35 9. Conclusion

Si, dans l’ensemble, l’antisémitisme d’installation n’a pas abouti au racisme, il a séparé radicalement l’Église de la Synagogue, et abaissé les Juifs pour accomplir la prétendue malédiction retombée sur eux. « Si le Juif est souvent une figure méprisable… il faut se rappeler comment il le devint. Les traits du caractère sont ceux que les ancêtres chrétiens de l’un imposèrent aux ancêtres de l’autre… Chrétiens et Juifs admirent tous deux, comme un fait établi de la vie nationale et sociale, qu’il existait entre eux une barrière permanente, infranchissable, indestructible. Pour le Chrétien, le ghetto était une cage… Pour le Juif, c’était une prison… lugubre asile… [qui] n’avait pas de geôliers[1]. » David chantait autrefois :

J’ai les yeux usés par le chagrin,
Tous ceux qui me persécutent me font vieillir[2].

L’homme porte dans son corps les signes de ses misères, et de celles qu’on lui fait subir. Le chant de David,  – pour les Chrétiens, Ecriture sainte, – devrait les conduire à lire, sur les visage des Juifs qui leur déplaisent, les traces des persécutions passées ou présentes.


  1. R. Travers Herford, Le Legs d’Israël, trad. française, p.128-129.
  2. Psaume VI, p. 8.