70 1. L’unité de l’Israël de Dieu

 

S’ils se contentaient de vouloir lutter «contre l’antisémitisme», les Chrétiens feraient preuve d’une timidité scandaleuse. Il ne suffit pas de souhaiter que les Juifs vivent en paix parmi les nations ; c’est beaucoup, certes, si l’on consulte l’histoire ; c’est vraiment trop peu à la lumière du Nouveau Testament, qui annonce que l’Église de Jésus-Christ et le peuple d’Israël doivent devenir un seul corps.

La désapprobation purement morale à l’endroit de l’antisémitisme n’est donc pas suffisante. De même que l’érotisme contemporain appelle les Chrétiens à ressaisir et à pratiquer l’enseignement évangélique sur les relations de l’homme et de la femme, dans le dessein général de Dieu, ainsi l’antisémitisme exige que l’Église de Jésus-Christ aspire à la plénitude de l’unité de l’Israël de Dieu.

Mais cette unité ne saurait être confondue avec un quelconque «front moral» plus ou moins monothéiste, ou quelque «alliance spiritualiste» entachés, les uns et les autres, d’arrière-pensées politiques ou syncrétistes. Il vaut mieux que la séparation entre les Juifs et les Chrétiens demeure ce qu’elle est actuellement, plutôt que de travailler à une réconciliation partielle, factice, grevée de toutes sortes d’interdits, axée sur une lutte contre un tiers, (quel qu’il soit), enveloppée de présuppositions pécheresses, et laissant au surplus la porte ouverte à de nouvelles querelles lorsque les raisons momentanées de cette alliance se seraient éloignées. De toute manière, les rapports entre Israël et l’Église exigent la plénitude de leur fidélité au Dieu qu’ils ont révélé à ce monde. Tout dénominateur commun, appauvrissant le message de l’un et de l’autre, n’est qu’une injure à la Synagogue et à l’Église[1].

 

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«Père, gardez-vous à gauche ; père, gardez-vous à droite…»

Le syncrétisme judéo-chrétien à gauche ; mais à droite, le confessionnalisme étroit, qui vit de hargne profonde contre les Chrétiens fidèles à une autre tradition ecclésiastique. Le comportement sectaire du confessionnalisme concorde avec l’attitude de l’antisémitisme chrétien[2]. La ressemblance n’est pas seulement psychologique. Tous ceux pour qui l’unification visible du corps de Christ, déchiré par les schismes et les hérésies, constitue une exigence contraignante, doivent se rendre compte que la rupture qui disjoignit Israël de l’Église fut la première en date de toutes, et probablement la plus grave. Ignorer Israël c’est, de la part des Chrétiens «oecuménistes» ou «unionistes», pactiser secrètement avec le plus important des schismes de l’Israël de Dieu. L’excessive prudence de l’Assemblée œcuménique d’Evanston, en 1954, lorsqu’elle refusa de mentionner Israël dans son message sur l’espérance chrétienne, ne fut pas seulement une erreur théologique, mais aussi une négation de son propre labeur œcuménique[3].

Depuis qu’Israël est demeuré, dans sa masse, en dehors de l’Église, celle-ci n’a pu se maintenir dans l’intransigeance prophétique à l’égard de la culture païenne des nations. Dans un remarquable article, le regretté Dom N. Oehmen observait que  la «chute» d’Israël entraîne «une rupture d’équilibre dans la vie chrétienne de l’individu et constitue la cause première de la brisure de l’unité de l’Église. Toutes les scissions qui déchirent le corps de l’Église ne sont finalement que des manifestations et des conséquences de la scission intérieure qui divise la personne individuelle du Chrétien, cette scission étant elle-même une conséquence de la destinée d’Israël séparé[4]…» Dom Oehmen n’hésitait pas à rattacher à l’absence d’Israël le caractère «trop grec» ou «trop latin» de la pensée et de la vie chrétiennes depuis le schisme entre Israël et l’Église. Cette observation, qu’il faut distinguer soigneusement des faciles et trop hâtives généralisations sur une prétendue «paganisation» de l’Église ou une «hellénisation» du christianisme, mérite une réflexion approfondie. Pour sa part, le R. P. Paul Démann insiste sur le «déracinement» de l’Église par rapport à «ce terroir de la tradition biblique et de la mentalité sémitique où elle est née, de ce terroir humain où s’était incarnée toute la Parole de Dieu et où a pris chair le Verbe en personne…» L’incarnation historique de l’Église dans une civilisation autre, et l’inévitable identification entre elles, sont bien connues de tous ceux qui s’intéressent aux réalités missionnaires ; aussi le Père Démann s’attache-t-il plutôt aux contrecoups des déchirures du monde romain sur une «Église transplantée trop tôt, avant d’avoir pu s’affermir et se former pleinement sur le terroir de son origine…» Le grand schisme entre Rome et Byzance serait donc une «conséquence lointaine du schisme fondamental du 1er siècle». Nous sommes pleinement persuadé, pour notre part, de l’exactitude de cette conception, où la théologie guide et éclaire les conclusions de l’histoire ; pleinement persuadé encore que la destruction du judaïsme palestinien, poursuivie, sinon tout à fait réalisée par les empereurs païens, fut une grande victoire antichrétienne autant qu’antijudaïque ; pleinement assuré, aussi, que les luttes théologiques à propos de l’arianisme ont été tragiquement viciées par l’absence d’un Athanase ou d’un Augustin juif dans l’Église, établie certes sur le fondement des prophètes et des apôtres, mais insuffisamment irriguée par la sève d’Israël. Les remarques du Père Démann ne nous semblent donc nullement aventureuses ; et quand il se demande si la crise du XVIe siècle ne traduisait pas un besoin «de retrouver au-delà des apports peut-être nécessaires mais facilement envahissants d’une civilisation profane la Parole de Dieu dans sa pureté originelle[5]» nous répondrons que cette manière de regarder le schisme protestant est infiniment plus exacte que les sottises – même protestantes – sur l’esprit de libre-examen dont procéderait la Réforme. La cause la plus réelle, bien que la moins apparente, de la révolution protestante, c’est l’absence d’Israël dans l’Église du Moyen Age.

L’interprétation de l’histoire prête le flanc, nous le savons bien, à tous les subjectivismes ; serait-ce céder à ce penchant que de constater combien Israël manque à l’Église ? Si les Gentils, au lieu de se savoir les associés et les cohéritiers des Juifs dans l’alliance de la grâce, se sont considérés comme les successeurs de ces derniers, l’histoire chrétienne pouvait-elle n’en être pas infléchie, qui portait dès lors en elle une cause permanente de désunion ? Nous pensons que l’Église a perdu une vision réellement universelle de sa plénitude et de son unité, et qu’elle a été dès lors tentée d’y suppléer par un principe d’uniformité d’autant plus juridique qu’elle souffrait davantage d’une espèce de maladie de cohésion.

Comment s’étonner de l’apparition d’Églises «autocéphales» orthodoxes ou «nationales» protestantes ? Si elles n’arrivent pas à traduire leur réalité apostolique d’Églises des Juifs et des Gentils, ce n’est pas tellement à cause de leur nationalisme, aussi regrettable et aussi théologiquement «judaïsant» qu’il soit ; c’est parce qu’elles sont trop privées de la présence des Juifs de chair et de sang, et que leur vision ecclésiastique ne relie pas assez le Mystère d’Israël au Mystère de l’Église. Comment le congrégationalisme protestant, qui perd complètement de vue que l’église locale appartient à l’Israël de Dieu, et qui finit par ne plus voir dans le corps du Christ qu’une expression toute platonique, surmonterait-il cette erreur (dont la source ne se trouve pas seulement dans l’individualisme du monde moderne) si des Juifs de chair et de sang ne rappelaient pas aux Gentils que les églises locales appartiennent au Mystère d’une Église articulée sur le Mystère d’Israël ? Et comment le catholicisme vaincra-t-il les gauchissements juridiques de son intelligence biblique du Mystère de l’Église – et, par exemple, de la succession apostolique – si des Juifs de chair et de sang ne viennent témoigner, jusqu’au sein de la hiérarchie[6], que la plénitude de l’Église n’est concevable que dans l’unité des Juifs et des Gentils, et si le Mystère d’Israël si souvent confiné dans des spéculations purement sociologiques, ne vient pas reprendre la place éminente qui lui appartient dans la théologie ?

 

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Le schisme que la Croix a provoqué dans le sein même du peuple d’Israël – pour le salut des Gentils, on ne le répétera jamais assez après saint Paul – ne doit pas être commenté par les Chrétiens comme s’ils étaient les disciples du docteur Pangloss. Cette rupture, ce fut et c’est encore un échec dans l’histoire de l’origine de l’Église. Elle a été greffée sur un Israël malheureusement divisé : la «chute» d’Israël n’a pas été une richesse de l’Église ! Si cette Église assume réellement les promesses faites à Israël, parce qu’elle en est le «reste» fidèle, il n’en demeure pas moins que la volonté de Dieu était que «tout Israël» entrât dans l’Église ; si bien que le schisme entre le «reste» et le «tout» a pénétré en quelque sorte dans l’Église elle-même par l’absence de l’Israël du refus.

L’oraison du Christ pour l’unité des disciples, nous l’appelons la prière pour l’unité de l’Église, et nous n’avons pas tort, pourvu que nous nous rappelions qu’il s’agit de tout l’Israël de Dieu. Rien ne nous permet d’en rejeter l‘Israël rebelle à la prédication apostolique, ni telle ou telle Église qui s’est constituée au cours des siècles en marge de la nôtre, ou contre elle. L’antisémitisme s’articule sur le penchant chrétien à la division, prompt à dénier aux Chrétiens «séparés» toute participation à la Vigne de Jésus-Christ, et à les rejeter hors de l’histoire de l’Église : n’a-t-on pas déjà banni les Juifs de l’Israël de Dieu, par un «rejet» sans rémission, qui n’admet à la rigueur qu’une capitulation, la corde au cou, des Juifs – ou des «dissidents» ? A cet égard, les histoires de l’Église, quelle qu’en soit la nuance, et les histoires du christianisme sont particulièrement révélatrices : quelques lignes par-ci par-là se trouvent consacrées aux Juifs ; quant aux «dissidents», la séparation consommée, ils disparaissent de l’horizon «chrétien». Comme on est loin d’une vraie histoire de l’Israël de Dieu ! Comme on est loin du premier ouvrage d’histoire chrétienne que nous ayons ! L’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée est hargneuse envers les Juifs ; nous ne souhaitons nullement qu’on l’imite à cet égard ; cependant les Juifs y gardent un rôle dans l’histoire du peuple que Dieu s’acquiert parmi les hommes ; et si l’on n’a qu’une idée confuse de l’Israël de Dieu dans les pages d’Eusèbe, du moins n’en exclut-il pas les Juifs par un méprisant silence.

 

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Si la masse d’Israël n’a pas accepté Jésus-Christ et n’est jamais entrée dans l’Église du Christ, si donc elle n’est pas devenue l’Israël du Christ, elle n’en demeure pas moins une partie schismatique du Peuple de Dieu. La rupture qui a séparé l’Israël «selon la chair» apparaît comme un schisme de l’élection. L’œuvre du Christ, n’était-ce pas la bonne nouvelle, annoncée aux nations, de leur entrée dans l’alliance de Dieu ? La réconciliation en Christ des Gentils et des Juifs autorisait saint Paul à écrire aux Païens : «Vous qui jadis étiez loin, vous êtes devenus proches, grâce au sang du Christ. Car c’est lui qui est notre paix, lui qui des deux n’a fait qu’un peuple, détruisant la barrière qui les séparait… pour façonner en sa personne les deux en un seul homme nouveau, faire entre eux la paix, et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul corps, par la Croix… Il est venu proclamer la paix, paix pour vous qui étiez loin et paix pour ceux qui étaient proches… Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la Maison de Dieu[7].» Cette Maison de Dieu, Paul n’envisageait pas un seul instant qu’elle fût une nouvelle construction parce que l’ancienne serait devenue vétuste ou inhabitable. La «nouvelle alliance», c’était le renouvellement de l’alliance que Dieu avait conclue avec le peuple élu, c’était l’entrée des nations dans l’Israël de Dieu ; si donc, d’un point de vue formel, le schisme de l’élection n’était pas un schisme de l’Église, ni la «chute» d’Israël un schisme chrétien, la crise qui déchira le peuple de l’élection préfigurait le schisme latent dont l’Église fut menacée quand les Pagano-Chrétiens et les Judéo-Chrétiens tendirent à se séparer ; et cette opposition fut la première et très grave déchirure du corps du Christ[8]. Peut-on douter que la volonté de Dieu n’appelât pas l’ensemble d’Israël à entrer dans l’Église, ou plus exactement, l’ensemble des Gentils qui se convertiraient au Christ, à devenir, avec tous les Juifs, l’Israël de Jésus-Christ ?

C’est à bon droit, s’il en est ainsi, que l’Apôtre envisage un «retour», une «réintégration» d’Israël, bien que d’après l’histoire, il s’agisse seulement d’une «admission» ou d’une «intégration» des Juifs dans l’Église ; car le Mystère d’Israël, qui éclaire l’histoire, nous apprend la permanence du dessein de Dieu : dans la pensée de la miséricorde divine, Israël devait entrer dans l’Église ; le faux pas du peuple élu s’y est opposé ; ç’a été comme une sortie hors de l’Église ; aussi faut-il qu’il y rentre. La division d’Israël, à cause de l’Église, c’est bien un schisme de l’élection.

Se peut-il que l’ambition du Chrétien n’épouse pas l’attente et la volonté du Christ ? Se peut-il que le Chrétien se résigne au schisme qui a déchiré l’Israël de Dieu et appauvri l’Église du Christ ? Comment serait-il possible qu’une recherche passionnée de l’unité de l’Église négligeât une rupture qui, par ses répercussions, empêche à elle seule que l’Église atteigne sa plénitude ?

Entre l’attente de la réintégration d’Israël dans son Église, et l’espérance de l’unité chrétienne, il y a donc davantage qu’une concordance psychologique ; un rapport intime, théologique et spirituel, relie cette attente et cette espérance. A propos de la collecte pour les pauvres de Jérusalem, à laquelle saint Paul attachait assez de prix pour y subordonner sa propre vie[9], Karl Thieme observe avec beaucoup de perspicacité : «L’Una Sancta composée des seuls Pagano-Chrétiens restera une utopie de piétistes[10]

En veut-on une preuve, à notre sens décisive ? Cette notion du «rejet» d’Israël que les Pagano-Chrétiens ont si facilement accueillie, c’était en réalité une solution commode pour expliquer, accepter et perpétuer les divisions du Peuple de Dieu. Aussi n’est-il pas étonnant que, retournant l’arme contre eux-mêmes, les Pagano-Chrétiens s’en soient servi à propos du Peuple de Jésus-Christ pour éliminer plus aisément, et l’on sait du reste avec quelle bonne conscience ! tel ou tel courant chrétien dont ils s’étaient un jour séparés. Tout un protestantisme, transposant à sa manière la notion de succession apostolique, a élaboré une véritable succession ecclésiastique qui, de «rejet» en «rejet», suppose que le Saint-Esprit agit dans le monde par une série de mutations et de rejets successifs. C’est, naturellement, d’abord le rejet des Juifs ; celui du catholicisme au XVIe siècle ; de l’anglicanisme au profit des dissidents au XVIIe, ou des méthodistes à la fin du XVIIIe ; de ceux-là en faveur du baptisme au XIXe siècle, ou – le mouvement s’accélérant depuis lors – du dernier revival qui s’est cristallisé en Églises constituées. Les Catholiques ou les Orthodoxes se contentent d’insister sur deux rejets, qu’ils regardent comme des événements décisifs. Les premiers admettent le rejet des Juifs, au 1er siècle, celui des Orientaux, depuis le XI; les Grecs appliquent volontiers un jugement tout semblable aux Latins. Les théologiens qui protestaient, chez les uns ou les autres, contre ces explications superficielles n’étaient hier encore guère écoutés : on ne met pas impunément en circulation des principes aussi dangereux que celui du «rejet».

Que de suffisance spirituelle dans ces verdicts qu’on prêtait à Dieu ! Quelle simpliste conception de l’histoire chrétienne c’était là ! Nous employons ces verbes au passé, parce que le XXe siècle, sans doute, ne regarde plus les Chrétientés désunies comme autant de fragments «rejetés» de l’Église. Ou du moins, il s’essaie à les regarder autrement. Mais il faut aller jusqu’à la racine, et admettre que le mythe du «rejet» et la recherche de l’unité chrétienne sont absolument incompatibles. Quand on aspire à la plénitude du Christ réconciliateur, il faut rompre avec la mentalité et la théologie de la division, de l’excommunication et du «rejet», qui ont ravagé l’histoire chrétienne – et, pour commencer, il n’est plus permis de rejeter Israël hors du Peuple de Dieu, hors de la prière du Peuple de Christ, et hors du labeur pour la plénitude de l’Église.


  1. On pourrait citer de nombreux textes, conciliateurs ou confusionnistes, qui rappellent irrésistiblement que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Il n’est pas jusqu’à l’effort, par certains côtés si sympathique, des «Conseils de Chrétiens et de Juifs» anglo-saxons, qui n’appelle de sérieuses réserves à cause des positions naïves et suffisantes de leur antidogmatisme, plus dogmatique qu’ils ne pensent. Nous nous contenterons, pour ne faire de peine à personne, d’un texte d’avant-hier, au surplus un peu caricatural : «Je crois que la vraie et la seule solution serait une entente entre Juifs et Chrétiens, qui s’élevant d’un même accord au-dessus des préjugés communs, convergeraient vers une religion nouvelle... où pourraient se grouper sans rougir et en toute liberté, d’un côté les Juifs dépouillés de leurs vieux rites, de l’autre les Chrétiens débarrassés de leurs haines et superstitions antiscientifiques.» (Cesare Lombroso, L’Antisémitisme, Paris, 1899, p. 111.)
  2. Voir plus haut, ch. IX, p. 342 ss.
  3. Voir F. Lovsky, The Christian Hope and the Mystery of Israel, The Ecumenical Review, avril 1955, p. 243 ss. ; et Israël à Evanston, Foi et Vie, septembre 1955, p. 462 ss.
  4. Dom Oehmen, Le Schisme dans l’économie divine, Irénikon, n° 1, 1948, p. 24.
  5. R. P. Démann, Israël et l’unité de l’Eglise, Cahiers sioniens, mars 1953, p. 11-14.
  6. Ce n’est point par hasard si trop de troubles légendes liaient le schisme à l’origine juive ( ?) d’Anaclet II - Cf. le Pape du Ghetto de Gertrude von Le Fort.
  7. Ephésiens, II, 13-19 (trad. du R. P. Benoît, «Bible de Jérusalem»). - La réconciliation ne se fait que lorsque les Gentils deviennent, en Jésus-Christ, des membres du Peuple d’Israël. Aussi est-il absolument inadmissible de voir disparaître, dans l’enseignement ou la liturgie, et par faux souci de modernisation, toute référence à Israël. (Voir les textes cités par le R. P. Paul Démann, Cahiers sioniens, n° 2-3, 1953, p. 160-166.) Le marcionisme inconscient n’est pas le moins dangereux.
  8. On écrit volontiers que les Judéo-Chrétiens étaient tous judaïsants, et qu’ils disparurent sans gloire. Sommes-nous si certains qu’ils ne maintenaient pas, à côté d’usages ou de principes contestables, une intelligence du rôle d’Israël dans l’Eglise, que les Pagano-Chrétiens oubliaient trop facilement ?
  9. Actes, XXII, 24 ; Romains, XV, 25 ss. ; Actes, XXIV, 17. Voir J.-L. Leuba, L’Institution et l’Evénement, p. 104 ss., 115.
  10. Karl Thieme, Diaconie primordiale, remède au schisme primordial, Dieu vivant, 26, p. 120. [[Voir aussi, sur le site Rivtsion.org, la section intitulée « Le Royaume qui vient » (M.-Th. Martin]]