité. Un curieux mélange de rancune et de naïveté engendre les explications les plus systématiquement déraisonnables, bien qu’il soit facile de discerner qu’il s’agit toujours de la faute de l’autre, et de la noirceur d’autrui. Catholiques et françaises ou protestantes et allemandes, persuadées de la conspiration antireligieuse et antimonarchique des Illuminés[5], toutes les explications de cet ordre sont tôt ou tard destinées à alimenter l’antisémitisme. En vain les historiens, catholiques ou non, examinent-ils impartialement le problème des activités secrètes de l’Église[6] ; les antisémites du ressentiment ne font appel à l’histoire que pour y puiser des griefs ; ils n’y rencontrent jamais le doute. Drumont, pour sa part, se dirige avec certitude dans les questions historiques les plus compliquées ; il éclaire par l’action des Juifs le procès des Templiers, relève sans hésitation l’alliance des Juifs et des Lépreux contre les Chrétiens, se persuade que Law était Juif, se noie dans les preuves de la préparation judaïque et maçonnique de la Révolution, ramène les succès de Bonaparte à l’appui de la maçonnerie, étudie les «similitudes de tempérament» entre les Juifs et la Maison d’Orléans, et prétend que «Fould… maria l’empereur et l’impératrice en prononçant sans doute, in petto, toutes les formules de malédiction que contient le Talmud sur l’enfant qui devait naître de ce mariage et qui fut l’infortuné prince impérial». L’histoire n’est plus la servante de la théologie ; elle devient le Sherlock Holmes de l’Église. Un abbé E. A. Chabauty, dont les ouvrages légitimistes et exégétiques s’appuyaient sur un curieux littéralisme millénariste, au point qu’une condamnation de l’Index l’atteignit en 1894 et 1896, publiait en 1882 un livre sur la question juive[7] pour révéler que le peuple juif n’a jamais cessé d’avoir des princes qui «par leur or, leur habileté, leur persévérance… sont arrivés à s’emparer de toutes les sociétés secrètes. Ils en sont devenus les suprêmes et uniques directeurs. Ils les tiennent entre leurs mains depuis qu’ils les ont unifiées et rattachées toutes, par des liens plus ou moins secrets, à la franc-maçonnerie templière. Ils ont aussi enrégimenté et organisé, sous leur autorité, tous les éléments du mal et de la Révolution, qui existent dans le monde entier»… On pourrait, hélas, multiplier les exemples[8]. L’antisémitisme du ressentiment chrétien réduit finalement l’histoire à un combat manichéen entre l’Église et une force dont l’intelligence, l’habileté, la puissance et les succès ininterrompus sont curieusement majorés par les pamphlétaires «chrétiens» : «Le judaïsme s’est introduit, au commencement, dans l’Église même, pour y porter le trouble, la division et l’hérésie. Ce fut l’œuvre de Simon le Mage, des Gnostiques, de Manès… Plus tard, le Juif favorise, quand il ne [[les]] inspire pas, toutes les hérésies… Au Moyen-âge, le Juif trahit les Chrétiens au profit des Musulmans… il est avec les Albigeois contre les Catholiques, comme il sera avec les Protestants, comme il est avec les libres penseurs, les Jacobins, les socialistes, et les francs-maçons ; comme il est aujourd’hui avec les nihilistes en Russie…» C’est un docteur en théologie qui l’affirme, allant jusqu’à voir un lien entre les sociétés secrètes chinoises et annamites du XIXe siècle, la franc-maçonnerie et, naturellement, les Juifs[9]. Décidément plus heureux en forgeant des formules frappantes qu’en démontrant ses dires, Mgr Jouin intitule l’un de ses ouvrages en 1921, le Péril judéo-maçonnique… (I. Les Fidèles de la contre-Église). La contre-Église, naturellement, a les Juifs pour animateurs, que Mgr Jouin, docteur en théologie dualiste, voit partout (au point d’en compter trente-cinq à quarante millions dans le monde) : «La judéo-maçonnerie est la contre-morale… le contre-état, la contre-Église…» L’abbé Isidore Bertrand avait déjà enrichi, en 1905, la théologie traditionnelle par la publication d’un traité de la Trinité d’en bas. C’est sans doute en songeant à des slogans de cette espèce que Jacques Maritain écrit à propos d’Israël : «Ce n’est pas une contre-Église, pas plus qu’il n’existe de contre-Dieu ou de contre-Epouse[10].» Cette mise au point n’est pas inutile, quand on songe qu’une revue ecclésiastique d’histoire, sérieuse et impeccable, continue par routine à rendre compte des travaux sur le judaïsme sous la rubrique : «Histoire des Juifs et des sociétés secrètes.»

Les antisémites du ressentiment chrétien ne s’appuient pas seulement sur une explication manichéenne de l’histoire, ils invoquent à l’appui de leur doctrine des «documents» historiques : le Kahal et les Protocoles des Sages de Sion. Ce sont des faux maladroits et ineptes, qui ne peuvent satisfaire que la passion inculte ou la mauvaise foi systématique ; mais leur vogue et leur autorité furent immenses ; ils ont assis dans l’esprit des foules le mythe de la conspiration universelle des Juifs. Le Kahal a été forgé en 1869-1871 par un Juif converti, l’aventurier Joseph Brafmann, et propagé officiellement par le gouvernement russe, vers la fin du XIXe siècle. Ses calomnies furent reprises et répandues avec le même succès par un certain Lioutostansky[11].

C’est encore un agent de l’Okhrana russe qui combina, vers 1903, un pamphlet français dirigé contre le second Empire, avec un roman «historique» d’un Allemand qui écrivait sous le pseudonyme de sir John Retcliffe[12]. Ainsi naquirent les Protocoles, publiés par un journal russe sous le titre : Programme de la conquête du monde par les Juifs. En 1905, l’état-major de la Région militaire de Moscou les rééditait en les appelant : la Racine de nos malheurs. Par la vulgarisation de ces documents, les foules chrétiennes accordèrent leur confiance à la millénaire calomnie d’Apion, qui «forgeait aussi un serment par lequel, en invoquant le dieu qui a fait la terre, le ciel et la mer, nous jurons de ne montrer de bienveillance envers aucun étranger […][13]. »

D’autres détectives-historiens s’appuyaient sur les célèbres lettres apocryphes des Juifs d’Arles et de Constantinople. L’abbé Chabauty en déduisait pour sa part toutes les actions des Juifs au XIXe siècle[14]. Et Drumont utilisait gravement la Kabbala denudata[15].

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Ce serait affaiblir singulièrement la description de l’antisémitisme du ressentiment chrétien que de nier purement et simplement tout rôle temporel des Juifs dans ce monde. Bien qu’il soit extrêmement difficile d’en déterminer l’importance exacte, la franc-maçonnerie a contribué à précipiter la décadence de la Chrétienté, même lorsqu’elle était elle-même déiste, et elle l’a fait plus ou moins ouvertement, selon les pays et les époques. Qu’elle ait nécessairement rencontré la sympathie de ceux pour qui le nouvel ordre de choses devenait la garantie d’une libération civique, morale et religieuse, il y aurait quelque pharisaïsme à s’en étonner, encore que la bienveillance de tous les francs-maçons du XVIIIe siècle pour les Juifs ne soit nullement certaine. Et l’on ne s’avance pas à la légère en admettant que la plus grande partie des Juifs a cru un jour, de très bonne foi, qu’une décadence de l’ordre chrétien serait la condition de sa liberté. Mais, une opinion ou un souhait ne sont pas des causes historiques ; et c’est en altérant notre connaissance du passé qu’on admet que les Juifs ont formé des vœux unanimes pour leur assimilation à une société de moins en moins chrétienne. Ainsi que le faisait remarquer Leroy-Beaulieu dès 1893, si la société chrétienne est entrée en décadence, elle a entraîné également la paganisation d’un judaïsme auquel les Juifs avaient été assez attachés pour l’illustrer par des milliers de martyrs. La plupart des Juifs d’Europe étaient fort réticents devant les armées françaises qui, aussi libératrices qu’elles fussent, apparaissaient également comme des forces antireligieuses et donc antijudaïques. L’hostilité des Hassidim d’Europe orientale est bien connue. On ne rencontre une claire volonté de lier la cause juive à la Révolution politique que parmi les sabbatianistes et les frankistes[16], c’est-à-dire quelques cercles peu nombreux et fort mal vus de l’ensemble du judaïsme. Les Juifs russes se prononcèrent en 1812 pour les Russes, contre les Français irréligieux[17]. Aux Pays-Bas, la majorité des Juifs n’étaient probablement pas, comme l’écrit Doubnov, en faveur de l’ancien régime, mais sans doute comprenaient-ils que l’occupation française et le système libéral, si favorables aux personnes juives, atteignaient cependant le judaïsme lui-même au cœur[18]. Le grand-sanhédrin réuni en 1806 ne représentait qu’une minorité juive en Europe, et peut-être bien une minorité en Occident ; et l’on sait de reste que ses délibérations ne furent pas réellement libres. Loin de conclure à quelque convergence des efforts révolutionnaires et des activités juives contre la Chrétienté au cours de la Révolution française et de l’Empire, nous soulignerions plutôt la concordance des événements déchristianisateurs et déjudaïsateurs de l’extrême fin du XVIIIe siècle et des premières années du XIXe. Aveuglés par l’antisémitisme du passé et par les premiers symptômes du ressentiment antisémite, les Chrétiens n’ont pas voulu voir la vraie situation du judaïsme, ni comprendre que s’il y avait parmi les Juifs des partisans des nouveaux principes laïcisateurs, c’étaient là des indices d’une apostasie juive parallèle à l’apostasie chrétienne – la première n’étant que le fruit de la seconde. Qu’un siècle plus tard la masse des juifs ait suivi les précurseurs de l’école de Mendelssohn, cela n’autorise nullement à commettre un anachronisme, ni à dissimules les évidentes réticences d’un judaïsme profondément religieux devant un phénomène qui n’était pas seulement antichrétien, mais également antireligieux, et par là résolument antijudaïque.

Dans l’évolution ultérieure du judaïsme, l’imprudence des Chrétiens ne fut pas négligeable. Le Saint-Synode russe, dans une circulaire de 1807, rendait les Juifs solidaires du grand-sanhédrin, et contribuait pour sa part à créer une situation qui devait conduire un jour les Juifs dans le camp antichrétien : «C’est pour tourner en dérision l’Église du Christ qu’il [Napoléon] a convoqué en France les synagogues et institué le grand-sanhédrin juif, ce concile impie qui a jadis osé condamner à être crucifié Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ; aujourd’hui il se propose de réunir les Juifs que la colère de Dieu avait dispersés sur la face de la terre, pour les pousser à renverser l’Église du Christ et à proclamer un faux messie en la personne de Napoléon[19].»

Dès lors, on verra les Chrétiens s’indigner de la participation de certains Juifs (de plus en plus nombreux) à l’action politique des adversaires, (de plus en plus nombreux aussi, bien que naguère chrétiens) du christianisme. Tout le problème est de savoir si la haine antisémite était vraiment, dans une telle situation, une réponse chrétienne, et s’il paraissait conforme à la simple lucidité de voir dans l’Alliance israélite universelle l’équivalent ténébreux de ce que les pires anticléricaux français, par exemple, dénonçaient dans les «menées des Jésuites».

Si l‘apostasie chrétienne au XIXe siècle a été rapide, l’apostasie juive, l’Europe orientale exceptée, fut foudroyante. A la fin du siècle, dans les journaux libéraux allemands, de nombreux Juifs soutenaient le Kulturkampf ; la presse libérale autrichienne accueillait volontiers les talents juifs ; les partis anti-conservateurs allemands ou autrichiens comptaient des Juifs parmi leurs dirigeants (mais si Lassalle était Juif, le chef du parti conservateur, F. J. Stahl, de naissance juive aussi, était Chrétien ; et le chef du conservatisme anglais et peut-être européen, s’appelait alors Disraëli.) Certains Juifs, comme le Danois Brandès, attaquaient systématiquement les valeurs chrétiennes ; – mais Nietzsche était-il Juif ?

C’étaient là autant de symptômes de la crise de la Chrétienté, beaucoup plus que des causes secondes de sa décadence ; ce n’en était certainement pas la cause première ; mais la prise de conscience de cette décomposition par les Chrétiens fut plus lente que les événements eux-mêmes ; en général on s’en tenait encore à la fin du XIXe siècle à une position catégorique que Bonald a exprimée en termes formels : «Ceux qui trouvent le principe de la dégradation du peuple juif, et de l’état hostile où il est envers tous les autres peuples, dans sa religion, aujourd’hui insociable, et qui considèrent ses malheurs et même ses vices comme le châtiment d’un grand crime et l’accomplissement d’un terrible anathème, ceux-là pensent que la correction des vices doit précéder le changement de l’état politique, c’est-à-dire… que les Juifs ne peuvent pas être, et même quoi qu’on fasse, ne seront jamais citoyens sous le christianisme sans devenir chrétiens[20].» Si les Chrétiens étaient nombreux à raisonner ainsi, jusque dans une société déchristianisée, est-il très étonnant que les Juifs fussent conduits à appuyer les forces hostiles au passé ; et faut-il vraiment scruter le Talmud ou forger des Protocoles de prétendus Sages de Sion pour expliquer que, devant l’inintelligent raidissement des Chrétiens, les Juifs devinssent les alliés des ex-Chrétiens déchristianisés[21] ?  «L’attitude hostile à l’égard du gouvernement qu’on constate actuellement parmi les Juifs est une conséquence des pénibles conditions matérielles que les lois restrictives créent à la grande majorité des Juifs de Russie», déclarait le comte Witte en février 1905[22].

Quand on demanda à un Rabbin orthodoxe de Cracovie, élu au Parlement autrichien, pourquoi il adhérait à un parti de gauche, le Rabbin répondit spirituellement : Juden haben keine Rechte – les Juifs n’ont ni droits ni droite[23]. Mais ce langage était inimaginable un siècle plus tôt.

Le ressentiment chrétien antisémite n’est qu’une échappatoire. La Chrétienté avait légué une situation où les Juifs ne pouvaient pas être un facteur de conservation sociale et politique ; le mieux c’est de le reconnaître. Que, devant les assauts des forces irréligieuses nées dans la Chrétienté et de celle-ci, la première réaction des Chrétiens ait été de faire front, rien de plus compréhensible ; mais qu’on identifie une faible partie des forces hostiles avec le mal absolu, et l’état passé avec le mal absolu, c’est une opinion instinctive, ce n’est pas d’une valeur théologique certaine. Nous n’avons lu dans les ouvrages de Mgr Delassus, de Mgr Jouin, de Drumont, de Gougenot des Mousseaux aucune hypothèse sur le rapport qu’on pourrait établir entre la décadence de la Chrétienté et les insuffisances des Chrétiens ;  pas une seule fois ces auteurs ne se posent l’angoissant problème de la nature de l’apostasie ; jamais ils ne songent à se demander si la vision chrétienne de l’histoire postule nécessairement la perpétuité d’une chrétienté une fois pour toutes définie par le XIIe siècle occidental – ou le césaropapisme byzantin, – ou l’organisation de l’électorat saxon. A force de tempêter, les antisémites du ressentiment ne se sont jamais ménagé ces quelques moments de silence où l’on se demande, en présence de l’«offensive» antichrétienne, si «l’étonnante passivité des conquis n’annonçait pas un mal plus grave, plus profond[24]».


  1. Gougenot des Mousseaux, p. 380.
  2. Kannengieser, p. 166, 279, 315.
  3. H. Coston, Documents maçonniques, décembre 1943. Cependant, Emile Rouyer publia à Paris, en 1897, un Exposé historique de la question judéo-maçonnique.
  4. F. Vernet, Dictionnaire apologétique de la foi catholique, II, 1666. - En 1908, Isidore Bertrand publie encore une Franc-Maçonnerie, secte juive.
  5. J. Droz, L’Allemagne et la Révolution française, Revue historique, octobre 1947, p. 172.
  6. Voir par exemple André Latreille, L’Eglise catholique et la Révolution française, I, p. 52 ss., 191. - Les ouvrages de  la collection Fliche et Martin, et en particulier le volume XXI de R. Aubert, constituent un modèle à cet égard. Albert Dufourcq, en cédant au principe de l’amalgame («l’Anglo-Prusse ou parti protestant»), manifeste un penchant auquel l’historien ne doit faire de concessions que s’il en a des preuves formelles (L’Avenir de Christianisme, X : Voltaire et les martyrs de la Terreur.) L’étude du ressentiment nous a convaincu de la nocivité, pour les Chrétiens, de la mentalité obsidionale ou des explications plus ou moins centrées sur les conspirations secrètes.
  7. E. A. Chabauty, Les Juifs, nos maîtres ! (1882), p. IX. - Il avait publié dès 1880 sous le pseudonyme de C.-C. de Saint-André, un autre livre, Francs-Maçons et Juifs. - Sur Chabauty, voir Byrnes, I, p. 128.
  8. Byrnes en donne un aperçu. (I, p. 126 ss., 187, 189, 199 ss.)
  9. Mgr Henri Delassus, La Question juive (la Conjuration antichrétienne), 1911, p. 12. On se reportera aussi à l’abbé G. Rougeyron, De l’Antéchrist, 1868, p.326.
  10. Jacques Maritain, Questions de conscience, p. 63. [[Voir Pierre Pierrard, Juifs et catholiques français. D’Edouard Drumond à Jacob Kaplan. 1886-1994, éditions du Cerf, 1997, et Danielle Delmaire, Antisémitisme et catholiques dans le Nord pendant l’affaire Dreyfus, Presses universitaires de Lille, 1991; Jean-Denis Bredin, L’Affaire, éd. Fayard – Julliard, Paris, 1993; etc.. (M.-Th. Martin)]]
  11. Voir J. Parkes, An Enemy of the People, Antisemitism, p. 27 ss. ; Doubnov, Histoire moderne du peuple juif, II, p. 121 ss.
  12. R. P. Pierre Charles, S. J., Les Protocoles des Sages de Sion, 2e éd ; (Sur le P. Charles, voir les Cahiers sioniens, n° 1, 1954, p.35) ; Raoul Patry, La religion dans l'Allemagne d'aujourd'hui, Payot, 1926, p. 198 ; Marc Vichniac, p. 102 ; J. J. Van Praag a récemment rapproché les Protocoles de la Isla de los Monopantos de Quevedo et d’un roman de Goedsche. (Bulletin hispanique, Bordeaux, LI, p . 169.) On n’imagine pas la légèreté avec laquelle certains auteurs utilisent ces prétendus documents. Le catholique François Bournand, sous le pseudonyme de J. de Ligneau (Juifs et Antisémites en Europe, Bruxelles, 1891, p. 115) cite un texte d’après La Semaine religieuse de Cambrai : il s’agit d’un passage du pseudo-Retcliffe. Les «preuves» de ce calibre encombrent toute une littérature.
  13. Flavius Josèphe, Contre Apion (éd. des Belles-Lettres), II, 121.
  14. P.-A. Chabauty, Les Juifs, nos maîtres !, p. 4 ss. ; A. Puig, La race de vipères (1897), reprend le même texte ; cf. ses déductions, p. 86 ss.
  15. E. Drumont, La France juive devant l’opinion, p. 28.
  16. G.-G. Scholem, Les Grands Courants de la mystique juive, p. 338.
  17. Doubnov, I, p. 382.
  18. Doubnov, I, p. 171 ss.
  19. Doubnov, I, p. 376.
  20. Bonald, Mélanges, Œuvres, éd.1819, XI, p. 269.
  21. Disraëli, le Juif conservateur par excellence, écrivait dans l’un de ses romans : «Depuis que votre société anglaise a été troublée et vos institutions menacées, vous voyez les Hébreux, jadis sujets si fidèles, dans le camp des radicaux et des latitudinaux, soutenant ce qui peut mettre en danger leur vie et leurs biens, plutôt que de continuer à subir un joug dégradant.» (Cité par Edmond Fleg, Anthologie juive, Flammarion, p. 348.)
  22. S. Doubnov, II, p. 680.
  23. S. Doubnov, II, p. 64.
  24. C. Bernanos, La Grande Peur..., p. 136. - C’est précisément pour avoir poursuivi cette méditation que Bernanos a exorcisé l’antisémitisme de sa jeunesse.

2 Responses to 7. Le mythe de la conspiration juive

  1. martin sur février 8, 2014 à 6:35 says:

    Après la note 10,voir l’ouvrage de Pierre Pirrard: »Juifs et catholiques français. D’Edouard Drumond à Jacob Kaplan.1886-1994″.Editions du Cerf. 1997.
    Et aussi « Antisémitisme et catholiques dans le Nord pendant l’affaire Dreyfus. »
    Delmaire Danielle, Presses universitaires de Lille, 1991.

  2. martin sur février 8, 2014 à 6:38 says:

    Peut-être aussi le livre de Jean-Denis Bredin: »L’affaire »(sur Dreyfus)Fayard-Julliard,1993.

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