1 Chapitre 1. Pour une définition de l’antisémitisme

Notre combat n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les Principautés, contre les Autorités, contre les Dominateurs de ces ténèbres, contre les Puissances spirituelles de la méchanceté dans les cieux.

Saint Paul, Épître aux Éphésiens, 6, 12.

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C’est seulement en 1879-1880, semble-t-il, que le mot antisémitisme apparaît en Allemagne [1] bien que la passion qu’il représente, et qu’il désigne si mal, soit aussi vieille que notre civilisation. Nous emploierons à notre tour un terme qui ne nous satisfait nullement, car «l’antijudaïsme», à première vue préférable [2], ne se confond nullement avec la haine des Juifs ; et quelque néologisme de l’espèce de «l’anti-israélisme» aurait nécessairement une pointe anti-sioniste et, par là, politique.

Antisémitisme : le mot porte en lui, d’abord, une valeur raciste doublement regrettable ; il ne reflète qu’un seul des aspects historiques d’une réalité vingt-cinq fois séculaire ; il semble envelopper dans la même réprobation les Arabes aussi bien que les Juifs : le Grand-Mufti de Jérusalem aurait demandé à Rosenberg de renoncer à un terme injurieux pour certains Sémites, tout en accentuant la persécution contre les Juifs. Mais, malgré les excellentes raisons, historiques et bibliques, de ne pas confondre l’élection d’Israël avec la vocation de Sem, il faut bien s’incliner devant les mots du langage courant.

Du moins voudrions-nous préciser qu’aussi mauvais que soit le mot «antisémitisme», il contient pourtant une profonde vérité, dont peut-être le lecteur se persuadera s’il parvient à la fin de ce livre. Evoquer l’antisémitisme des Arabes musulmans, c’est manier des mots ennemis, ou des expressions absurdes ; et cependant, nous pencherions à croire qu’en rompant avec l’Ancien Testament, l’Islam sémitiqe a rompu avec Sem et s’est, dans une certaine mesure, révolté contre lui. Sa haine d’Israël est un suicide ; et son antisémitisme apparaît comme une tragique réalité, étymologique et biblique, quand Ismaël abaisse les descendants d’Isaac, et prétend que Mahomet a rendu Moïse inutile. Quant à l’antisémitisme des Chrétiens, il englobe, dans l’exaspération de ses sentiments charnels et son affreuse carence d’amour, non seulement les Juifs et peut-être l’Islam, mais encore l’Église – Israël du Christ – qui ne peut méconnaître sans danger, combien elle est, spirituellement, sémite. Si nous sommes les descendants d’Abraham, comme l’a rappelé Pie XI, «l’antisémitisme chrétien» devient une expression involontairement précieuse, qui doit rappeler à tous les chrétiens que la haine des Juifs c’est, pour un disciple de Jésus, un suicide spirituel.

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Il est courant de voir ramener l’antisémitisme à des motifs purement psychologiques nés des rapports au sein d’une même société, entre la majorité de la population et quelque groupe minoritaire. « L’antisémitisme », écrivait récemment M. Pierre Paraf, « n’est rien d’autre que le vieil appel de la bête, la haine du plus fort contre le plus faible qui cherche à s’évader de sa propre faiblesse, la réaction de la majorité contre une minorité trop différente [3]. » C’est là en effet l’un des aspects de l’antisémitisme, dont la valeur sociologique n’est pas négligeable, et que des théologiens comme Jacques Maritain ou R. Niebuhr ne manquent pas de souligner en étudiant les rapports entre l’antisémitisme, le racisme et le problème des minorités [4]. Mais à ne s’en tenir que là, on élargit à l’excès la notion d’antisémitisme, au point de dissoudre dans les problèmes raciaux ou minoritaires les caractères particuliers et uniques du judaïsme, finalement condamné à la disparition aussi bien par ses défenseurs que par ses ennemis.

A l’inverse, il arrive qu’à ne considérer qu’une seule époque de la millénaire histoire juive, on cherche l’origine de l’antisémitisme, et sa définition, dans un de ses aspects particuliers au détriment des autres. «Les Juifs», écrit un historien… eurent… quasiment le monopole [de l’usure]. Il n’en est pas de moins populaire, et l’on peut dire, semble-t-il, sans paradoxe, que c’est l’horreur irraisonnée de l’opinion médiévale pour le loyer de l’argent qui a créé à la fois la vocation économique du Juif et l’antisémitisme [5].» Toute une école a popularisé cette définition purement économique, psychologique et récente de l’antisémitisme. Rambaud n’avait-il pas avancé l’étonnante opinion que «l’histoire des Juifs au Moyen âge appartient plutôt à celle des idées économiques qu’à celle des idées religieuses» [6] ? C’est ériger une conséquence importante en cause essentielle et confondre la cause seconde avec la cause première. Dès le Moyen âge, certains esprits mesuraient mieux les dimensions du problème, tel Abélard qui faisait dire au Juif de son Dialogue : «… Subissant de telles contraintes et pareille oppression, comme si l’univers entier s’était conjuré contre nous seuls, lorsqu’on nous fait la grâce de nous laisser vivre, cette vie même est misérable : nous ne pouvons posséder ni champs ni vignes… Aussi bien notre seule ressource est le lucre : ce n’est qu’en pratiquant l’usure à l’égard des étrangers que nous entretenons notre vie misérable. Mais par là même nous provoquons les pires haines [7]…»

Une définition de l’antisémitisme doit donc être centrée sur un judaïsme considéré dans toute l’étendue de son histoire. Avec Bernard Lazare, auteur de L’Antisémitisme, son histoire et ses causes, il faut bien constater, pour peu qu’on embrasse toutes les manifestations, aussi différentes qu’elles semblent, de l’antisémitisme, qu’il «n’est pas né sans causes… Il m’a semblé qu’une opinion aussi universelle… ne pouvait être le résultat d’une fantaisie et d‘un caprice perpétuel […] Il faut donc, puisque les ennemis des Juifs appartenaient aux races les plus diverses… que les causes générales en aient toujours résidé en Israël même et non chez ceux qui le combattirent». Maladroite dans son expression, peut-être ; excessive sans doute, car les adversaires d’Israël portent en eux-mêmes les germes de l’antisémitisme, l’opinion de B. Lazare [8] a le grand mérite de lier l’antisémitisme à l’existence unique, aux caractères uniques d’un peuple particulier : l’antisémitisme ne se rapporte pas à une minorité quelconque, nationale ou religieuse, mais à Israël. Il y a une liaison entre la mission d’Israël dans le monde, si sérieusement acceptée par tant de générations juives, et l’opinion du monde au sujet du peuple incarnant cette vocation précise. Aussi voit-on le Saint-Siège, dans sa célèbre condamnation de l’antisémitisme (décret du Saint-Office, 25 mars 1928) souligner avec la plus grande netteté que l’antisémitisme n’est pas seulement une forme indifférenciée de l’animosité entre les peuples, puisque : «Le Siège apostolique, […] de même qu’il réprouve toutes les haines et les animosités entre les peuples, ainsi il condamne au plus haut point la haine contre le peuple autrefois choisi de Dieu, cette haine qui aujourd’hui est désignée par le vocable d’antisémitisme.» [9]

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Car la passion antisémite discerne dans les Juifs beaucoup moins les caractères psychologiques ou les mœurs d’une minorité que l’extraordinaire vocation d’Israël. Aussi n’est-il pas étonnant que ceux-là parmi les hommes, qui connaissent le mieux la mission des Juifs, risquent de sacrifier à la passion antisémite aussi bien que les foules ignorantes du destin d’Israël – folie pour les athées et scandale pour les Chrétiens eux-mêmes.

Si tout antisémitisme est évidemment ennemi de la personne des Juifs, de leur culture et de leur foi, il ne devrait pas en être de même  pour tout antijudaïsme. La confusion des deux termes antisémitisme et antijudaïsme, qui ne tire pas à conséquence dans le langage quotidien, provoque néanmoins des erreurs d’appréciation importantes. Le «judaïsme», en effet, intimement lié au peuple juif, peut cependant être considéré comme une doctrine et un mode de vie, offerts à d’autres que les Juifs ; et c’est en ce sens que nombre de théologiens chrétiens n’ont pas manqué, au cours de l’histoire, de dénoncer les tendances judaïsantes de leurs adversaires. On lit sous la plume de certains auteurs catholiques que les Puritains judaïsaient ; les Adventistes se voient reprocher de sacrifier les principes chrétiens aux conceptions judaïsantes ; mais d’autres distinguent dans le pédobaptisme un judaïsme qui s’est réintroduit dans l’Église. Il n’est nullement question des Juifs dans toutes ces controverses ; et lorsqu’on entend l’antijudaïsme chrétien prononcer ses jugements sur le «judaïsme», c’est parfois en perdant de vue les Juifs eux-mêmes. Au Moyen âge, les partisans des Images, voyaient volontiers un certain « judaïsme » dans l’iconoclastie, tandis que les fidèles de l’adoptianisme étaient accusés ouvertement de judaïser [10]. Les Humanistes dénonçaient à leur tour le «judaïsme» des pratiques religieuses plus ou moins mécaniques ; et pour Pascal, l’ «état de judaïsme» s’étend non seulement aux Juifs, mais aussi  aux Calvinistes [11]. Kierkegaard explique avec véhémence que la Chrétienté n’est plus chrétienne : «le peu de religiosité qu’on trouve dans le pays est tout au plus le judaïsme[12]». Le R. P. Congar consacre tout un développement de Vraie et Fausse Réforme au «besoin de réformes [de l’Église] face à la tentation de devenir «Synagogue»[13]». Et la conclusion du présent ouvrage évoque le «judaïsme» du baptême des enfants chrétiens. Se refuser à un tel «judaïsme», est-ce vraiment de l’antisémitisme ? Les mots ont certes leur importance, qui charrient trop souvent de regrettables confusions ; c’est appauvrir la pensée et confondre des réalités distinctes que de rendre «antijudaïsme» et «antisémitisme» synonymes.

On peut même considérer que le judaïsme, expression de la vie spirituelle et sociale des Juifs, devient en quelque sorte un facteur de leur évolution. C’est en ce sens que R. Travers Herford se demande : «Quelle sorte de peuple les Juifs devinrent-ils du fait de leur judaïsme [14] ?» ; et l’Histoire a montré de nombreux exemples de Juifs s’insurgeant, plus ou moins sincèrement, contre le judaïsme pour devenir parfois de véritables antisémites, – Nicolas Donin, Pablo Christiani, Pfefferkorn, etc. – tandis que d’autres nourrissaient un antijudaïsme délibéré qui ne versait nullement dans l’antisémitisme ; ainsi par exemple l’inspecteur des écoles, et censeur des publications juives de l’Empire autrichien, Herz Homberg qui, jusqu’à sa mort en 1841, s’opposa vigoureusement, par rationalisme, à l’influence et à l’impression des ouvrages rabbiniques [15]. Ou, hier encore, une Simone Weil, dont l’antijudaïsme extrémiste et violent n’a pourtant jamais versé dans l’antisémitisme…

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Fondé sur la Révélation, et messager de l’unité et de la sainteté de Dieu, le judaïsme attaché à la Loi suscite de la part des hommes une réaction négative, pour peu qu’ils nient la Révélation ou qu’ils vivent selon d’autres lois. Tout le paganisme antique, constamment flétri par l’Ancien Testament, n’est qu’un antijudaïsme de principe, persuadé de l’imposture du judaïsme ; et l’empereur païen dont les actes politiques étaient, semble-t-il, inspirés par des intentions philosémites, écrivait cependant que «les prophètes [juifs] qui ont écrit de pareilles choses ne sont que des radoteurs dignes de la compassion de vieilles femmes stupides [16]».

Le rationalisme, lors même quand il se proclame déiste, doit être tenu pour un autre antijudaïsme de principe. Les Juifs orthodoxes ne s’y sont jamais trompés, qui considérèrent le Traité théologico-politique de Spinoza comme un ouvrage d’essence antijudaïque[17].

. La négation d’une élection divine sape à la racine le millénaire judaïsme, et présente les Juifs soit comme des dupes, soit comme des imposteurs. Et le rationalisme athée ne peut guère se poser en face du monothéisme juif qu’en adversaire. «Moi qui ne suis pas antisémite, je ne fais aux Juifs qu’un seul reproche, celui d’avoir empoisonné la pensée aryenne, si haute et si large, avec le monothéisme hébreu», déclarait le député Allard en janvier 1903 à la Chambre des députés [18]. Cet antijudaïsme rationaliste, à l’occasion partagé par certains Juifs de l’époque contemporaine, n’est pas non plus nécessairement un antisémitisme.

Le marxisme apparaît à son tour comme un antijudaïsme. Devant l’élection d’Israël, quelle issue pour le socialisme, sinon la négation ? Aussi a-t-on vu très logiquement l’U.R.S.S. reconnaître la nationalité juive léguée par l’Histoire, respecter les valeurs présentes de son héritage, mais s’opposer au messianisme judaïque, sous ses formes soit orthodoxe, soit laïcisée dans le sionisme, puisque l’une et l’autre prétendent modeler l’homme à venir.

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Aussi bien que le marxisme, le rationalisme ou le paganisme, l’évangile chrétien doit être considéré comme un antijudaïsme résolu. Affirmer avant toute chose que Dieu est venu habiter parmi les hommes, c’est dire que l’élection d’Israël parvenait dès lors à une plénitude où le peuple, sans rien perdre de sa personnalité propre, entrait dans une alliance nouvelle ; baptiser les croyants au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c’est heurter le caractère fondamental du monothéisme tel que le judaïsme l’a compris : «… la rigidité de ce monothéisme, en dernière analyse, ne serait-ce pas cela «l’essence même du judaïsme» ? cela, d’où viendra par la suite son obstiné refus du dogme trinitaire. «Là», écrit Nicolas Berdiaeff, «gît l’abîme qui sépare la conscience chrétienne de la conscience israélite». Je le crois aussi. Mais un abîme à contempler avec respect [19].» Un respect qui, bannissant tout antisémitisme, sache accepter que le christianisme et le judaïsme sont différents, et que leur enseignement sur l’unité de Dieu suppose, s’il est Chrétien, un point de vue antijudaïque, et s’il est Juif, antichrétien.

Faut-il rappeler encore que le christianisme, par opposition au judaïsme, se veut antilégaliste – dans son enseignement théologique, et dans sa fidélité en tout cas ? C’est pourquoi l’Apôtre conseillait de reprendre les rebelles «afin qu’ils aient une foi saine et qu’ils ne s’attachent pas à des fables judaïques[20]» ; et c’était sans doute l’ensemble des prescriptions que visaient des conseils comme celui d’Ignace d’Antioche : «Ne vous laissez séduire ni par les doctrines étrangères, ni par ces fables surannées qui ne servent de rien. Car suivre encore aujourd’hui les préceptes du judaïsme, c’est avouer que nous n’avons pas reçu la grâce [21] ».

Nouvel Israël, l’Église proclame un universalisme profondément différent de la pensée d’une Synagogue qui, dans l’antiquité, judaïsait en définitive les Païens. «Ce christianisme naissant, de souche juive», dit encore Jules Isaac, «…voici que par un coup d’audace, il s’affranchit de la Loi mosaïque et, passant d’un exclusivisme à peine atténué à l’universalisme absolu, se tourne vers les masses de la Gentilité [22].» Il est vrai que le visage du judaïsme actuel nous incite trop à accentuer l’exclusivisme juif du Ier siècle ; il serait plus exact d’y voir un universalisme «tout pénétré de la primauté insigne d’Israël [23]».

Universaliste et antilégaliste, le message annonçant que le Messie est venu, qu’Il a été crucifié, qu’Il est ressuscité, peut rendre hommage au judaïsme dans le sein duquel toutes choses ont été préparées pour sa proclamation ; il le peut et il le doit, ne serait-ce (à défaut des exigences de la vérité) que pour prémunir ses fidèles contre l’hérésie antisémite ; mais ce message n’en est pas moins un antijudaïsme ; et il l’est effectivement, dès que les premières manifestations de son enseignement nous sont accessibles [24]. Le Symbole des Apôtres, pleinement antijudaïque, n’est nullement antisémite [25].

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Mais qu’il soit païen, ou rationaliste, ou chrétien, ou marxiste, et pleinement respectueux de la personne et de l’honneur des Juifs, l’antijudaïsme peut se dégrader, il se dégrade souvent en antisémitisme ; le refus de croire qu’Israël ait pu être, ou soit encore l’unique peuple élu de Dieu, peut dégénérer en irrespect envers ce peuple, en violences de pensée ou de comportement.

Qu’est-ce qu’un Juif ? Le Chrétien, pour sa part lié par l’Ecriture  ne se contentera pas d’expliquer que les hommes de la tribu de Juda ont donné leur nom à tous les monothéistes groupés autour du Temple de Jérusalem ; il lui faudra répondre que le Juif est un homme qui rappelle au monde comment Dieu, loin de mentir à Abraham, est intervenu par l’intermédiaire d’Israël dans l’histoire de toutes les nations de la terre pour leur rédemption et leur salut. Un journal composé en caractères hébraïques, la Bible (à chaque page juive) que le Chrétien feuillette, un homme qui porte un nom israélite, sont autant de signes de la double intrusion de Dieu dans l’histoire humaine. Quels que soient les causes secondes, les raisons apparentes et parfois les prétextes ; et même si le Juif est un envahisseur, comme dans l’ancienne Egypte, un rebelle, comme dans l’Empire romain, un solitaire comme en Chrétienté, un initiateur, comme dans le monde contemporain, l’antisémitisme est en définitive un refus passionnel et spirituel opposé par l’homme à la promesse qui lui fut faite dans la personne des Juifs lors de l’élection d’Israël, un refus (souvent inconscient, certes) que l’homme oppose tout autant aux voies de Dieu qu’à la tranquillité des Juifs,  – une rébellion véritable contre la Providence de Dieu qui a élu pour l’accomplissement de ses desseins le peuple d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

La source de l’antisémitisme, aussi durable que le genre humain, jaillit de l’élection d’Israël. C’est donc sans hésitation que le Chrétien peut souscrire à l’opinion d’un écrivain juif sur cette passion universelle : «Ce ne sont pas les événements modernes… qui ont suscité [l’antisémitisme], pas plus du reste que la crucifixion de Jésus. Sous sa forme actuelle, il est apparu à la naissance du judaïsme, au moment du pacte sacré que  Dieu scella avec Abraham [26]

L’antisémitisme est une blessure, secrète ou visible, orale ou matérielle, volontaire ou aveugle, infligée dans la personne des Juifs à la volonté divine. Il n’y a qu’un seul antisémitisme, car la révolte des nations contre le Dieu qui élut Israël, c’est toujours la même rébellion humaine contre  le Souverain du monde, – cette révolte étant l’expression particulièrement subtile du péché, et non pas d’un péché parmi les autres ; mais, sans doute parce qu’il est un phénomène spirituel, «religieux», il s’adapte à toutes les mentalités religieuses avec la souplesse caractéristique des manifestations du péché. Païen avec les Païens, il s’en prend violemment à l’élection d’Israël, par laquelle les idoles retournent au néant ; rationaliste dans le monde actuel, il hait la révélation de la souveraineté de Dieu dont Israël est le témoin ; monothéiste chez les Musulmans, il limite perfidement le rôle d’Israël aux siècles qui précèdent l’Hégire ; chrétiens avec les Chrétiens, il obscurcit l’espérance chrétienne, discrédite l’amour évangélique, et bafoue, en la retardant, la plénitude d’Israël dans la plénitude de l’Église. Qu’il se dissimule sous un masque économique, intellectuel, religieux, scientifique, national ; qu’il avance des prétextes parfois en partie vrais ; qu’il invoque des causes secondes en se leurrant sur la cause première, l’antisémitisme revient toujours à une révolte, consommée au détriment de l’Israël du passé, du présent ou de l’avenir, contre le plan de Dieu révélé dans les Écritures.

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Le R. P. Bonsirven hésite à se servir du mot d’antisémitisme, «mot moderne qui implique une théorie des races» dès qu’il s’agit de l’antiquité [27]. Il est bien vrai qu’on voit s’épanouir aujourd’hui un nouvel antisémitisme essentiellement raciste ; mais n’est-ce pas accorder aux caractères modernes de cette vieille passion vraiment trop d’honneur ? Tour à tour nationale, théologique, économique, raciste, n’est-ce pas toujours la même haine, où le refus du judaïsme devient outrancier, excessif, méprisant, violent, et qu’à défaut d’un autre mot, puisque l’antijudaïsme n’a pas forcément ces caractères, il faudra appeler antisémitisme, même s’il existe des différences d’aspect entre ses manifestations modernes et celles d’autrefois ? Bien entendu, il ne s’agit pas de nier les différences d’accents que l’antisémitisme a empruntés à l’Histoire ; c’est à défaut d’un mot meilleur que nous l’emploierons, sans craindre l’anachronisme : le «pogrome» mot contemporain et russe, ne désigne-t-il pas trop bien les émeutes dont les Juifs furent les victimes au Moyen âge ? C’est de la même manière qu’il convient de parler d’antisémitisme, même non raciste, du passé.

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Peut-être serait-il fructueux d’introduire ici une distinction que le grand-rabbin J. Weill a tentée : « Il y a un judaïsme et une Synagogue au sens où il y a un christianisme et une ou des Églises ; et il y a un judaïsme – il serait plus clair de dire une « judaïcité » – de la façon dont on parle d’une chrétienté [28] ». Cette mise au point éclaire la différence qui sépare l’antisémitisme de l’antijudaïsme. Ce dernier, théologique ou philosophique, ne critique que l’enseignement de la Synagogue ; il peut le faire avec quelque vivacité, mais c‘est avant tout au judaïsme compris comme un système théologique qu’il regarde, à son état d’esprit, à sa culture même (on généralise toujours trop). Mais dès que cet antijudaïsme s’en prend à la judaïcité dans son ensemble, sans vouloir distinguer les nuances et les caractères particuliers des uns et des autres parmi les Juifs ; dès que le refus d’une certaine pensée se colore de haine envers ceux qui pensent selon les principes du judaïsme ; dès qu’on lui accorde une valeur quasi magique (et non pas spirituelle), où les personnes et les idées juives contaminent quiconque les approche ; alors c’est à l’antisémitisme qu’on se heurte, c’est l’antisémitisme qui trahit sa nature. Se refusant à la distinction élémentaire entre le péché et le pécheur, l’antisémitisme est toujours une dégradation et une extension passionnelles de l’antijudaïsme.

Mais quels signes pratiques permettront de reconnaître l’avilissement d’un antijudaïsme en antisémitisme ? Les déguisements de la haine, depuis si longtemps qu’elle les emploie, sont faciles à reconnaître ; et c’est la haine, ouverte ou déguisée, qui caractérise l’antisémitisme. Lorsqu’on généralise plus volontiers contre les Juifs que contre d’autres personnes des accusations, fausses ou vraies ; lorsqu’en chargeant les Juifs de reproches, on cherche à exciter le ressentiment à leur égard ; lorsqu’on éprouve quelque dépit de ne pas voir les gens nourrir de l’hostilité contre eux ; lorsqu’on accueille facilement les calomnies millénaires dont ils sont l’objet (lorsque les Chrétiens ne réfutent pas les accusations de sacrilège et de meurtre rituel à une époque où on en mesure facilement et l’inanité et les conséquences) ; lorsqu’on met quelque insistance à blesser les Juifs dans leur foi, leur sabbat, leur circoncision, leur Loi ; lorsqu’on approuve les traitements abaissants dont ils furent ou sont humiliés ; lorsqu’on admet les persécutions dont ils sont victimes, – (et les raisons de ces mauvais traitements paraissent toujours, par quelque côté, raisonnables à l’homme ordinaire) ; lorsqu’on accepte que le judaïsme soit attaqué par la violence physique, la conversion forcée, l’apostasie intéressée ; lorsqu’on met l’accent sur la responsabilité des Juifs dans la crucifixion de Jésus au détriment de la doctrine qui enseigne la mort expiatoire de l’Agneau de Dieu à cause du péché de l’homme, grec ou juif, païen ou chrétien ; – dans chacun de ces cas, l’antijudaïsme des non-Juifs est au seuil de la dégradation en antisémitisme, parfois même il y verse irrémédiablement. L’antisémitisme, en définitive, c’est une haine ; il n’est pas seulement une constante de l’histoire juive ; il est aussi l’un des aspects de l’endurcissement des Gentils ; il est encore, et surtout, l’une des dimensions terrestres et pécheresses du mystère d’Israël ; il est peut-être l’une des plus simples et des plus instinctives manifestations religieuses de la révolte de l’homme contre Dieu. Flavius Josèphe en avait quelque intuition, qui écrivait voici dix-neuf siècles : «Selon moi, certains de nos vainqueurs nous maltraitaient non par haine pour des gens à leur discrétion, mais afin de contempler l’étonnant spectacle d’hommes dont l’unique malheur est d’être contraints de commettre une action ou seulement de prononcer une parole contraire à leur Loi [29].»

Profonde observation. L’homme, atteint visiblement par Dieu dans la personne du fils d’une Juive, éprouve quelque chose de religieux en prenant Dieu à partie dans le seul peuple qui soit témoin de Sa Seigneurie. L’antisémitisme est une tentation. Une définition de l’antisémitisme ne peut se contenter de faire appel aux notions de préjugé ou d’ignorance. Un théologien américain, Conrad Hoffmann, ne manie nullement le paradoxe en écrivant que «le problème de l’antisémitisme va beaucoup plus profond qu’une question de mœurs, d’attitudes, d’actions et d’activités purement extérieures. Même si le Juif était sans reproche, l’antisémitisme continuerait probablement [30]».

C’est que l’antijudaïsme n’est qu’un choix négatif, capable éventuellement de nuances, en face du judaïsme, tandis que l’antisémitisme manifeste une rébellion de l’homme contre Dieu, une forme instinctive du péché du vieil homme, qui se traduit par une passion violente, une haine des Juifs, une inconsciente animosité contre Dieu. «S’il avait fait partie du Conseil qui a condamné Notre-Seigneur, l’antisémite aurait crié lui aussi : Il est coupable, il mérite la mort [31]».

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La distinction entre le pécheur et son péché demeure valable dans le cas de l’antisémitisme. L’antisémite véritable est avant tout conscient de sa haine ; et si l’on peut imputer à tout homme les conséquences ou les motivations de ses actes, qui lui échappent pourtant, ce n’est possible que dans la mesure où l’on croit que l’homme est né dans le péché. Si l’on n’est responsable que des actes conscients et seulement coupable des pensées clairement nourries, l’antisémitisme inconscient des foules peut, à son tour plaider les circonstances atténuantes ; ou plus exactement, les individus auront droit à quelques excuses, tandis que leur erreur inconsciente n’en paraîtra par contre que plus dangereuse et plus condamnable – pourvu que ceux qui sacrifient inconsciemment aux principes antisémites reculent devant leur erreur quand elle s’éclaire un jour.

Mais quelle aberration ce serait d’attendre placidement le jour d’une telle découverte ! Distinguer entre la pensée (consciente ou non) et les actes, c’est aussi illusoire en ce qui concerne l’antisémitisme que partout ailleurs. La pensée engendre tôt ou tard des actes. Le Christ a enseigné que les violences de la pensée et les concupiscences du cœur sont autant d’injustices. Et s’il est une leçon irréfutable offerte par le XXe siècle, c’est bien l’insoupçonnable charge de sang qu’une parole écrite ou dite à la légère peut un jour répandre dans l’histoire des hommes.

 


  1. The Jewish Encyclopedia, I, 641-642 ; S. Doubnov, Histoire moderne du peuple juif, Payot, II, p. 232.
  2. « L’antijudaïsme, vulgairement et inexactement appelé antisémitisme.» Jules Isaac, Christianisme social, mars 1948 ; tiré à part en brochure : Les Bases de l’antisémitisme chrétien. – «L’antisémitisme, ou plutôt l’antijudaïsme, date de loin.», J. Weill, Le Judaïsme, Alcan, 1931, p. 50.
  3. Dans Réforme, 8 mai 1948. Cf. Rodolphe Loewenstein, Psychanalyse de l’antisémitisme,  P. U. F., p. 103 s.
  4. Jacques Maritain, Lettre à la Conférence de Seelisberg, Cahiers sioniens, n° 3, janvier 1948, p.187, et Foi et Vie, n° 2, mars 1948, p. 179 ; Reinhold Niebuhr, La foi chrétienne et le problème des races, Foi et Vie même numéro, p. 159. Que, dans l’ensemble, le racisme et l’antisémitisme soient liés, c’est l’évidence même. Mais ce n’est pas une règle absolue. Les lois raciales de l’Union Sud-Africaine ne mentionnent nullement les Juifs. Ceux-ci sont pourtant au nombre de 80 000 environ, soit 3 % de la population blanche : c’est la proportion, à peu près, des Juifs aux Etats-Unis. En juin 1953, Monsieur Malan, chef du gouvernement sud-africain, a visité l’Etat d’Israël, rencontré ses dirigeants et manifesté sa sympathie envers le nouvel Etat. (Revue de l’Agence juive, 3 juillet 1953, p. 872). 
  5. Joseph Calmette, Le Monde féodal, Clio, n° 4, P. U. F., p. 194. Sur les faits eux-mêmes, voir plus bas, ch. 6, § 8.
  6. A. Rambaud, Histoire de la civilisation française, 8e éd., 1901, I, p. 327.
  7. Abélard, Dialogue entre un Philosophe, un Juif et un Chrétien, Œuvres choisies, M. de Gandillac, Aubier éd., 1945, p. 223. – Les meilleurs historiens ne manquent pas de souligner que «cette accusation [l’usure] n’aurait pas pu s’élever si les Juifs n’avaient pas été un peuple à part» (R. Travers Herford, de Hillel à Mendelssohn, dans Le Legs d’Israël, Payot, 1931, p. 113). Luther, avant de s’abandonner à la haine, avait parfaitement compris les raisons sociales qui, nées de l’antisémitisme, s’opposaient à une normalisation des rapports des Juifs avec les Chrétiens : «Quand on leur interdit de travailler parmi nous, de pratiquer un métier et de participer à la vie des autres hommes, on les pousse à se livrer à l’usure ; comment cela pourrait-il les rendre meilleurs ? » (Que Jésus-Christ est un Juif de naissance, Foi et Vie, mai 1951, p. 228.)
  8. B. Lazare, L’Antisémitisme, son histoire et ses causes, éd. définitive, Crès éd. 1934, I, p. 39, 40, 42. On a cité souvent ces textes, sous l’Occupation, avec une mauvaise foi évidente. Cela n’autorise pas M. S. A. Shentoub (Les Temps modernes, n° 92, juillet 1953, p. 25) à écrire brutalement : «Bernard Lazard [sic] soutient que la cause de l’antisémitisme réside chez les Juifs eux-mêmes.» C’est avouer qu’on n’a pas lu les deux volumes de cet auteur.
  9. [[Les travaux consacrés à l'antisémitisme sont légion. Quelques ouvrages de référence: Léon Poliakov, Histoire de l’antisémitisme. Du Christ aux juifs de cour, Calmann-Lévy, Paris, 1955 ; L’âge de la foi, Calmann-Lévy, (Point Histoire H 143), Paris, 1981 ; L’âge de la science, Calmann-Lévy, (Point Histoire 144), Paris, 1981 ; Histoire de l’antisémitisme. 1945-1993, Seuil, Paris, 1994. Carol Lancu, Les mythes fondateurs de l’antisémitisme éd. Privat, 2003 ; Riccardo Calimani, Le préjugé antijuif. La dynamique de la haine, éd. Tallandier, 2009; etc. (O. Peeel et M. Macina)]]
  10. B. Blumenkranz, Les Auteurs chrétiens latins sur les Juifs, Revue des Études juives, XI (CXI), 1952, p. 55, 61. – Renée Bloch signale d’autres textes dans les Cahiers sioniens, n° 3, 1951, p. 267.
  11. Pascal, Provinciales, 16e Lettre (éd. Chevalier, coll. de la Pléiade, p. 629).
  12. S. Kierkegaard, L’Instant, n° 6, 23 août 1855, trad. Tisseau (Bazoges-en-Pareds, 1948), p. 98, etc.
  13. Y. Congar, Vraie et Fausse Réforme dans l’Église, p. 170 ss.
  14. R. Travers Herford, dans Le Legs d’Israël, Payot, p. 106. Voir p. 105, 110, 112.
  15. M. Margolis et A. Marx, Histoire du peuple juif, Payot, 1930, P ; 576 ; S. Doubnov, Histoire moderne du peuple juif, Payot, p. 299. (Voir un cas analogue en Russie vers 1833, I, p. 685.) Sur les caractères et la relativité de ce qu’on appelle à tort un «antisémitisme» de certains Juifs, voir R. Loewenstein, Psychanalyse de l’antisémitisme, p. 100. [[Voir aussi : Théodore Lessing, La haine de soi, le refus d’être juif, éd. Berg International, 2001; et le numéro 4 (2007) de la revue Controverses, disponible en ligne ; ainsi que l’article de Gilles William Goldnadel, « La vérité démembrée ». (O. Peel)]]
  16. Julien l’Apostat, cité par Théodore Reinach, Textes d’auteurs grecs et romains relatifs au judaïsme, Paris, 1895, p. 209 et note 1, p. 210. Voir l’analyse de Marcel Simon quant aux sentiments de Julien à l’égard du judaïsme, Verus Israël, de Boccard, 1948, p. 140.
  17. [[Voir Claude Tresmontant, L’opposition métaphysique au monothéisme hébreu, de Spinoza à Heidegger, éd. François-Xavier de Guibert, 1996. (O. Peel)]]
  18. Cité par Henri de Lubac, Israël et la foi chrétienne, L. U. F., Fribourg, 1942, p.156. – «Si l’antisémitisme consistait uniquement dans la discussion et dans la réfutation du dogme, des idées maîtresses de la religion juive, je vous déclare très franchement que je serais moi-même un antisémite», disait le député juif Alfred Naquet à la même Chambre, le 27 mai 1895.
  19. Jules Isaac, Jésus et Israël, Albin Michel, 1948, p. 77.
  20. Épître à Tite, 1, 14.
  21. Ignace d’Antioche, Épître aux Magnésiens, VIII, 1. Ce sont sans doute les mêmes «extravagances» que vise l’Épître à Diognète, ch. III et IV.
  22. J. Isaac, Jésus et Israël, p. 357-358. On consultera les textes universalistes des Pères, rassemblés par F. Quiévreux en marge de la parabole du Bon Samaritain, par opposition au judaïsme (Les Paraboles, Je Sers, 1946, 82 s.).
  23. Marcel Simon, Verus Israël, p. 81, 84, 442. – «Peuple universel au particularisme aigu», selon l’enseignement de Jacob Gordin. (Aspects du génie d’Israël, 1950, p. 114 ; cf. p. 121.) Edmond Fleg a insisté sur les textes universalistes juifs dans la Revue de la pensée juive, n° 5.
  24. Sur ce point, voir l’article de Louis Dallière, L’Antijudaïsme de la pensée paulinienne, Revue de l’Histoire des Religions XCIII, 1926, p. 264 s.
  25. Il n’en a pas été ainsi, on s’en doute, de l’explication donnée par les Pères du Symbole lui-même. Sur ce point, voir Jean Juster, Les Juifs dans l’Empire romain, Paris, 1914, I, p. 300-303. - L’admirable et scrupuleux travail de Juster n’a malheureusement pas assez distingué l’antijudaïsme de l’antisémitisme. Aussi englobe-t-il tous les écrits chrétiens traitant des Juifs dans l’expression «écrits antijuifs», qui apparaît comme singulièrement ambiguë. Le même reproche peut être fait à l’article de F. Vernet, Juifs et Chrétiens, dans le Dictionnaire apologétique de la Foi catholique de d’Alès, Beauchesne, 1911, t. II, 1651-1761, qui mêle de manière peu satisfaisante l’antichristianisme théologique des Juifs à leurs actes d’animosité. La distinction soigneuse de la doctrine antijudaïque (ou antichrétienne) et de la passion antisémitique (ou antichrétienne) permet de prévenir les manifestations de cette seconde de ces tendances, ou tout au moins de la caractériser plus sûrement. Les antisémites les plus notoires ne manquent pas d’influencer leurs lecteurs par cette confusion systématique. Voir, par exemple, H. de Vries de Heekelingen, Juifs et Catholiques, Grasset, 1939, p. 197.
  26. Moïse Engelson, dans Nous autres Juifs, p. 4, cité par Mgr Journet, Destinées d’Israël, L. U. F., p. 201.
  27. R. P. Bonsirven, Le Judaïsme palestinien au temps de Jésus-Christ, Beauchesne I, p. 3. – S. Doubnov réserve également le mot antisémitisme à sa variété raciste (II, p. 233).
  28. J. Weill, Le Judaïsme, Alcan, 1931, p. 8.
  29. Flavius Josèphe, Contre Apion II, § 233. – La numérotation des paragraphes est celle de Th. Reinach et L. Blum, édition des Belles-Lettres.
  30. Conrad Hoffmann Jr, What Now for the Jews, New York, Friendship Press, p. 18. [[Aujourd’hui on parle plus volontiers de haine d’Israël plutôt que de haine du juif. Même si les deux sont forcément liés]]
  31. J. Oesterreicher, Cahiers sioniens, avril 1948, p. 27.

17 Responses to Chapitre 1. Pour une définition de l’antisémitisme

  1. Peel Olivier sur novembre 9, 2013 à 9:11 says:

    Pour la première note (en bas de page)on pourrait rajouter le travail exceptionnel de Pierre-André Taguieff dans « Prêcheurs de haine – traversée de la judéophobie planétaire » éd. Mille et une nuits, 2004 ou encore son précédent: « La nouvelle judéophobie » publié à la même édition en 2002. Taguieff aborde la question de l’origine du mot antisémitisme et de celui qui forge cet étymologie, Wilhem Marr.

    • macina sur novembre 9, 2013 à 11:53 says:

      Très juste. Merci, Olivier

      Je me mets aux corrections lundi.
      Amicalement
      Menahem

      PS. Même réponse pour les autres commentaires.

    • Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 12:41 says:

      sur la question de l’origine de l’antisémitisme, on peut encore signaler le livre de Bernard Lewis, Semites et antisémites, éd. Fayard 1987, surtout le chapitre 4,intitulé « Antisémites »

  2. Peel Olivier sur novembre 9, 2013 à 9:15 says:

    Pour la note numéro 2, on pourrait signaler que le même Pierre-André Taguieff a forgé, avec préférence, le terme de « Judéophobie ».

  3. Peel Olivier sur novembre 9, 2013 à 9:18 says:

    Je voudrais juste signaler que « chapitre 1 » il manque juste le « h ».

    Il y a également une petite faute de frappe dans la phrase suivante: « et cependant, nous pencherions à croire qu’en rompant avec l’Ancien Testament, l’Islam sémitiqe ». Il manque le « u » à sémitique.

  4. Peel Olivier sur novembre 9, 2013 à 9:26 says:

    Pour la note numéro 4 on pourrait rajouter l’article paru sur le site d’Huffington Post et ensuite sur debriefing (http://www.debriefing.org/31199.html et c’est encore Pierre-André Taguieff qui aborde la question du racisme. « le racisme aujourd’hui, une vie d’ensemble. »

  5. Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 12:24 says:

    A la note numéro 6, on pourrait rajouter les chapitres 3 et 4 de l’excellent ouvrage de Jacob Katz, Exclusion et Tolérance – chrétiens et juifs du Moyen Âge à l’ère des Lumières, éd. Lieu Commun, 1987. Le chapitre 3 aborde économie et religion, le chapitre 4 aborde la ségrégation sociale et la religon.

    On peut également rajouter le Livre de Jacques Attali, Les juifs et l’argent ou encore les articles suivant sur debriefing
    http://www.debriefing.org/26754.html
    http://www.debriefing.org/27928.html
    http://www.debriefing.org/27080.html
    http://www.debriefing.org/31204.html

  6. Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 12:49 says:

    Pour faire suite au livre de Bernard Lazare cité en note 8, on pourrait rajouter les livres sur l’histoire de l’antisémitisme de Léon Poliakov ainsi que l’article suivant sur débriefing, excellent au passage, http://www.debriefing.org/29069.html, la vidéo Source de vie avec Pierre-André Taguieff, http://www.youtube.com/watch?v=4ZWIEwOtG88
    Et les ouvrages suivants:
    L’antisémitisme d’Alexis Rosenbaum, éd. Bréal, 2006; Les mythes fondateurs de l’antisémitisme de Carol Lancu, éd. Privat, 2003 ainsi que l’excellent ouvrage de Riccardo Calimani, Le préjugé Antijuif, éd. Tallandier, 2008.

  7. Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 12:54 says:

    suite au passage suivant, «Le Siège apostolique, …de même qu’il réprouve toutes les haines et les animosités entre les peuples, ainsi il condamne au plus haut point la haine contre le peuple autrefois choisi de Dieu, cette haine qui aujourd’hui est désignée par le vocable d’antisémitisme.»
    On pourrait mettre une note avec deux articles de debriefing
    http://www.debriefing.org/28206.html
    http://www.debriefing.org/29978.html

  8. Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 1:08 says:

    A la note 14, sur l’antijudaïsme ou la haine de soi par les juifs, on pourrait rajouter le bon livre de Théodore Lessing, La haine de soi, le refus d’être juif, éd. Berg International, 2001; le numéro 4 de la revue Controverses maintenant disponible en ligne http://www.controverses.fr/Sommaires/sommaire4.htm
    cet article de Victor Perez, http://victor-perez.blogspot.be/2011/01/lalter-juif-gideon-levy.html
    ainsi que l’article sur debriefing de Gilles William Goldnadel http://www.debriefing.org/22193.html

  9. Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 1:15 says:

    A la note 16 on peut rajouter le livre intéressant de Claude Tresmontant, L’opposition métaphysique au monothéisme hébreu, de Spinoza à Heidegger, éd. François-Xavier de Guibert, 1996.

  10. Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 1:54 says:

    Il est judicieux de mettre en note 23 le livre Chrétiens et juifs depuis Vatican II, publié aux éd. Docteur angélique ainsi que Les frères retrouvés, éd. L’oeuvre.

  11. Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 1:59 says:

    Suggestion. Le paragraphe après la note 23, qui parle d’antisémitisme suite au refus que l’on puisse considérer le peuple juif comme étant encore élu, on pourrait rajouter ton témoignage et ta vision sur la voix qui te déclare « je l’ai rétabli » et le livre « la pierre rejetée par les bâtisseurs ».

  12. Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 2:04 says:

    En note 25 on pourrait juste signalé que Wilhem Marr, initiateur moderne du mot « antisémitisme » était lui-même antisémite!

  13. Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 2:15 says:

    Juste après la note 25, il y a la phrase « Il est bien vrai qu’on voit s’épanouir aujourd’hui un nouvel antisémitisme essentiellement raciste »
    En actualisant, on pourrait également parler d’antisionisme, le nouvel antisémitisme. cf. le livre de Paul Giniewski, Antisionisme: le nouvel antisémitisme, éd. Cheminements, 2005
    L’article sur le sujet de Shmuel Trigano, http://www.debriefing.org/31220.html
    http://www.debriefing.org/29023.html
    http://www.debriefing.org/28526.html

  14. Peel Olivier sur novembre 11, 2013 à 2:20 says:

    A la note 28, on pourrait surenchérir sur les propos du théologien en démontrant qu’aujourd’hui on parle plus volontiers de haine d’Israël plutôt que haine du juif. Même si les deux sont forcément liés.

  15. Macina sur novembre 15, 2013 à 12:12 says:

    J’ai intégré la majeure partie des suggestions bibliographiques d’Olivier Peel.
    J’invite les internautes à suivre ce bon exemple et à collaborer à la mise à jour du grand livre de Lovsky.

    Merci d’avance.

    Menahem

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